Ciné-Asia, Corée du Sud, Drame

WAY BACK HOME (2013) ★★★★★


Way Back Home (2013)

 

L’histoire vraie de Jang Mi-jeong, qui fut arrêtée en 2004 à l’aéroport d’Orly en possession d’une valise remplie de plus de 17 kilos de cocaïne.

 

 

Origine du film : Corée du Sud
Réalisateur : Bang Eun-jin
Scénaristes : Yoon Jin-ho
Acteurs : Jeon Do-yeon, Go Soo, Ryu Tae-ho, Bae Sung-woo, Kang Ji-woo, Joanna Kulig, Corinne Masiero, Lee Dong-hwi, Choi Min-chul, Jean-Michel Martial
Musique : Kim Jun-seong
Genre : Drame
Durée : 2 heures et 11 minutes
Date de sortie : 11 décembre 2013 (Corée)
Année de production : 2013
Sociétés de production :
Distribué par : CJ Entertainment
Titre original : Jibeuro Ganeun Gil / 집으로 가는 길
Notre note : ★★★★★

 

 

« Jibeuro Ganeun Gil » ou « Way Back Home » est un film dramatique coréen datant de 2013, réalisé par Bang Eun-jin, à qui l’on doit également « Method » (2017). Les acteurs principaux sont Jeon Do-yeon, qu’on a également pu voir dans « Countdown » (2011), Go Soo, qu’on a pu voir dans « Lucid Dream » (2017), Bae Seong-woo, qu’on a pu voir dans « Monster » (2014), Lee Dong-hwi, qu’on a pu voir dans « The Handmaiden » (2016), et Kang Ji-Woo, qu’on a pu voir dans « No Tears for the Dead« . Ce métrage est basé sur une histoire vraie. Il s’agit du premier film coréen tourné dans les Caraïbes, ainsi que le premier métrage à présenter de vrais gardiens de prison et de vrais prisonniers comme personnages de soutien. Le tournage a eu lieu pendant trois semaines dans une prison pour femme en Martinique.

L’histoire proposée par « Way Back Home » nous transporte dans la tourmente de l’incarcération et dans les méandres de l’administration. Jeong-yeon (Jeon Do-yeon) et Jong-bae (Go Soo) forment un couple marié avec une jeune enfant de quatre ans, Hye-rin (Kang Ji-woo). Ils investissent leurs économies dans un atelier de réparation de voitures, mais se retrouvent en difficulté financière après qu’un ami pour qui ils s’étaient porté garant se suicide alors qu’il n’était plus en mesure de rembourser son prêt. La dette leur revient désormais. S’enfonçant de plus en plus dans la misère, Jeong-yeon accepte de convoyer des diamants de Paris à Séoul, dans un cadre légal.

Cependant, lorsqu’elle arrive en France, elle est arrêtée et la police découvre plus de 30 kilos de cocaïne dans sa valise. Elle se retrouve en prison, mais ce n’est là que le début de sa descente en enfer. L’ambassade coréenne à Paris est indifférente à son incarcération, et cette mère de famille se retrouve transférée dans une prison de Martinique en raison de problème de juridiction. Son jugement est systématiquement repoussé de quatre mois en raison de l’absence de documents administratifs que l’ambassade coréenne a négligemment détruits. Pendant ce temps, son mari, Jong-bae (Go Soo) se démène comme un diable avec les diplomates afin d’assurer son retour en Corée, tout en essayant de s’occuper du mieux possible de leur fille, la jeune Hye-rin (Kang Ji-woo) …

Le sentiment général qui se dégage en regardant « Way Back Home « , c’est de la colère. En effet, on ne peut qu’être en colère face à l’image qui nous est proposée de fonctionnaires incompétents, vaquant à des activités secondaires sans importance alors qu’une personne se retrouve dans une situation de plus en plus inextricable, mettant sa santé en péril. Le système français et le système coréen sont différents et cela est compréhensible, mais l’incompétence est universelle. Le personnage incarné par Jeon Do-yeon se retrouve dans une spirale négative qui va la conduire largement au-delà de l’acceptable.

La sanction rencontrée par le personnage central de cette histoire vraie est horriblement disproportionnée par rapport à la faute initiale. À bien des égards le cauchemar dans lequel Jeong-yeon bascule est tout simplement insensé. Cette sanction est, bien entendu, destinée aux véritables criminels qui, dans cette affaire, n’ont pas réellement été inquiétés car ils œuvrent de manière à se faufiler entre les mailles du filet. En d’autres termes, il est préférable d’être un criminel aguerri afin de contrer le système judiciaire et ainsi éviter d’être inquiété.

Ce métrage nous fait non seulement comprendre ô combien l’administration est lente et inefficace, mais que la barrière de la langue rend les choses profondément complexes. Globalement, « Way Back Home » est plutôt déprimant et surtout, il n’offre absolument pas une bonne image de la France. La prison en Martinique dans laquelle se retrouve Jeong-yeon est un endroit misérable, avec des méthodes et des conditions de vie qui semblent datées d’un autre siècle. Quand on sait que ces faits datent de 2004/2005, cela fait froid dans le dos.

La mise en scène proposée par Bang Eun-jin est judicieuse, car celle-ci nous permet de prendre pleinement conscience de la détresse des personnages sans pour autant basculer dans l’excès de mélodramatique. Dans ce sens, le scénario signé par Yoon Jin-ho est efficace, permettant au spectateur d’osciller en permanence entre la colère et l’empathie. La bande originale proposée par Kim Jun-seong est plutôt discrète, et l’édition orchestrée par Kim Sun-min est plutôt plaisante même si quelques scènes nous sont apparues comme légèrement trop longuettes.

Du côté de la distribution, on retiendra essentiellement les prestations des acteurs formant la famille, soit Jeon Do-yeon, Go Soo et la ravissante petite Ryu Tae-ho. De son côté Bae Sung-woo aura su créer un personnage particulièrement agaçant, preuve de l’étendue de son talent d’acteur. Nous aurons nettement plus de retenue pour la partie française du casting, où seul Jean-Michel Martial offre une performance correcte.

En conclusion, « Way Back Home » est un film dramatique attachant et touchant, disposant d’une histoire originale et d’un développement poignant, fort en émotions. Le rythme est cohérent avec la trame centrale et la photographie est harmonieuse par rapport aux lieux de l’action. Le thème conduit à un sentiment de colère et incite fortement à ne pas basculer insoucieusement dans la délinquance. Un métrage fort en désarroi qui ne peut que difficilement laisser insensible. Prévoir, selon votre degré de sensibilité, une boîte de mouchoirs…

 

 

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À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

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