Ciné-Asia, Drame, Historique, Japon

SNOW ON THE BLADES (2014) ★★★★☆


Snow on the Blades (2014)

 

Shimura Kingo échoue quant à son devoir de protéger la vie du principal ministre du shogun. Disgracié, il voue désormais sa vie à pourchasser les assassins. Cependant, tous ces meurtriers, sauf un, meurent avant que Kingo ne puisse les atteindre. Malgré tout, Kingo continue à traquer le dernier sur sa liste…

 

 

« Zakurozaka no Adauchi » ou « Snow On The Blades » pour la distribution internationale, est un Jidaigeki datant de 2014, réalisé par Setsurō Wakamatsu, à qui l’on doit également « In the City of Dawn » (2011). Les acteurs principaux sont Kiichi Nakai, qu’on a pu voir dans « Flower and Sword » (2017), Hiroshi Abe, qu’on a pu voir dans « Legend of the Demon Cat » (2017), Ryōko Hirosue, qu’on a pu voir dans « Mixed Doubles » (2017), et Masahiro Takashima, qu’on a pu voir dans « Honnō-ji Hotel » (2017).

L’intrigue proposée par « Snow on the Blades » tourne autour de Kingo Shimura (Kiichi Nakai), un vassal qui, sans faute directe de sa part, ne peut rien faire de concret lorsqu’un groupe d’assassins tend une embuscade au seigneur qu’il a juré de protéger, entrainant la mort de ce dernier. Humilié, Kingo Shimura, seul survivant, est condamné à traquer les hommes qui ont participé à l’assassinat de son maître, après quoi il sera autorisé à commettre un seppuku, ou suicide rituel. Une liste de cinq personnes lui est délivrée et l’homme se met en quête. Les années passent et ses cibles disparaissent, rattrapées par la vie, sans que Kingo Shimura n’y soit pour quelque chose. Finalement, 13 années sont passées et il ne reste plus qu’un des assassins en vie, Jūbei Sahashi (Hiroshi Abe). Toutefois, le Japon est depuis en pleine mutation, et la vengeance apparaît comme bien obsolète…

Setsurō Wakamatsu, le réalisateur s’intéresse à la situation d’un homme, attaché à ses traditions, à ses us et coutumes, alors que le Japon quitte l’univers féodal pour basculer dans une nouvelle ère insufflée par les occidentaux. C’est la fin des castes, c’est la fin des clans, les grandes familles de samouraïs sont dissoutes et de nouvelles règles voient le jour. Cependant, Kiichi Nakai est lié à son passé, et à son profond respect pour son ancien maître. Il ne désire qu’une seule chose, ramener la tête d’un de ses assassins sur la tombe de son défunt seigneur et ainsi pouvoir se suicider.

Kingo Shimura incarne ce personnage avec brio, qui progressivement se présente comme étant de plus en plus en décalage avec la société dans laquelle il évolue. Les dialogues sont peu nombreux et beaucoup d’informations, de pensées, d’émotions passent par le regard, par les expressions de visage, les expressions corporelles. La confrontation finale mettant en scène Kiichi Nakai et Hiroshi Abe offre une bonne dose d’émotion et d’humanité. Ryōko Hirosue accompagne l’histoire dans le rôle de l’épouse du personnage principal avec beaucoup de précision. Discrète, effacée, soumise comme l’était la femme à cette époque. Une prestation toute en finesse, tout en retenue.

Les valeurs de productions sont vraiment excellentes. La photographie offre de superbes plans avec par endroit des angles particulièrement originaux. Les quelques scènes d’action sont très bien orchestrées et on retrouve bien la présence de la neige dans les séquences principales. Les décors, les costumes ainsi que les différents accessoires spécifiques liés à l’époque sont superbes. La bande musicale, proposée par Joe Hisaishi, bien que discrète, est parfaitement dans l’aspect japonisant de l’histoire.

En conclusion, « Snow on the Blades » est un très bon film historique disposant d’une histoire originale, d’une intrigue singulière et d’un développement où l’introspection prend toute son importance. Le rythme est lent, mais convient parfaitement à l’ambiance du métrage, le récit est fluide et la narration fait appel à plusieurs flashbacks. La photographie est somptueuse, la bande originale est plaisante et l’édition fait la part belle à des scènes longues. La distribution offre de très bonnes prestations au service de personnages tourmentés, vivant dans l’abnégation et la fidélité à des valeurs fortes. L’ensemble offre un agréable moment d’immersion dans un Japon en pleine mutation sociétale.

 

 

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À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

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