Ciné-Asia, Corée du Sud, Crime - Policier, Drame

SILENCED (2011) ★★★★★


Silenced (2011)

 

Un professeur d’art pour sourds et malentendants arrive dans une ville où il découvre que les professeurs de l’école abusent des enfants.

 

 

Origine du film : Corée du Sud
Réalisateur : Hwang Dong-hyuk
Scénariste : Hwang Dong-hyuk
Acteurs : Gong Yoo, Jung Yu-mi, Kim Hyun-soo, Jung In-seo, Baek Seung-hwan, Kim Ji-young, Jang Gwang, Im Hyeon-seong, Kim Joo-ryung
Musique : Mowg
Genre : Crime, Drame
Durée : 125 minutes
Date de sortie : 22 Septembre 2011 (Corée)
Année de production : 2011
Sociétés de production : Samgeori Pictures
Distribué par : CJ Entertainment
Titre original : 도가니 / Dogani / The Crucible / Silenced
Notre note : ★★★★★

 

 

« The Crucible » ou « Silenced » pour la distribution internationale, est un film dramatique coréen datant de 2011, écrit et dirigé par Hwang Dong-hyuk, à qui l’on doit également « The Fortress » (2017). Les acteurs principaux sont Gong Yoo, qu’on a pu voir dans « The Age of Shadows » (2016), Jung Yu-mi, qu’on a pu voir dans « Psychokinesis » (2018), Kim Hyun-soo, qu’on a pu voir dans « The Five » (2013), Baek Seung-hwan, qu’on a pu voir dans « Confession » (2014), et Jang Gwang, qu’on a pu voir dans « Confession of Murder » (2012). Le scénario est basé sur le roman éponyme de Gong Ji-young. L’ensemble est basé sur des événements réels survenus à l’école Gwangju Inhwa pour malentendants, au cours desquels de jeunes étudiants sourds ont été victimes d’agressions sexuelles répétées, perpétrées par des membres du corps enseignant au début des années 2000.

L’histoire proposée par « Silenced » nous invite à suivre Kang In-ho (Gong Yoo)  qui est transféré dans une nouvelle école. Globalement, c’est une personne normale qui ne cherche qu’à bien s’intégrer et s’entendre du mieux possible avec le reste des membres de l’équipe disciplinaire de l’établissement où il vient d’être affecté. Rapidement, il prend conscience que les méthodes de discipline sont sévères, ce qui le met mal à l’aise, mais ne dit rien. Il entend également des cris provenant de salles de cour vides. Il fait marche arrière lorsque plusieurs de ses collègues commencent à faire pression sur lui afin qu’il ne pose pas trop de questions. Mais Kang In-ho finit par découvrir la vérité sur ce qui se passe réellement.

Le scénario et la mise en scène de Hwang Dong-hyuk sont très bien travaillés. Les personnes qui s’adonnent aux actes abjectes présentés dans le développement de l’intrigue ne sont finalement pas très différentes de Kang In-ho, pas très différentes de vous ou de moi. Ce sont des personnes qui apparaissent comme étant tout ce qu’il y a de plus normal. Ils œuvrent dans une école pour personnes mal entendantes. Des personnes qui s’investissent afin de venir en aide à des enfants moins fortunés, tout en étant des piliers de leur communauté, entretenant même des liens étroits avec le clergé. Fatalement, tout le monde est sous le choc dès lors que les horribles allégations viennent à être dévoilées.

L’intrigue s’articule essentiellement sur le fait que dans l’esprit collectif, les enseignants, les dirigeants de cet établissement ne peuvent qu’être de bonnes personnes et que par définition, ils sont complètement incapables d’être les auteurs des faits pervers dont on les accuse. Par extension, les victimes sont finalement les vraies criminelles, car elles cherchent à diffamer leurs accusateurs. C’est probablement cet aspect qui s’avère être la plus dérangeante dans « Silenced ».

Cependant, que l’on ne s’y méprenne pas, « Silenced » nous offre des scènes d’abus assez graphiques et difficilement soutenables qui donneront l’envie à plus d’une personne, de se détourner de l’écran. Le pire ce n’est peut-être pas de se dire qu’il s’agit d’une histoire réelle, mais de savoir que cela s’est passé en bien des endroits différents du globe, alors qu’on confiait nos enfants à des personnes de confiance. Pour rajouter au drame, nous pouvons également prendre pleinement conscience de la tourmente émotionnelle des victimes.

Lorsque le film est paru, en 2011, il a suscité un tollé général en raison de l’indulgence des décisions judiciaires, incitant la police à rouvrir le dossier et les législateurs à présenter des projets de loi sur les droits fondamentaux des personnes vulnérables. Quatre des six enseignants de l’école de Gwangju Inhwa, pour lesquels des sanctions sévères ont été recommandées par les autorités éducatives, ont été réintégrés dans leurs fonctions après avoir échappé à la sanction en vertu du délai de prescription. Seuls, deux d’entre eux ont été reconnus coupables de viols répétés sur huit jeunes étudiants et condamnés à des peines de prison inférieures à un an.

Kim Yeong-il, ancien enseignant de 71 ans, a récemment affirmé que deux enfants étaient décédés lors des incidents de 1964, après quoi il a été molesté et contraint de démissionner par le directeur-adjoint de l’établissement. Deux mois après la sortie du film et la controverse qui en a résulté, la ville de Gwangju a officiellement fermé l’école en novembre 2011. En juillet 2012, le tribunal de district de Gwangju a condamné l’ancien administrateur de l’école de Gwangju Inhwa, alors âgé de 63 ans, à une peine de 12 ans d’emprisonnement pour avoir agressé sexuellement un élève en avril 2005.

De l’ensemble de la distribution, on retiendra essentiellement les prestations de Gong Yoo et de Kim Hyun-soo, âgée de tout juste 11 ans lors du tournage. Le premier offrant une performance solide. L’acteur livre un personnage curieux, choqué par ce qu’il découvre, mais on le serait à moins. Sa volonté de faire éclater les faits au grand jour et sa détermination à soutenir les victimes est bien matérialisée par son jeu d’acteur. Il est cependant plus effacé dans la seconde partie, où l’aspect juridique prend le dessus. La seconde offre une troublante performance, pleine de réalisme et de sincérité. C’est assez poignant.

En conclusion, « Silenced » est un film dramatique très dur, disposant d’une histoire basée sur des faits et d’un développement très rude par son réalisme. Le rythme est cohérent avec la thématique. La photographie est propre et l’édition met l’accent sur le juridique, notamment dans la seconde partie du métrage. La bande originale vient appuyer les moments forts du récit. La distribution participe grandement à la réussite du métrage en apportant de superbes prestations, pleines de sincérité et de réalisme. Un film bouleversant qui ne peut que difficilement laisser insensible. Âmes sensibles s’abstenir.

 

 

Publicités

À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

Discussion

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Nombres de Visites

  • 144 238 personnes formidables ont déjà visité ce blog ! Merci !

Entrez votre adresse mail pour suivre ce blog et être notifié par email des nouvelles publications.

Archives

Suivez-nous sur Twitter

Publicités
%d blogueurs aiment cette page :