Action, Crime - Policier, Drame

UN JUSTICIER DANS LA VILLE (1974) ★★★☆☆


Death Wish (1974)

 

 

A la suite de l’agression violente de sa femme et sa fille, un homme d’affaires décide de se venger lui-même et devient un féroce justicier. Un film policier sans concessions, le premier d’une saga « vigilante ».

 

 

Origine du film : États-Unis
Réalisateur : Michael Winner
Scénaristes : Wendell Mayes
Acteurs : Charles Bronson, Hope Lange, Vincent Gardenia, William Redfield, Steven Keats, Stuart Margolin, Stephen Elliott, Jeff Goldblum
Musique : Herbie Hancock
Genre : Action, Drame, policier
Durée : 1 heure et 33 minutes
Date de sortie : 4 septembre 1974 (France)
Année de production : 1974
Sociétés de production : Dino De Laurentiis Corporation
Distribué par : Paramount Pictures, Columbia Pictures
Titre original : Death Wish
Notre note : ★★★☆☆

 

 

« Death Wish » ou « Un Justicier dans la Ville » pour la distribution française, est un film d’action américain datant de 1974, réalisé par Michael Winner, à qui l’on doit également « The Mechanic » (1972). Les acteurs principaux sont Charles Bronson, qu’on a pu voir dans « Soleil Rouge » (1971), Hope Lange, qu’on a pu voir dans « Blue Velvet’ (1986), Vincent Gardenia, qu’on a pu voir dans « Firepower » (1979), William Redfield, qu’on a pu voir dans « The Hot Rock » (1972), et Steven Keats, qu’on a pu voir dans « Black Sunday » (1977). Ce métrage est librement basé sur le roman du même nom, de Brian Garfield, paru en 1972.

« Death Wish » est considéré comme un vigilente. Il s’agit d’un genre cinématographique dans lequel le protagoniste ou les protagonistes s’engagent dans un comportement de justicier, prenant la direction des choses en marge de la loi. Les vigilentes sont généralement des métrages de type thriller de vengeance dans lesquels le système judiciaire est en échec vis-à-vis des antagonistes, conduisant les protagonistes à basculer dans la violence en devenant justicier.

Dans le cinéma américain, les vigilentes ont pris de l’importance dans les années 1970 avec ce « Un Justicier dans la Ville » et « L’Inspecteur Harry » (1972) de Don Siegel, comme références, qui ont tous deux eu des suites. On peut également citer « Taxi Driver » (1976) de Martin Scorsese comme un exemple respectable du genre. Dans les années 2000, ce genre faisait un retour avec « Tolérance Zéro » (2004) de Kevin Bray, « Death Sentence » (2007) de James Wan ou encore « Que justice soit faite » (2009) de F. Gary Gray, alors que les années 1990 avec été relativement pauvres en la matière.

L’histoire proposée par « Un Justicier dans la Ville » nous invite à suivre Paul Kersey (Charles Bronson) un architecte dont la femme, Joanna Kersey (Hope Lange) va être tuée par trois jeunes voyous en mal de sensation. Sa fille, également victime de l’agression est laissée en catatonie et finit par être internée dans un hôpital spécialisé. Paul Kersey va progressivement basculer dans la violence, sortant la nuit dans le but de se retrouver nez à nez avec des délinquants pour les tuer. La police enquête sur ce nouveau justicier qui fait la une des médias et qui menace la sécurité des rues de New-York. Le lieutenant de police Frank Ochoa (Vincent Gardenia) mène l’enquête, et Paul Kersey devient rapidement le suspect numéro un…

En 1974, le réalisateur Michael Winner offre une vision de New-York particulièrement laide, sous l’emprise du règne de la terreur, loin de ce que c’était à l’époque, mais terriblement futuriste, car c’est ce qu’elle deviendra dans les années 1980. Chaque ombre peut être un agresseur, chaque rame de métro abrite un tueur, Central Parc est un terrain fertile pour le crime. Visionnaire Michael Winner ? Quoi qu’il en soit, le métrage s’est inscrit dans une ambiance particulière aux États-Unis, et apparaît aujourd’hui comme un fer de lance dans le genre.

Bien qu’ayant vu « Le Justicier dans la Ville » à plusieurs reprise dans le passé, ainsi que ses suites d’ailleurs, c’est avec un regard actuel que je vous propose cette critique. Il est évident que sorti de son contexte de l’époque, mon analyse ne peut qu’être partiale. L’histoire est basique, et offre cependant une petite variante au concept de la vengeance. Le personnage incarné par Charles Bronson, n’étant pas en mesure d’identifier et de retrouver les agresseurs de sa famille, va assouvir sa soif de vengeance sur différents types de délinquants, provoquant des situations de légitime défense, afin de pouvoir les abattre à coup de flingue.

Charles Bronson justement, son jeu apparaît aujourd’hui comme terriblement désuet. À cette époque l’Homme se devait d’être fort, fier, viril. Il ne peut pas s’apitoyer sur son sort, il ne peut pas montrer de sentiment, et encore moins exprimer sa souffrance face à la disparition d’un être proche. Dans ce sens, Charles Bronson est parfait, mais c’est horrible à voir. L’épouse du personnage a été tuée, sa fille agressée sexuellement et violentée, mais pas de larmes, pas de cris, et finalement très peu d’émotions faciales. C’est bon parce que c’est ce qu’on attendait de l’acteur, mais c’est mauvais parce que cela correspond à une image que l’on souhaitait véhiculer qui, en toutes époques, est bien loin de la réalité. À la limite, le personnage de Paul Kersey est plus secoué par son premier meurtre que par ce qui est arrivé à ses proches…

Michael Winner, le réalisateur, et Charles Bronson ont travaillé ensemble sur plusieurs films (Les Collines de la Terreur – 1972 / Le Flingueur – 1972 / Le Cercle Noir – 1973), ce qui leur aura permis de peaufiner le personnage de l’acteur. Un instrument de violence, avec peu de dialogues et une absence d’émotion comme je l’ai précisé précédemment. D’ailleurs, avec « Le Justicier dans la Ville » on obtient, pour ainsi dire, la version définitive de ce que sera Charles Bronson pour le reste de sa carrière. Pour la petite histoire, on reconnaîtra Jeff Goldblum dans le rôle de l’un des agresseurs de la famille Kersey, qui faisait là ses premiers pas dans un long-métrage. On apprendra également que le rôle de Paul Kersey était à l’origine destiné à Steve McQueen qui l’a refusé.

Arthur J. Ornitz, le directeur de la photographie, offre des prises de vue relativement classiques tout en exploitant habilement les scènes nocturnes, permettant d’accentuer la différence entre la personnalité de Paul Kersey, qui devient une autre personne dès lors que la nuit est tombée, toujours en quête de sa prochaine victime. Le montage proposé par Bernard Gribble permet d’avoir un métrage assez dynamique sur un film au format court, soit 90 minutes, très usuel pour l’époque. Par contre, la bande originale livrée par Herbie Hancock est très désagréable, limite casse-oreilles ! On l’a connu plus inspiré.

« Un Justicier dans la Ville » a fait l’objet d’une édition en DVD ainsi qu’en Blu-ray, paru le 20 mai 2003 chez Sony Pictures Home Entertainment. Pour de plus amples renseignements, n’hésitez pas à consulter la fiche du film sur le site DVD.Fr.

En conclusion, « Le Justicier dans la Ville » est un film d’action basique, disposant d’une histoire familière et dont le développement fait désormais figure de classique. Bien que la trame de départ est la vengeance, le métrage bascule la thématique du justicier qui s’octroie arbitrairement tous les pouvoirs, juge, juré et bourreau. On peut y voir une propagande pour la possession d’arme à feu, ce qui est toujours d’actualité… Charles Bronson offre un personnage froid et dénué de sentiment, même lorsque sa famille est décimée, ce qui apparaît aujourd’hui complètement désuet, pour ne pas dire anachronique. La photographie est correcte, et le montage est nerveux. La bande originale est complètement indigeste. Un métrage qui permet de mesurer le chemin parcouru en matière de cinéma, mais qui est fondateur pour le genre.

 

 

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À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

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