Ciné-Asia, Corée du Sud, Drame, Espionnage, Historique, Politique

THE SPY GONE NORTH (2018) ★★★★☆


The Spy Gone North (2018)

 

Séoul, 1993. Un ancien officier est engagé par les services secrets sud-coréens sous le nom de code « Black Venus ». Chargé de collecter des informations sur le programme nucléaire en Corée du Nord, il infiltre un groupe de dignitaires de Pyongyang et réussit progressivement à gagner la confiance du Parti. Opérant dorénavant en autonomie complète au cœur du pays le plus secret et le plus dangereux au monde, l’espion « Black Venus » devient un pion dans les tractations politiques entre les gouvernements des deux Corées. Mais ce qu’il découvre risque de mettre en péril sa mission et ce pourquoi il a tout sacrifié.

 

 

Origine du film : Corée du Sud
Réalisateur : Yoon Jong-bin
Scénaristes : Kwon Sung-hwi, Yoon Jong-bin
Acteurs : Hwang Jung-min, Lee Sung-min Lee, Cho Jin-woong, Ju Ji-Hoon, Kim Eung-soo, Baek Seung-ik, Cha Ji-heon, Yong Chae
Musique : Cho Young-wuk
Genre : Drame, Espionnage, Historique, Politique
Durée : 137 minutes
Date de sortie : 7 novembre 2018 -France)
Année de production : 2018
Sociétés de production : Sanai Pictures, Moonlight Film
Distribué par : CJ E&M
Titre original : Gongjak / 공작
Notre note : ★★★★☆

 

 

« Gongjak » (공작), ou « The Spy Gone North » pour la distribution internationale, est un film d’espionnage dramatique sud-coréen datant de 2018, co-écrit et réalisé par Yoon Jong-bin, à qui l’on doit également « Kundo: Age of the Rampant » (2014). Les acteurs principaux sont Hwang Jung-min, qu’on a pu voir dans « The Battleship Island » (2017), Lee Sung-min, qu’on a pu voir dans « A Violent Prosecutor » (2016), Cho Jin-woong, qu’on a pu voir dans « The Handmaiden » (2016), Ju Ji-hoon, qu’on a pu voir dans « Along with the Gods: The Two Worlds » (2017), et Gi Ju-bong, qu’on a pu voir dans « Coin Locker Girl » (2015).

L’histoire proposée par « The Spy Gone North » nous invite à suivre Park Seok-young (Hwang Jung-min) qui va devenir un espion pour le compte du gouvernement sud-coréen sous le nom de code de Black Venus. Après avoir œuvré de manière à tenir son image au Sud, il va progressivement obtenir la confiance des services nord-coréens, jusqu’au point d’être présenté au leader du parti, le dictateur Kim Jong-Il (Gi Ju-bong). Le but de l’espion est de trouver le maximum de renseignements sur le programme nucléaire militaire nord-coréen. Pour se faire, il va créer une entreprise visant à promouvoir des articles sud-coréens par l’intermédiaire de publicités tournées au Nord. Son investissement dans sa mission va cependant lui faire découvrir des éléments qu’il n’aurait jamais dû obtenir, mettant sa vie en danger…

« The Spy Gone North » nous plonge donc une nouvelle fois dans le conflit Nord-Sud de la Corée. On se focalise sur un personnage incarné avec application par Hwang Jung-min. Il va s’en dire qu’on joue sur la corde patriotique, notamment du côté nord-coréen, qui ne jure que par le parti et pour le chef suprême. Du côté du sud, tout ce qui vient du nord, c’est du communiste, c’est nauséabond. Une fois qu’on a dépassé ces poncifs, on se rend compte que l’argent tient un rôle important, et que finalement la Corée du Nord est prête, en sous-main, a filer un coup de main à certaines personnalités du Sud contre quelques espèces sonnantes et trébuchantes.

Et finalement, dans ce mélange d’espions et d’hommes politiques, on se demande à qui profite le crime. L’homme de bien, qui tente de faire son métier avec sérieux, n’est qu’un pion sur un échiquier truqué, où les prises d’intérêts vont, en fin de compte, vers autre chose que le bien des citoyens de base. Malheureusement, lorsqu’il s’agit d’espionnage, l’individu met, qu’il le veuille ou non, sa vie en péril, car, lorsqu’il est découvert, sa situation devient rapidement critique.

Dans ce sens, le duo composé de Kwon Sung-hwi et de Yoon Jong-bin, développe un scénario qui prend le temps de montrer le processus qui va permettre au personnage joué par Park Seok-young d’être crédible aux yeux des Nord-Coréens. Renvoyé de l’armée, endetté jusqu’au cou auprès de ses amis, mis à l’index par la société, transformé petit à petit en un homme d’affaires sans scrupule, qui n’hésitera pas à se laisser embringuer dans un business avec le frère ennemi si cela lui rapporte de l’argent. Le métrage réalisé par Yoon Jong-bin propose également un focus sur la paranoïa et la mégalomanie connue de Kim Jong-il, le leader Nord-Coréen.

La partie action est relativement infime. L’accent est porté sur le suspense, et plus précisément sur la découverte ou non de la véritable raison de la présence de Park Seok-young en Corée du Nord. Le film souffre donc d’une certaine lenteur, les séquences d’échanges, de dialogues étant assez conséquentes. La photographie proposée par Choi Chan-min permet de bien mettre en lumière les différences notables entre les modes de vie dans les deux Corées. Les cinéastes prennent le temps de nous montrer le très haut degré de pauvreté qui règne dans certaines régions de la Corée du Nord. Une misère qui contraste avec les fastes du mode de vie du leader suprême. On peut également clairement ressentir la crainte que tous éprouvent vis-à-vis pour ce personnage qui peut balayer votre vie d’un simple geste de la main et sans avoir de raison valable et sans avoir à se justifier. Un tyran dans toute sa splendeur.

De l’ensemble de la distribution, on retiendra la performance de Cho Jin-woong qui offre un personnage de l’ombre, qui œuvre soit-disant pour le bien de sa nation, mais qui finalement joue également pour son propre compte. Un homme à multiple visage qui est difficile à cerner, froid, calculateur. Ju Ji-hoon incarne un haut responsable de la sécurité nord-coréen, qui, dès le début voit d’un mauvais œil la montée en puissance de l’influence de Park Seok-young. Il est méfiant, soupçonneux tout en étant avide de pouvoir et d’argent. Lee Sung-min incarne également un haut dignitaire coréen qui s’avère finalement être l’un des personnages les plus sympathique, souffrant en silence de la situation désastreuse de la population de son pays. Enfin, on retrouve Hwang Jung-min, dans le rôle principal. L’acteur démontre sa maîtrise du jeu à travers un personnage à double visage, laissant clairement entrevoir son état d’esprit.

En conclusion, « The Spy Gone North » est un bon film d’espionnage dans le contexte spécifique coréen. L’histoire est captivante, l’intrigue est très bien orchestrée et le développement est séduisant. Le rythme est plutôt lent, le récit est fluide et la narration est linéaire. La photographie est travaillée de manière à bien positionner la situation particulière de la vie quotidienne dans la partie nord, la bande originale est plutôt discrète et l’édition offre un métrage de 137 minutes qui reste prenant de bout en bout. La distribution offre de très bonnes prestations, mais on peut regretter l’absence de personnage féminin. L’ensemble est divertissant, mais reste quelque peu décevant par rapport à l’attente que le film avait engendré…

 

 

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À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

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