Ciné-Asia, Crime - Policier, Drame, Hong-Kong, Mystère, Thriller

PORT OF CALL (2015) ★★☆☆☆


Port of Call (2015)

 

Une prostituée de 16 ans est assassinée. Son corps est découpé et jeté dans les toilettes, tandis qu’on retrouve sa tête près du port de Victoria. Le détective Chong commence une enquête

 

 

« Tà Xuè Xún Méi » (踏血尋梅), ou « Port of Call » pour la distribution internationale, est un thriller policier hongkongais datant de 2015, écrit et réalisé par Philip Yung. Les acteurs principaux sont Aaron Kwok, qu’on a pu voir dans « Cold War » (2012), Elaine Jin, qu’on a pu voir dans « Mad World » (2016), Patrick Tam, qu’on a pu voir dans « Dealer/Healer » (2017), et Jessie Li, qu’on a pu voir dans « Our Time Will Come » (2017).

L’histoire proposée par « Port of Call » nous invite à suivre l’inspecteur Chong (Aaron Kwok) alors qu’il enquête sur une affaire de meurtre. Cependant, le corps de Jiamei (Jessie Li), adolescente de 16 ans, n’est pas retrouvé, bien qu’il y ait une grande quantité de sang. Sa mère ne semble pas admettre le décès de son enfant, même si elle sait que cette dernière voulait devenir top model, et a progressivement glissé dans la mauvaise direction. Soudainement, Ting Chi-chung (Michael Ning) se présente spontanément au poste de police pour avouer le meurtre. Il raconte en détail comment il a démembré le corps et l’a jeté dans les toilettes. Il s’est débarrassé de la tête de sa victime dans le port. L’inspecteur Chong a désormais des aveux, mais il désire comprendre le cheminement de la jeune femme et le pourquoi de ce meurtre. Il va devoir fouiller dans le passé de chacun, faisant remonter à la surface son propre mal-être…

« Port of Call » est un film sombre avec une atmosphère mélancolique. Tout ce qu’il faut pour déprimer à mort. Bien que naviguant dans la zone suburbaine de Hong Kong, c’est dans les quartiers pauvres que naviguent les différents personnages, un décor triste, crasseux, miséreux. On va ainsi suivre, durant 98 minutes le drame vécu par des personnes piégées dans un univers sans espoir, sans lumière. Il est plus qu’évident que ce métrage est fortement clivant. Soit on aime, soit on n’aime pas. Pas de demi-mesure. Malheureusement pour nous, c’est plutôt dans la seconde catégorie qu’on va se positionner. Nous n’avons guère apprécié ce film.

L’enquête de police passe progressivement au second plan et le rythme ne cesse de faiblir au fur et à mesure que le développement s’installe. Le temps présent s’efface de plus en plus pour laisser la place aux flashbacks. En outre, il y a des flashbacks dans les flashbacks. Il faut donc rester concentrer pour ne pas décrocher, et je dois l’avouer, cela a failli m’arriver à deux ou trois reprises. Philip Yung, qui endosse la triple casquette de réalisateur, scénariste et éditeur, s’intéresse essentiellement au parcours de Jiamei, la victime. Une adolescente pleine de rêves, qui, sachant qu’elle est plutôt jolie, désir devenir mannequin, et qui va progressivement, de petits boulots en petits boulots ingrats, basculer dans la prostitution, ou la quête d’argent « facile ». L’ensemble étant basé sur une histoire vraie… Le générique de fin venant dédicacé le métrage à Jiamei.

Les personnages ont de nombreuses facettes et l’actrice Jessie Li et Michael Ning peuvent livrer une présentation subtile très réussie. On peut notamment apprécier la douleur complexe de Jiamei et son aspiration à la mort, ce qui exige beaucoup de sensibilité de la part de Jessie Li, qui livre ici une très belle prestation. On aura également été surpris par la performance étonnante d’Aaron Kwok. Inspecteur de police aux cheveux gris et aux lunettes pas très avantageuse, il offre une composition avec des particularités qu’on ne lui connaissait pas jusqu’à ce jour.

Les valeurs de productions sont plutôt correctes. La photographie confiée à Christopher Doyle est, comme je l’ai déjà souligné, sombre, jouant avec des absences d’éclairages et beaucoup de variations de gris dans les tons. Le cinéaste a déjà travaillé sur plus de cinquante films en langue chinoise, et est connu essentiellement pour ses collaborations avec Wong Kar-Wai sur « Chungking Express » (1994), « Happy Together » (1997), « In the Mood for Love » (2000) et « 2046 » (2004). L’accompagnement musical orchestré par Ding Ke vient parfaitement souligner l’atmosphère glauque du métrage.

En conclusion, « Port of Call » est un thriller policier étriqué disposant d’une histoire sombre, d’une intrigue anémiée et d’un développement terriblement inerte. Le rythme est apathique, le récit est abscons et la narration fait appel à de nombreux flashbacks. La photographie est sinistre, la bande originale est mélancolique et l’édition est cafouilleuse. Les personnages sont complexes, mais les prestations offertes par la distribution sont d’un bon niveau. L’ensemble est à la limite de l’ennuyeux, malgré les quelques séquences gores. Un métrage dont on peut s’affranchir…

 

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À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

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