Ciné-Asia, Corée du Sud, Crime - Policier, Drame, Thriller

26 YEARS (2012) ★★★☆☆


26 Years (2012)

 

En 1980 furent perpétrées en Corée du Sud des exactions envers des civils qui demandaient plus de liberté, point d’orgue d’un long mouvement de contestation nationale. Ce sombre événement est connu sous le nom du massacre de Gwangju. 26 ans plus tard, de jeunes Coréens issus de tous les milieux s’unissent pour faire payer les responsables.

 

 

Origine du film : Corée du Sud
Réalisateur : Cho Geun-hyun
Scénariste : Lee Hae-young
Acteurs : Jin Goo, Han Hye-jin, Im Seulong, Bae Soo-bin, Lee Geung-young, Jang Gwang, Jo Deok-jae, Kim Eui-sung, Ahn Suk-hwan
Musique : Lee Jin-hee, Kim Hong-jib
Genre : Crime, Drame, Thriller
Durée : 135 minutes
Date de sortie : 29 novembre 2012 (Corée)
Année de production : 2012
Sociétés de production : Sega Sammy Entertainment
Distribué par : Invent Stone Corp., Chungeorahm Film
Titre original : Yishipyuknyeon / 26년
Notre note : ★★★☆☆

 

 

« Yishipyuknyeon » (26년), ou « 26 Years » pour la distribution internationale, est un thriller d’action dramatique sud-coréen datant de 2012, réalisé par Cho Geun-hyun, à qui l’on doit également « Heung-boo: The Revolutionist » (2018). Les acteurs principaux sont Jin Goo, qu’on a pu voir dans « Northern Limit Line » (2015), Han Hye-jin, qu’on a pu voir dans « No Mercy » (2010), Lim Seul-ong, qu’on a pu voir dans « Horror Stories 3 » (2016), Bae Soo-bin, qu’on a pu voir dans « Memories of the Sword » (2015), Lee Geung-young, qu’on a pu voir dans « The Battleship Island » (2017), et Jang Gwang, qu’on a pu voir dans « The Negotiation » (2018).

L’histoire proposée par « 26 Years » nous replonge dans l’un des événements les plus tragiques de l’histoire récente de la Corée du Sud. Le 18 mai 1980, dans la ville de Gwangju, les troupes gouvernementales ont reçu l’ordre de tirer sur des civils, faisant des milliers de morts et de blessés. L’ancien président Chun Doo-hwan aurait donné l’ordre et, bien qu’il ne soit pas nommé explicitement dans ce métrage, la cible de la tentative d’assassinat est clairement censée représenter Chun Doo-hwan. Ce dernier a été reconnu coupable en 1996 des crimes liés au massacre de Gwangju, mais il fut gracié plus tard par le président Kim Dae-jung.

Vingt-six ans plus tard, en 2006, cinq personnes se considérant comme faisant partie des victimes du massacre de Gwangju, mettent en place un projet top secret visant à assassiner le responsable. Kwon Jung-hyuk (Im Seulong) est un policier récemment recruté qui a perdu sa famille lors du massacre. Il est responsable de l’accès des voitures se rendant à la propriété ultra-sécurisée de la cible. Kwak Jin-bae (Jin Goo) est un jeune gangster dont le père a également été tué. Shim Mi-jin (Han Hye-jin) est membre de l’équipe olympique de tir à la carabine. Kim Gap-se (Lee Geung-young), PDG d’une grande entreprise et Kim Joo-ahn (Bae Soo-bin), le directeur d’une société de sécurité privée, sont également impliqués…

Il y a deux aspects distincts dans « 26 Years », et dans une certaine mesure, ils ne sont pas très bien développés. Il faut garder à l’esprit qu’il s’agit d’une fiction, et qu’à ce titre tout est possible. On pouvait donc offrir une fin tout à fait différente à cette histoire de vengeance. Les deux aspects sont donc l’action et le drame. Les scènes d’action sont très bien orchestrées et tout à fait dans l’esprit de ce que l’on peut voir dans le cinéma coréen. Cependant, le scénario concocté par Lee Hae-young comporte certaines faiblesses, qui sont, à nos yeux, rédhibitoires. À noter que ce scénariste fut également réalisateur-scénariste sur des métrages comme « The Silenced » (2015) et « Believer » (2018). La première de ces faiblesses, c’est l’étirement exagéré de l’aspect dramatique des scènes. Dans la dernière partie, la longueur de la prise de décision de Shim Mi-jin, la championne de tir, pour ouvrir le feu, est tout simplement insupportable et ridicule. Pire encore, elle est fatale pour d’autres personnages…

Il apparaît qu’il y a un déséquilibre dans « 26 Years » qui s’opère. Le développement s’articule essentiellement sur le suspense. De ce fait, à la fin, on se dit « tout ça, pour ça », ce qui offre forcément un sentiment de frustration et/ou de déception. Il aurait été plus intéressant de mettre l’accent sur l’aspect dramatique, notamment en déployant plus profondément la psychologie des personnages. Dans leur grande majorité, on comprend bien qu’ils vécurent comme un traumatisme les fameux événements de Gwangju, d’autant plus qu’ils étaient enfants à cette époque. Ce traumatisme s’est cependant prolongé sur des années, notamment à travers les troubles de leurs propres parents. Cet aspect aurait pu être nettement mieux présenter.

Dans l’ensemble, la distribution offre de bonnes prestations. Jin Goo livre un jeune gangster, un leader écouté et respecté, dont la mère souffre de troubles post-traumatiques. Im Seulong incarne un jeune policier. L’acteur livre un personnage naïf, ou tout du moins idéaliste, qui retourne sa veste à plusieurs reprises. Un personnage un peu déconcertant. Lee Geung-young est une fois de plus excellent dans le rôle d’un ancien militaire ayant participé aux massacres. Un personnage en quête de rédemption, qui ne voit son propre salut que dans l’élimination physique de l’ancien président. Han Hye-jin dispose donc du personnage féminin de la trame principale. C’est le personnage qui pose le plus de problèmes dans la cohérence, bien que l’actrice offre une bonne prestation. Bae Soo-bin dispose d’un rôle secondaire qui s’avère être le moins développé.

En 2008, le film devait initialement être réalisé par Lee Hae-young sur la base de son propre scénario et intitulé « 29 Years », avec Ryoo Seung-bum, Kim Ah-joong, Jin Goo, Chun Ho-jin et Byun Hee-bong dans les rôles principaux. Mais la production s’est brusquement arrêtée lorsque les investisseurs ont cessé de financer le film, dix jours avant le début du tournage, en raison de son contenu controversé sur le plan politique. Des rumeurs circulaient alors selon lesquelles les pressions émanaient du gouvernement conservateur. Après avoir passé près de quatre ans dans les limbes de la préproduction en raison des difficultés financières, les dons en ligne ont généré une somme suffisante pour relancer le projet avec une nouvelle équipe et un nouveau réalisateur. Le tournage a débuté le 19 juillet 2012 et s’est terminé le 10 octobre 2012. Les crédits de fin du film durent plus de 10 minutes, ils incluent les noms des 15.000 donateurs.

En conclusion, « 26 Years » est un bon thriller dramatique disposant d’une histoire originale, d’une intrigue harassante et d’un développement brouillon. Le rythme est correct, le récit est fluide, et la narration est linéaire. La photographie est convenable, la bande originale est plaisante, et l’édition offre un métrage de 135 minutes stressantes dans sa dernière partie. La distribution offre de bonnes prestations malgré le fait que certains personnages soient sous-exploités et/ou agissent de manière incohérente, pour ne pas dire pénible…

 

 

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À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

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