Corée du Sud, Drame, Thriller

MISS BAEK (2018) ★★★☆☆


Miss Baek (2018)

 

Une jeune femme va se prendre d’affection pour une fillette victime de maltraitance par ses parents, et mettre tout en œuvre pour l’extraire des mains de ses bourreaux….

 

 

« Miss Baek » est un film dramatique sud-coréen datant de 2018, écrit et réalisé par Lee Ji-won qu’on retrouvera à la mise en scène de « Bigwang » (2020). Les acteurs principaux sont Han Ji-min, qu’on a pu voir dans « The Age of Shadows » (2016), Kim Si-ah, qu’on a pu voir dans « The Closet » (2018), Lee Hee-joon, qu’on a pu voir dans « Nameless Gangster: Rules of the Time » (2012), Kwon So-hyun, qu’on a pu voir dans « Dark Figure of Crime » (2018), et Baek Soo-jang, qu’on a pu voir dans « Rampant » (2018). Ce métrage est basé sur une histoire vraie, cependant les lieux et le nom des protagonistes ont été changés.

Alors que « No Mercy » (2017) dénonçait la maltraitance envers les personnes souffrant d’une situation de handicap, « Miss Baek » vient de nouveau nous bousculer en dénonçant la maltraitance faite aux enfants. Un film qui perturbe et offre une vision de ce que la société peut produire de plus abjecte. En cette période de confinement où il faut rester vigilant aux violences domestiques qui peuvent avoir lieu sous notre nez, voilà une histoire qui nous fera probablement réfléchir.

L’histoire proposée par « Miss Baek » nous invite à suivre Baek Sang-ah (Han Ji-min), une jeune femme qui vit quasiment au jour le jour dans un environnement modeste. Elle fréquente néanmoins un inspecteur de police, Jang-sup (Lee Hee-joon), qui lui, aimerait établir des perspectives d’avenir. Les imprévus de la vie vont amener Sang-ah à croiser la route de Ji-eun (Kim Si-a), une fillette maltraitée par ses parents. Dès lors, Sang-ah n’aura de cesse de tenter de soustraire l’enfant de ses tortionnaires. Les forces de l’ordre seront tout d’abord complètement absentes des efforts de la jeune femme, mais devant l’accumulation de signes, la police finira par intervenir afin d’arracher l’enfant à sa famille.

Le scénario concocté par Lee Ji-won, qui endosse ici la double casquette de réalisateur et de scénariste, met l’accent sur un point qui dérange, sur un aspect qui interpelle. Dans cette histoire, nous sommes confrontés à une forme d’indifférence. À plusieurs reprises, des gens sont témoins de la maltraitance qu’on inflige à la jeune Ji-eun. L’enfant porte sur elle les stigmates de la violence qui lui est faite. Le personnel hospitalier, le personnel scolaire seront aveugles faces à l’évidence. Les fonctionnaires de police iront même jusqu’à suggérer à la (belle)-mère de l’enfant de réprimander leur progéniture avec moins de sévérité. Dans la vérité des faits, la fillette est enfermée dans la buanderie, dans le froid, souffrant de malnutrition, dormant à même le sol.

D’une durée de 98 minutes, le rythme est quelque peu poussif sans pour autant devenir ennuyeux. Il y a pour ainsi dire peu de scènes d’action, en dehors de la scène finale qui offre une confrontation entre Sang-ah (Han Ji-min) et Joo Mi-kyung (Kwon So-hyun), la belle-mère de l’enfant. Le récit est ponctué par plusieurs flashbacks qui ont pour but de nous présenter l’enfance de Sang-ah, qui fut elle-même victime de maltraitance de sa mère. On comprend ainsi, qu’elle se reconnaît dans la situation que vit la jeune Ji-eun. « Miss Baek » trouve donc toute sa force dans les prestations de sa distribution, et principalement les performances de Han Ji-min et de Kim Si-a. Cette dernière, âgée d’une dizaine d’années lors du tournage est troublante de réalisme dans son interprétation d’une fillette brutalisée de manière odieuse.

La photographie signée par Kang Guk-hyun permet de bien marquer le dénuement dans lequel les personnages vivent. La bande originale est orchestrée par Mowg. Ce dernier est loin d’être un inconnu, Lee Sung-hyun de son vrai nom, a signé les musiques de métrages comme « Hwayi: A Monster Boy » (2013), « The Fatal Encounter » (2014), « Memories of the Sword » (2015), « The Age of Shadows » (2016), « Warriors of the Dawn » (2017), ou encore « Illang: The Wolf Brigade » (2018). Enfin, l’édition proposée par Han Young-gyu et Heo Sun-mi n’est pas pleinement convaincante, avec de nombreux passages lents. « Miss Baek » a obtenu de nombreuses récompenses, dont un Blue Dragon Award attribué à Han Ji-min dans la catégorie Meilleure Actrice.

En conclusion, « Miss Baek » est un film dramatique correct disposant d’une histoire forte, d’une intrigue solide, mais d’un développement légèrement apathique. Le rythme est un peu poussif, le récit est fluide, et la narration fait appel à quelques flashbacks permettant au spectateur de s’immerger dans l’enfance du personnage principal. La photographie est intelligente et la bande originale est agréable. La distribution offre de bonnes prestations dont on retiendra la performance saisissante de la jeune Kim Si-a. L’ensemble offre des pistes de réflexions autour d’un sujet sensible, voire difficile. À découvrir…

 

 

 

À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

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