Drame, Horreur

GRAVE (2016) ★★☆☆☆


Grave (2016)

 

Synopsis : Dans la famille de Justine tout le monde est vétérinaire et végétarien. À 16 ans, elle est une adolescente surdouée sur le point d’intégrer l’école véto où sa soeur ainée est également élève. Mais, à peine installés, le bizutage commence pour les premières années. On force Justine à manger de la viande crue. C’est la première fois de sa vie. Les conséquences ne se font pas attendre. Justine découvre sa vraie nature.

Origine du film : France, Belgique
Réalisateur : Julia Ducournau
Scénariste : Julia Ducournau
Acteurs : Garance Marillier, Ella Rumpf, Laurent Lucas, Rabah Naït Oufella, Laurent Lucas, Joana Preiss, Jean-Louis Sbille
Musique : Jim Williams
Genre : Drame, Horreur
Durée : 1 heure 39 minutes
Date de sortie : 15 mars 2017 (France)
Année de production : 2016
Sociétés de production : Frakas Productions, Petit Film, Rouge International
Distribué par : Wild Bunch, Focus World
Titre original : Grave
Notre note : ★★☆☆☆

Notre commentaire : « Grave » ou « Raw » pour la distribution internationale, est un film d’horreur franco-belge datant de 2016, écrit et réalisé par Julia Ducournau, qui signe là son premier long-métrage. Les acteurs principaux sont Garance Marillier, qui apparaît ici dans son premier long-métrage, Ella Rumpf, qu’on a pu voir dans « War » (2014), et Laurent Lucas, qu’on a pu voir dans « The Demons » (2015).

« Grave » a été projeté dans le cadre de la Semaine de la Critique lors du Festival de Cannes 2016, où il a remporté le FIPRESCI, un prix décerné par la Fédération Internationale de la Presse Cinématographique. Lors de la projection au Toronto International Film Festival, plus connu sous le nom de TIFF, certains spectateurs auraient été pris en charge par les services médicaux après s’être prétendument évanoui en raison des scènes gore du film. Après la projection du film, lors d’une séance de questions – réponses, Julia Ducournau, la réalisatrice, s’est dit choquée d’apprendre cela. 

Lors de la projection du film au Gothenburg Film Festival (Suède), plusieurs personnes se seraient évanouies, là où d’autres auraient vomi. Plus de trente personnes auraient quitté la salle ou ont dû faire une pause en raison des troubles qu’ils subissaient. 

Une fois passé ces réjouissances gastriques pour se mettre dans l’ambiance, entrons donc le vif du sujet. De mon point de vue, « Grave » est un film d’horreur qui ne s’assume pas. Pire encore, la réalisatrice, Julia Ducournau, n’assume pas son film comme un film d’horreur. Précisons tout de même, que bien qu’étant un fan des films d’horreur, le genre cannibalisme n’est pas trop ma tasse de thé. Cela dit, les fameuses scènes gore de « Grave » sont on ne peut plus explicites, visuellement bien orchestrées et je comprends pleinement la sensation de révulsion éprouvée par certains spectateurs. 

Là, où rien ne va plus, toujours de mon point de vue, c’est l’ensemble de toute la masturbation intellectuelle qui habite le film et surtout les commentaires qui l’accompagnent, qui me donne littéralement envie de chier. C’est du même niveau que « The Neon Demon » que j’avais trouvé complètement débile. Amener le spectateur à s’interroger sur ses peurs de l’autre, sur les changements de son corps, sur la sexualité sous couvert de cannibalisme n’a pas de sens. Une prose métaphore grossière et, dans une certaine mesure, mal orchestrée. Ce mélange des genres débouche sur une prise de tête inutile. Naviguer entre deux eaux, sans vraiment affirmer son choix débouche sur un film bancal. Soit tu fais un film d’horreur, soit tu fais un film sociologique. Mélanger les genres pourquoi, mais c’est quand même mieux, à un moment donné, de se positionner clairement. Du coup, ça ne passe pas…

Après, on peut longuement débattre des incohérences du script, et notamment du développement d’Alexia, la sœur du personnage central, qui ne cherche finalement qu’à pousser sa cadette vers le cannibalisme, au lieu de la protéger, de canaliser ses pulsions et de régenter son calvaire. Mieux encore, Alexia aurait pu simplement rejeter sa sœur. Personnellement, cannibale ou pas, ma sœur me bouffe un doigt, c’est clair que la relation fraternelle s’arrête nette. 

On peut également digresser sur la multiplication des scènes graveleuses qui n’apportent fondamentalement rien, les soirées qui basculent en orgies, les scènes homosexuelles au détour d’une porte qu’on ouvre inopinément, etc. Loin de moi toutes idées de puritanisme exacerbé, mais il y a une absence de sens qui rend la chose incongrue.

En dehors des scènes de cannibalisme que j’ai finalement trouvé bien construites et bien filmées, le point positif que nous avons relevé, et qui permet au métrage de ne pas ressortir de notre visionnage avec la plus mauvaise note, c’est la prestation de Garance Marillier. En effet, la jeune actrice livre une très bonne prestation, marquant parfaitement l’évolution de son personnage, partant de la petite candide, ingénue et naïve, pour aller vers la jeune femme décomplexée, audacieuse et entreprenante.  

« Grave » a fait l’objet d’une édition en DVD ainsi qu’en Blu-ray, paru le 26 juillet 2017 chez Warner Home Vidéo France. Pour de plus amples renseignements, n’hésitez pas à consulter la fiche du film sur le site DVD.Fr.

En conclusion, « Grave » est un film d’horreur médiocre, l’histoire prend des détours cérébraux indigestes pour présenter des scènes gores de cannibalisme. L’intrigue est vide, et dans une certaine mesure malhonnête, cherchant à présenter une déviance comme une maladie héréditaire. Les scènes de gore sont graphiquement bien orchestrées et la prestation de la distribution est honorable avec une excellente performance de Garance Marillier. Le rythme, la photographie et la bande originale sont corrects. Reste un film surévalué et à éviter pour les plus sensibles. 

 

Bande-annonce :

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À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

Discussion

6 réflexions sur “GRAVE (2016) ★★☆☆☆

  1. J’en ai beaucoup entendu parler et comme ton avis me le confirme, il ne m’intéresse absolument pas, le gore pour le gore, sans façon pour moi !

    Aimé par 1 personne

    Publié par Vampilou fait son Cinéma | 16/08/2017, 16 04 05 08058
  2. Je partage ton avis et tu as même posé des mots sur des choses que je ne suis pas parvenue à dire dans mon billet !

    Aimé par 1 personne

    Publié par tinalakiller | 17/08/2017, 0 12 50 08508
  3. Je ne vois pas où mélanger sociologie avec horreur peut desservir un film? Les meilleurs films du genre sont ceux qui mélangent habilement les deux (rien que les films de zombie qui sont un gros questionnement sur le genre humain vont dans ce sens).
    Après je suis d’accord avec toi sur certains points mais pas sur d’autres. Notamment ton analyse du personnage d’Alexia.
    Par contre je ne trouve pas le film spécialement choquant graphiquement; j’ai vu bien pire dans Cannibal Holocaust ou Salo et les 120 Jours de Sodom. Ce n’est pas son côté provoc’ ou/et écoeurant qui m’interpelle dans ce film.
    On ne peut cependant nier (comme tu le dis à la fin) que le film est assez exemplaire techniquement surtout pour une première réalisation.

    Le Renard Bavard.

    Aimé par 1 personne

    Publié par Petit Pingouin Vert | 13/09/2017, 19 07 43 09439

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