Action, Crime - Policier, Thriller

SHAFT (1971) ★★★☆☆


Shaft (1971)

 

 

John Shaft, un détective privé, est embauché par un seigneur du crime de Harlem pour retrouver sa fille, qui vient d’être kidnappée.

 

 

Origine du film : États-Unis
Réalisateur : Gordon Parks
Scénaristes : Ernest Tidyman, John D. F. Black
Acteurs : Richard Roundtree, Moses Gunn, Charles Cioffi, Christopher St. John, Gwenn Mitchell, Lawrence Pressman, Victor Arnold, Tony King, Sherri Brewer, Rex Robbins, Camille Yarbrough, Arnold Johnson
Musique : Isaac Hayes, Johnny Allen
Genre : Action, Crime, Thriller
Durée : 100 minutes
Date de sortie : 22 septembre 1971 (France)
Année de production : 1971
Sociétés de production : Metro-Goldwyn-Mayer
Distribué par : Metro-Goldwyn-Mayer
Titre original : Shaft
Notre note : ★★★☆☆

 

 

« Shaft » est un thriller d’action policier américain datant de 1971, réalisé par Gordon Parks, à qui l’on doit également « The Super Cops » (1974). Les acteurs principaux sont, Richard Roundtree, qu’on a pu voir dans « Earthquake » (1974), Moses Gunn, qu’on a pu voir dans « Rollerball » (1975), Lawrence Pressman, qu’on a pu voir dans « The Man in the Glass Booth » (1975), Charles Cioffi, qu’on a pu voir dans « The Next Man » (1976), et Christopher St. John, qu’on a pu voir dans « Top of the Heap » (1972). Ce métrage est une adaptation du roman d’Ernest Tidyman, paru en 1970.

L’histoire proposée par « Shaft » nous invite à suivre John Shaft (Richard Roundtree), un détective privé new-yorkais. Ce dernier est contacté par Bumpy Jonas (Moses Gunn), un leader de la pègre de la grosse pomme. Il souhaite engager le détective pour qu’il retrouve sa fille qui vient d’être kidnappée. Rapidement, John Shaft prend conscience que c’est la mafia italienne qui se cache derrière ce kidnapping, voulant faire pression sur Bumby afin de prendre le contrôle de Harlem. Shaft va devoir composer avec une ancienne connaissance, mais également avec le Lieutenant Vic Androzzi (Charles Cioffi) de la police criminelle…

Les deux scénaristes, Ernest Tidyman & John D. F. Black, ne se sont vraiment pas foulés pour co-écrire le script du film, probablement écrit lors d’un repas au restaurant, sur la nappe en papier. Le moindre que l’on puisse dire, c’est que le scénario est vraiment minimaliste. Un gangster black s’est fait kidnapper sa fille, et il va solliciter un privé black pour la retrouver. Ce dernier fait appel à des potes blacks pour l’aider. Les blancs sont les idiots de l’histoire. Le flic blanc se fait mener par le bout du nez par le héros, et les méchants sont des mafiosos italiens blancs, dit « macaroni ».

Le concept repose donc essentiellement sur ce que l’on a appelé la blacksploitation. Pour faire simple, il s’agit d’un mouvement culturel et social intrinsèque au 7ème art américain qui a vu le jour dans les années 1970 et dont l’idée était de rehausser l’image des Afro-américains en les positionnant dans des personnages respectables et de premier plan et non plus uniquement dans des rôles secondaires et de faire-valoir. « Shaft » a été l’un des premiers et des plus populaires films de blacksploitation et a donné lieu à de nombreuses suites et imitations.

Globalement, l’histoire est plutôt simpliste donc, et ce métrage ne méritait guère plus qu’une note de x. Reste que la bande musicale est absolument fabuleuse et relève à elle seule la note du film. La bande originale de « Shaft », enregistrée par Isaac Hayes a rencontré un énorme succès, remportant le Grammy Award dans la catégorie « Best Original Score Written for a Motion Picture », accompagné d’un second Grammy que l’artiste a partagé avec son partenaire Johnny Allen dans la catégorie « Best Instrumental Arrangement ». Le « Theme from Shaft » a remporté l’Oscar dans la catégorie « Best Original Song » et apparu dans de nombreux Top depuis son édition originale.

De l’ensemble de la distribution, c’est, bien évidemment, sur Richard Roundtree qu’on va s’arrêter. L’acteur incarne donc le personnage principal, John Shaft. Une sorte de combinaison entre l’inspecteur Harry Callahan (Clint Eastwood) et James Bond. Le premier pour les méthodes non-conventionnelles, la distribution facile de bourre-pif et de bastos. Le second pour l’aspect séducteur, passant de femme en femme, et la chose faite, n’ayant finalement que peu de respect pour la gente féminine. D’une manière générale, les situations et les personnages, apparaissent aujourd’hui comme extrêmement caricaturaux.

« Shaft » remporta un vif succès dans les salles de cinéma, ce qui fut une grande réussite pour les studios de la Metro-Goldwyn-Mayer, alors en difficulté. Il a été produit autour d’un budget de 1,2 million de dollars et a rapporté près de 11 millions de dollars la première année de distribution, dont 7 millions de dollars rien qu’aux États-Unis.

« Shaft » a vu deux suites, « Shaft’s Big Score! » (1972) et « Shaft in Africa » (1973), suivi d’une série télévisée (1973-1974). Richard Roundtree a été le seul acteur à avoir incarné John Shaft, apparaissant dans les quatre films et la série télévisée. Une nouvelle suite a vu le jour en 2000, également intitulée « Shaft », mettant en scène Samuel L. Jackson dans le rôle de John Shaft II, le neveu de John Shaft. Depuis le 28 juin 2019, une nouvelle suite est disponible sur Netflix, toujours intitulée « Shaft » dans laquelle on va pouvoir voir trois générations de John Shaft

En conclusion, « Shaft » est un film moyen, disposant d’une histoire basique, d’une intrigue simple et d’un développement caricatural, reposant surtout sur sa bande originale. Le rythme est haché, pollué par des scènes de palabres inutiles, le récit est fluide et la narration est linéaire. La photographie est modeste, essentiellement tournée à Harlem, montrant combien ce quartier a été délaissé depuis belle lurette. La bande musicale est tout simplement culte, et le thème probablement connu du plus grand nombre. La distribution offre des prestations mitigées, au service de personnages caricaturaux. Un film à voir au moins une fois pour saisir le concept de la blacksploitation…

 

 

À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

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