Corée du Sud, Crime - Policier, Drame, Historique, Thriller

PRIVATE EYE (2009) ★★★☆☆


Private Eye (2009)

 

Un apprenti médecin découvre un cadavre dans les bois et le ramène secrètement dans sa cave pour s’exercer à la dissection. Mais ce cadavre s’avère être le fils de l’homme le plus puissant de Séoul. Le jeune médecin va alors faire appel à un détective privé pour identifier le meurtrier et le disculper d’une éventuelle accusation. Mais des meurtres similaires se succèdent, et les deux comparses se retrouvent bientôt au milieu d’une affaire bien plus dramatique et importante qu’ils ne l’imaginent…

 

 

« Private Eye » est un thriller policier historique sud-coréen datant de 2009, co-écrit et réalisé par Park Dae-min, à qui l’on doit également « Special Cargo » (2019). Les acteurs principaux sont Hwang Jung-min, qu’on a pu voir dans « The Battleship Island » (2017), Ryu Deok-hwan, qu’on a pu voir dans « Welcome to Dongmakgol » (2005), Uhm Ji-won, qu’on a pu voir dans « The Phone » (2015), Oh Dal-su, qu’on a pu voir dans « Detective K: Secret of the Living Dead » (2018), et Yoon Je-moon, qu’on a pu voir dans « The Drug King » (2018).

L’histoire proposée par « Private Eye » nous invite à suivre Hong Jin-ho (Hwang Jung-min), un détective privé qui enquête uniquement sur des affaires d’adultères contre quelques billets. Il économise afin de se payer le voyage qui lui permettra d’aller vivre aux Etats-Unis. Il va être contacté par Jang Gwang-soo (Ryu Deok-hwan), un élève-médecin qui a découvert un corps dans les bois et l’a ramené discrètement dans la cave de sa maison pour pratiquer la dissection. Mais ce cadavre n’est autre que le corps du fils de l’homme le plus puissant de Séoul. Les choses vont cependant se compliquer lorsqu’un nouveau corps est découvert dans les bois, assassiné de la même manière que la première victime. Jin-ho et Gwang-soo se lancent donc dans une enquête qui va leur faire découvrir de nombreuses ramifications. Il n’auront plus qu’un but, stopper le meurtrier…

Le scénario proposé par Lee Yeong-jong, Yoon Seon-hui et Park Dae-min qui endosse ici la double casquette de co-scénariste et de réalisateur, est plutôt malicieux, positionnant l’action en 1910, au début du XXe siècle, lors de l’occupation nippone. Une période de transition entre le style moyenâgeux et l’ère moderne. On peut ainsi voir se côtoyer des personnes en vêtements traditionnels anciens et des personnages vêtus à l’Occidentale, avec costume trois-pièces et chapeau, tel qu’on pouvait en rencontrer en France à la même époque. Les deux personnages centraux que sont Hong Jin-ho et Jang Gwang-soo sont dépeints dans cette seconde catégorie, tournés vers le modernisme. Le personnage du détective privé faisant souvent référence à son rêve d’aller vers l’Occident et plus particulièrement vers les Etats-Unis dans l’espoir d’y faire fortune.

On retrouve dans « Private Eye » certains aspects sociétaux récurrents de la vie coréenne. Principalement le respect de la hiérarchisation et l’abus de pouvoir qui va avec. Les supérieurs distribuant indûment des coups à leurs subalternes. Cette volonté particulière de dénigrer ses subordonnés de manière dénigrante et violente est très caractéristique dans le cinéma coréen. Dans le contexte particulier dans lequel le récit est présenté, soit l’occupation nippone, on peut également voir la déférence exagérée des Coréens envers les Japonais. On appréciera donc le travail de production au niveau des décors, des costumes et autres accessoires qui permettent de pleinement nous immerger cette période spécifique.

Les personnages centraux sont plutôt bien travaillés. Jin-ho est donc incarné par l’excellent et prolifique Hwang Jung-min. Un détective privé qui préfère rester éloigné des affaires dangereuses et aspire à partir à la conquête de l’ouest. Il est curieux, vif d’esprit et n’a finalement que peu de respect pour la hiérarchie. Gwang-soo est interprété par Ryu Deok-hwan. Etudiant docteur, il est passionné par son activité et n’aspire qu’à guérir et sauver les gens. Il se passionne pour les sciences modernes et en cela il trouvera une aide précieuse en la personne de Soon-deok (Uhm Ji-won), une inventeuse, une chercheuse, elle aussi tournée vers le savoir, le modernisme, la curiosité. Oh Dal-su incarne un officier de police supérieur, dont on va découvrir qu’il n’est pas étranger à l’intrigue. Enfin, Yoon Je-moon, qui interprète des jumeaux, est responsable d’un cirque et principal antagoniste de l’histoire.

D’une durée de 111 minutes, « Private Eye » est plutôt dynamique, avec de nombreuses scènes d’action. Outre la confrontation finale, on retiendra la course-poursuite entre le détective privé et un suspect dans les rues d’un Séoul historique et pittoresque, avec ses rues étroites, ses échoppes et sa foule grouillante. L’introduction est très bien travaillée, avec une séquence de nuit dans une ambiance de film d’horreur, permettant de rapidement se mettre dans l’ambiance. Les valeurs de production sont très bonnes comme je l’avais déjà souligné précédemment. La photographie signée Choi Chan-min est très réussie, la bande originale orchestrée par Hwang Sang-jun est sympathique et l’édition proposée par Nam Na-yeong permet de donner beaucoup de rythme à l’histoire. Ce dernier a d’ailleurs une longue expérience derrière lui, ayant signé l’édition de nombreux métrages tels que « The City of Violence » (2006), « The Good, the Bad, the Weird » (2008), « I Saw the Devil » (2010), « No Tears for the Dead » (2014) ou encore « Jo Pil-ho: The Dawning Rage » (2019).

En conclusion, « Private Eye » est un bon thriller policier historique, disposant d’une histoire classique, d’une intrigue captivante et d’un développement original de par son contexte historique. Certains aspects du sujet sont sensibles bien que peu mis en avant. Le rythme est dynamique, le récit est fluide et la narration est linéaire. La photographie est superbe avec un beau travail sur les décors et les costumes, la bande originale est agréable et l’édition permet d’obtenir un métrage suffisamment énergique pour ne pas voir le temps passer. La distribution offre de bonnes prestations et la combinaison Hwang Jung-minRyu Deok-hwan matche bien. L’ensemble est plus que convenable et offre un bon moment de divertissement. À voir …

 

 

 

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À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

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