Érotique, Horreur, Mystère, Thriller

CAM (2018) ★★☆☆☆


Cam (2018)

 

 

Quand un sosie s’approprie son compte, une camgirl suivie par de nombreux fans tente d’identifier la mystérieuse coupable et de récupérer son identité.

 

 

Origine du film : États-Unis
Réalisateur : Daniel Goldhaber
Scénariste : Isa Mazzei
Acteurs : Madeline Brewer, Patch Darragh, Melora Walters, Devin Druid, Imani Hakim, Michael Dempsey
Musique : Gavin Brivik
Genre : Érotique, Horreur, Mystère, Thriller
Durée : 94 minutes
Date de sortie : 16 Novembre 2018 (France)
Année de production : 2018
Sociétés de production : Divide/Conquer, Blumhouse Productions, Gunpowder & Sky, Seer Capital
Distribué par : Netflix
Titre original : Cam
Notre note : ★★☆☆☆

 

 

« Cam » est un film d’horreur américain datant de 2018, réalisé par Daniel Goldhaber, qui signe là son premier long-métrage. Les acteurs principaux sont Madeline Brewer, qu’on a pu voir dans « Hedgehog » (2017), Melora Walters, qu’on a pu voir dans « Sugar Mountain » (2015), Devin Druid, qu’on a pu voir dans « Imperium » (2016), et Imani Hakim, qu’on a pu voir dans « Chocolate City » (2015).

Le scénario est signé Isa Mazzei, elle-même ancienne cam girl. À l’origine, elle voulait créer un documentaire sur cet univers particulier. Cependant, au fur et à mesure de ses discussions, dans sa famille, avec ses proches et dans les différents milieux sociaux qu’elle fréquentait, elle a réalisé qu’un documentaire n’était pas la bonne approche et a décidé qu’un film d’horreur serait un meilleur moyen de présenter les choses. Une grande partie de l’histoire est fortement inspirée de la propre expérience de la scénariste. Elle s’est en effet fait voler son image et pirater ses vidéos. Les interactions du personnage d’Alice avec la police sont également tirées de l’expérience de l’auteure.

Le gros point positif de « Cam » est indéniablement la performance de Madeline Brewer, que personnellement, je ne connaissais pas avant de visionner ce métrage. L’actrice offre une excellente performance et vend ce cauchemar technologique de manière particulièrement crédible. En outre, le métrage nous positionne devant une réflexion qui est loin d’être stupide, à savoir, où va donc cette société dans laquelle on vit avec toutes ces dérives engendrées par les nombreuses possibilités que nous offre l’informatique, les réseaux sociaux, et les diverses interactions possibles.

L’horreur et la science-fiction sont deux genres qui, depuis longtemps maintenant, permettent d’apporter un focus précis sur les peurs actuelles et les maux de la société dans laquelle nous évoluons. Il est donc logique qu’on retrouve depuis ces récentes années des métrages explorant ces différentes problématiques. On peut citer en exemple, le récent « Searching » (2018) d’Aneesh Chaganty, ou encore « Unfriended » (2014) de Levan Gabriadze. Ce dernier se voyant d’ailleurs proposer une suite autonome intitulée « Unfriended: Dark Web » (2018) qu’on pourra découvrir en France à partir du 26 décembre prochain.

Dire que l’espèce humaine a subi une forte évolution depuis la mise à disposition du plus grand nombre de moyens de communication est un euphémisme. Le fait que vous soyez en train de lire ses lignes en est probablement la preuve. Tout un chacun peut exprimer son avis, ses opinions, dévoiler des pans entiers de sa vie à des anonymes. Notre obsession pour notre image et la course aux likes nous ont amenés à un point où certaines personnes ont une vie électronique plus dynamique que leur vie réelle. La déshumanisation des femmes par le biais de shows sexuels en ligne qui permettent l’anonymat des deux côtés de la transaction est un autre élément de ce métrage avec une exacerbation des comportements déviants et malsains.

C’est donc dans ce monde que « Cam » nous emmène en nous racontant l’histoire d’Alice (Madeline Brewer) se faisant passer pour Lola sur un site de cam girl où elle travaille. Bien entendu, Alice n’a rien dit à sa famille de ses activités lucratives 2.0 et surtout pas à sa mère Lynne (Lynne Ackerman). Cette dernière pensant que sa fille œuvrait comme webmaster pour de petites entreprises. Le spectacle de Lola est cependant différent de la cam girl moyenne, repoussant les limites et usant de maquillage. Elle n’hésite pas à simuler son propre suicide en se tranchant la gorge dans le but d’obtenir quelques pourboires supplémentaires, avec un excès de faux sang afin de rendre la chose plus spectaculaire.

Là, s’arrête malheureusement ce qu’on pouvait dire de positif sur ce métrage, car en fin de compte « Cam » n’a d’horreur que le nom. On est bien loin du compte. Alice se retrouve dépossédée de son compte et Lola semble vivre sa vie de manière autonome sur le web, sans que sa conceptrice ne puisse en reprendre le contrôle. Cette dernière bascule dans une forme de déprime, voyant son alter ego avoir plus de succès qu’elle. À se demander si elle se fait plus de soucis par le fait de s’être fait pirater son compte que par son amour-propre. En outre, les raisons du pourquoi, du comment et éventuellement du qui, ne sont jamais expliqués dans le développement du métrage. À croire qu’on est dans un épisode de « Twilight Zone » (La Quatrième Dimension).

En d’autres termes, il manque beaucoup de choses pour que « Cam » soit réellement passionnant. Le rythme n’est pas très soutenu et il n’y a franchement rien à se mettre sous la dent du côté de l’horrifique. Le côté salace ne devrait guère interpeller que quelques jeunes adolescents pré pubères. La photographie orchestrée par Katelin Arizmendi est plutôt simpliste ce qui s’explique par la faiblesse du budget avec 1 millions de dollars. Le tournage du métrage n’aura d’ailleurs duré que vingt jours. La bande originale proposée par Gavin Brivik est plutôt discrète tout en venant intelligemment souligner les points clé du développement.

En conclusion, « Cam » est un film d’horreur quelconque qui se distingue uniquement de par le milieu particulier dans lequel l’action se situe. L’intrigue est faible et le développement est familier. Les effets horrifiques sont inexistants et le rythme est modéré. On se retrouve à plusieurs reprises au bord du décrochage et les 94 minutes en deviennent presque fastidieuses. Un métrage qui aura permis de mettre Madeline Brewer en lumière, pour le reste, il faudra repasser. Un film dont on peut allègrement se dispenser.

 

 

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À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

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