Biopic, Drame, Guerre, Historique

OPERATION FINALE (2018) ★★★☆☆


Opération Finale (2018)

 

 

Quinze ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, le gouvernement israélien échafaude une mission secrète afin de capturer le tristement célèbre Adolph Eichmann. Déclaré mort lors du chaos qui a suivi la chute de l’Allemagne nazie, il vit désormais à Buenos Aires avec sa femme et ses deux fils.

 

 

Origine du film : États-Unis
Réalisateur : Chris Weitz
Scénariste : Matthew Orton
Acteurs : Oscar Isaac, Ben Kingsley, Mélanie Laurent, Lior Raz, Nick Kroll, Haley Lu Richardson, Joe Alwyn, Peter Strauss
Musique : Alexandre Desplat
Genre : Biopic, Drame, Histoire
Durée : 122 minutes
Date de sortie : 3 octobre 2018 (France)
Année de production : 2018
Sociétés de production : Automatik Entertainment
Distribué par : Metro-Goldwyn-Mayer, Netflix
Titre original : Operation Finale
Notre note : ★★★☆☆

 

 

« Operation Finale » est un drame historique américain datant de 2018, réalisé par Chris Weitz, à qui l’on doit également « Rogue One: A Star Wars Story » (2015). Les acteurs principaux sont Oscar Isaac, qu’on a pu voir dans « Mojave » (2015), Ben Kingsley, qu’on a pu voir dans « Security » (2017), Lior Raz, qu’on a pu voir dans « Mary Magdalene » (2018), Mélanie Laurent, qu’on a pu voir dans « Now You See Me » (2013), et Joe Alwyn, qu’on a pu voir dans « Billy Lynn’s Long Halftime Walk » (2016). A noter également la participation de Peter Strauss dans un rôle secondaire.

L’histoire proposée par « Operation Finale » nous invite à suivre Peter Malkin (Oscar Isaac), agent du Mossad. Suite à des renseignements, il va participer, avec une équipe complète d’agents des services secrets, à l’enlèvement, puis l’exfiltration vers Israël, d’Adolf Eichmann (Ben Kingsley) pour y être jugé. Ce dernier est considéré comme le concepteur, l’architecte de la Solution Finale. Composée d’agents du Mossad et du Shin Bet (Service de sécurité intérieure israélien), l’équipe de capture met en place une surveillance et élabore un plan. Cependant, les choses vont se compliquer lorsque la compagnie aérienne El Al, refuse d’embarquer Eichmann si ce dernier ne signe pas un document précisant qu’il se rend volontairement en Israël…

« Operation Finale » s’inscrit dans différents genres dans lesquels on retrouve le drame. Comment aborder le génocide juif de la Seconde Guerre mondiale sans parler d’un drame. Le métrage est ponctué de nombreux flashbacks émanant soit de Peter Malkin, agent du Mossad, soit d’Adolf Eichmann, ancien officier SS. Les souvenirs de ces deux protagonistes concernant essentiellement la fin tragique de Fruma et de ses trois enfants, décédés lors de l’Holocauste. Fruma étant la sœur de Peter Malkin restée vivre en Pologne alors que ce dernier s’était enfui avec sa famille en Palestine lors de la vague montante d’antisémitisme allemand.

L’aspect historique s’intéresse principalement à l’identification, la mise en place du plan, l’enlèvement d’Adolf Eichmann, sa séquestration dans une maison isolée dans la périphérie de Buenos Aires, pour s’achever avec son exfiltration par avion de l’Argentine vers Israël. Matthew Orton, le scénariste, construit son récit sur plusieurs sources, dont l’ouvrage « Eichman in My Hands« , un mémoire de l’officier israélien Peter Malkin. En outre, il ajoute une dimension de suspense avec les recherches effectuées par les autorités argentines afin de retrouver Eichmann. Ces dernières se rapprochent de plus en plus de l’équipe d’agents israéliens, et jusqu’au décollage de l’avion exfiltrant l’ancien nazi vers Israël, la tension est forte et l’opération risque d’avorter à chaque instant. Il va s’en dire qu’il est important de faire l’impasse sur nos éventuelles connaissances historiques relatives à cette histoire, afin d’apprécier pleinement la construction narrative. C’est un petit peu comme lorsque nous regardons « Titanic » (1997) de James Cameron, nous savons à l’avance que le tristement célèbre navire va couler.

Des éléments de production, on retiendra principalement le travail de la photographie proposée par Javier Aguirresarobe. Ce dernier ayant également œuvré sur des métrages comme « The Finest Hours » (2016) ou « Thor: Ragnarok » (2017), livre un grain particulier aux images apportant ainsi une impression vieillotte au récit, permettant aux spectateurs de s’immerger dans les années 1960. A contrario, les images relatant les faits de la Seconde Guerre mondiale apparaissent nettement plus comme contemporaines, ce qui peut créer un certain malaise, laissant l’impression de proximité immédiate de ces faits associés à quelques images d’archives du procès et des témoignages des survivants de l’Holocauste. On précise même qu’après son exécution par pendaison, le corps d’Adolf Eichmann a été incinéré dans un four construit spécialement pour l’occasion et que ses cendres furent répandues dans la mer Méditerranée, de sorte qu’il ne puisse avoir aucun lieu de recueillement possible.

De la distribution, on retiendra essentiellement les prestations d’Oscar Isaac et de Ben Kingsley. Le premier incarne donc Peter Malkin. L’acteur donne un aspect taciturne à son personnage, sans cesse en train de lutter avec l’envie de tuer immédiatement Adolf Eichmann. Le second a la difficile tâche d’incarner l’horrible officier nazi. Ben Kingsley offre un personnage arrogant, comme on peut imaginer que Adolf Eichman pouvait l’être, qui accepte finalement son sort. L’acteur donne une dimension froide et calculatrice à son personnage, jouant de psychologie et de manipulation. Mélanie Laurent dispose d’un rôle secondaire. L’actrice donne une approche humaine à son personnage, une infirmière refusant de prendre partie à une action de violence directe. Joe Alwyn incarne Klaus Eichmann. L’acteur offrant sa blondeur à un personnage qui semble vouloir marcher dans la gloire passé du IIIème Reich… Peter Strauss dispose également d’un rôle secondaire. Lothar est le père juif de Sylvia Hermann (Haley Lu Richardson) qui est courtisée par Klaus Eichmann (Joe Alwyn). C’est ce Lothar qui va faire remonter l’information aux services israéliens sur la possible présence d’Adolf Eichmann à Buenos Aires.

En conclusion, « Operation Finale » est un film historique intéressant disposant d’une histoire captivante, d’une intrigue bien construite et d’un développement soigné. Cependant, la profondeur et la complexité des événements manquent de relief, manquent d’émotions. La photographie est soignée, les décors, les costumes et les véhicules permettent de bien s’immerger dans l’époque. Les quelques séquences mettant en scène l’évocation de l’Holocauste sont suffisamment poignantes pour rappeler toute l’horreur de la chose. La distribution offre de bonnes prestations, cependant dominée par les performances de Ben Kingsley et d’Oscar Isaac. L’ensemble permet d’apprendre comment les choses ne se passent que rarement comme elles sont censées se dérouler… À voir, ne serait-ce que pour le devoir de mémoire.

 

 

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À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

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