Ciné-Asia, Corée du Sud, Crime - Policier, Drame, Historique, Politique

1987: WHEN THE DAY COMES (2017) ★★★★☆


1987 When the Day Comes (2017)

 

En 1987, la Corée étant sous un régime militaire oppressif, l’interrogatoire illégal et la mort d’un étudiant incitèrent les citoyens ordinaires à se battre pour la vérité et à obtenir justice.

 

 

Origine du film : Corée du Sud
Réalisateur : Jang Joon-hwan
Scénaristes : Kim Kyung-chan
Acteurs : Kim Yoon-seok, Ha Jung-woo, Yoo Hae-jin, Kim Tae-ri, Park Hee-soon, Lee Hee-joon, Kim Eui-sung, Jo Woo-jin, Sol Kyung-gu, Gang Dong-won, Moon Sung-keun, Oh Dal-su, Ko Chang-seok
Musique : Kim Tae-seong
Genre : Drame, Historique, Policier, Politique
Durée : 129 minutes
Date de sortie : 1er novembre 2018 (France)
Année de production : 2017
Sociétés de production : Woojeung Film
Distribué par : CJ Entertainment
Titre original : 1987
Notre note : ★★★★☆

 

 

« 1987 » ou « 1987: When the Day Comes » pour la distribution internationale, est un thriller politique sud-coréen datant de 2017, réalisé par Jang Joon-hwan, à qui l’on doit également « Hwayi: A Monster Boy » (2013). Les acteurs principaux sont Kim Yoon-seok, qu’on a pu voir dans « The Fortress » (2017), Ha Jung-woo, qu’on a pu voir dans « Kundo: Age of the Rampant » (2014), Yoo Hae-jin, qu’on a pu voir dans « A Taxi Driver » (2017), Kim Tae-ri, qu’on a pu voir dans « The Handmaiden » (2016), Park Hee-soon, qu’on a pu voir dans « The Age of Shadows » (2016), Lee Hee-joon, qu’on a pu voir dans « A Special Lady » (2017). De nombreux acteurs connus incarnent des seconds rôles ou se limitent à une apparition, comme Sol Kyung-gu, qu’on a pu voir dans « Memoir of a Murderer » (2017), Gang Dong-won, qu’on a pu voir dans « Illang: The Wolf Brigade » (2018), Moon Sung-keun, qu’on a pu voir dans « Memories of the Sword » (2015), ou encore Oh Dal-su, qu’on a pu voir dans « Detective K: Secret of the Living Dead » (2018). Ce métrage est basé sur des faits réels.

L’histoire proposée par « 1987: When the Day Comes » est basé sur des événements réels entourant le mouvement démocratique du mois de juin 1987. Ceux-ci ont mis fin au régime militaire du président Chun Doo-hwan. Les manifestations étudiantes ont commencé à se déchaîner contre le gouvernement lorsqu’il a été révélé par les médias qu’un activiste étudiant, Park Jong-chul (Yeo Jin-goo), avait été torturé à mort lors d’un interrogatoire. Cette « session » de torture avait été ordonnée par le Commissaire Park Cheo-won (Kim Yoon-seok). Son objectif était de neutraliser tous les efforts communistes. Les autorités impliquées cherchèrent à dissimuler la mort de l’étudiant, mais un groupe de personnes tenta de faire la lumière sur ce décès. Le procureur Choi Hwan (Ha Jung-woo) rejeta la demande de la police de faire incinérer le corps, jugeant cette demande suspecte, et demanda à ce que le corps soit soumis à une autopsie. Il venait de mettre le doigt dans un terrible engrenage…

Le fond de l’histoire est profondément dramatique. Tout est construit autour de la mort d’une personne. Mais au-delà du décès d’un étudiant, il y a toute la répression mise en place par le gouvernement de Chun Doo-hwan, qui fut le 5ème président de la Corée du Sud de 1980 à 1988 après avoir renversé son prédécesseur. On peut voir toute la volonté des autorités administratives et politiques d’imposer leur dictât et ainsi de faire pression afin de cacher la vérité, de faire disparaître les preuves les accablants et de minimiser leurs responsabilités.

Ce système tyrannique est principalement matérialisé par le personnage incarné avec maestria par Kim Yoon-seok. Il s’agit du directeur du département de lutte contre le communisme, le commissaire Park Cheo-won. Ce dernier ne respecte pas les règles lorsqu’il s’agit de mener à bien sa mission. À travers un flashback explicatif on comprend le pourquoi de la haine qui l’habite. Il utilise sans vergogne ses pouvoirs étendus, la violence et l’intimidation pour forcer le passage lorsque des obstacles se font jour. Du point de vue du spectateur, celui-ci s’apparente à un psychopathe avec lequel on ne peut pas négocier et que rien ne semble arrêter. À travers ce personnage, on peut voir une forme d’allégorie de la dictature sud-coréenne.

Le côté politico-judicaire est également mis en avant par les différents protagonistes. Ceux-ci viennent se compléter par les circonstances plus que par la volonté d’une action coordonnée. Les journalistes, les procureurs, les dirigeants politiques, les opposants dans la clandestinité, les religieux et les étudiants n’ont finalement pas grand chose en commun. Cependant, ils possèdent tous la volonté d’aller vers une véritable démocratie. Cependant, dans l’ensemble des protagonistes, il y a aussi ceux qui, comme Yeon-hee (Tae-ri), pensent qu’il est hautement dangereux de s’opposer aux autorités et qu’il est préférable de courber l’échine.

Les valeurs de productions de « 1987: When the Day Comes » sont, tout comme la conception narrative, vraiment admirables. La photographie réalisée par Kim Woo-hyung est vraiment excellente, permettant au spectateur de pleinement s’immerger dans l’époque. L’édition est également remarquable. En effet, Yang Jin-mo, le chef monteur jongle avec une multitude de personnages, qui, il est vrai, au premier abord, peuvent perturber, mais le récit devient de plus en plus fluide à travers le développement. La bande originale, orchestrée par Kim Tae-seong, est singulièrement captivante, articulée autour de 22 titres.

Ce métrage a obtenu plus d’une trentaine de nominations et a remporté près d’une vingtaine de prix. En outre, le film a rapporté près de 55 millions de dollars rien qu’en Corée du Sud, contre un budget de 14 millions de dollars. Le tournage s’est déroulé du 20 avril au 27 août 2017. Le générique de fin permet de présenter des images d’archives présentant les événements réels sur lesquels les personnages et l’histoire ont été construits.

En conclusion, « 1987: When the Day Comes » est un très bon film politico-judiciaire disposant d’une histoire captivante, d’une intrigue enthousiasmante et d’un développement attractif. Le rythme est suffisamment élevé pour que les 129 minutes du métrage ne soient pas ennuyeuses. Le récit est relativement fluide et la narration est quasiment linéaire. La photographie permet de pleinement s’immerger dans l’histoire avec de beaux efforts sur les décors et les costumes. La bande originale est particulièrement bien soignée. La distribution pléthorique est superbement bien dirigée par le metteur en scène et offre de très bonnes prestations. L’ensemble offre un très bon divertissement tout en accroissant nos connaissances historiques sur le Pays du Matin Calme…

 

 

À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

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