Action, Corée du Sud, Crime - Policier, Drame

GANGNAM BLUES (2014) ★★★★☆


Gangnam Blues (2014)

 

Jong-Dae et Yong-Ki gagnent leur vie en ramassant du papier et des bouteilles vides. Ils rejoignent ensuite chacun un clan différent de gangsters, puis s’engagent dans une lutte d’intérêts politiques sur le développement de Gangnam, un arrondissement de Séoul.

 

 

« Gangnam 1970 » (강남 1970), ou « Gangnam Blues » pour la version internationale, est un film d’action sud-coréen datant de 2015, écrit et réalisé par Yoo Ha, à qui l’on doit également « A Dirty Carnival » (2006), ainsi que « A Frozen Flower » (2008). Les acteurs principaux sont Lee Min-ho, qu’on a pu voir dans « Bounty Hunters » (2016), Kim Rae-won, qu’on a pu voir dans « RV: Resurrected Victims » (2017), Jung Jin-young, qu’on a pu voir dans « Svaha: The Sixth Finger » (2019), Kim Ji-soo, qu’on a pu voir dans « Intimate Strangers » (2018), et Kim Seol-hyun, qu’on a pu voir dans « Memoir of a Murderer » (2017).

L’histoire proposée par « Gangnam Blues » nous ramène dans les années 1970, au plus fort de la corruption politique. Gangnam, la partie sud de Séoul commence à devenir un site très convoité par les promoteurs. Jong-dae (Lee Min-ho) et Yong-ki (Kim Rae-won), deux amis d’enfance, qui se connaissent depuis leur plus jeune âge, ayant fréquenté le même orphelinat, ont du mal à s’en sortir. Ils vivent dans une vieille baraque mal isolée, sans chauffage et avec peu d’électricité, jusqu’à ce que le bidonville soit démoli par des voyous locaux. Ils sont séparés lors d’une participation à une descente musclée dans un meeting politique. Chacun intègre alors un gang différent. Leurs chemins se recroisent trois années plus tard alors qu’ils ont tous deux atteint une certaine notoriété. Ils décident de s’associer secrètement afin de tirer le meilleur parti des différentes tractations qui s’opèrent afin de récupérer les titres de propriété des terrains de Gangnam. Lorsque la pression commence à se faire plus forte et qu’il faudra prouver sa fidélité au gang, Yong-ki va faire des choix qui vont remettre en question son amitié envers Jong-dae, qui finira par l’apprendre….

On se rend rapidement compte que « Gangnam Blues » s’inscrit dans le genre film de gangsters. Le scénario concocté par Yoo Ha, qui endosse sur ce projet la triple casquette de producteur, de scénariste et de réalisateur, offre une bonne dose de scènes d’action, dont certaines sont relativement violentes. Âmes sensibles s’abstenir. Il y a également un aspect dramatique dans le script de Yoo Ha, s’articulant autour de l’amitié bafouée. On aborde également le concept de la trahison, même si ce n’est pas vraiment sur ce point que le focus est dirigé. Les deux orphelins, devenus gangster presque par nécessité, par survie, rêvent de grandeur, de richesse. Dans plusieurs de leurs dialogues, on retrouve des évocations à leurs vies misérables antérieures. Le métrage se terminant d’ailleurs sur une séquence flash-back où on retrouve ces deux protagonistes dans leur cabane miteuse.

Les personnages sont relativement nombreux, mais c’est finalement la relation entre les deux amis de longue date que l’histoire se focalise. Des criminels qui ont commencé tout en bas de l’échelle dans le système des gangs, et qui, chacun à leur manière, vont progresser dans la hiérarchie. On retrouve un concept connu qui nous invite à suivre l’ascension d’individus, puis leur chute. Dans ce « Gangnam Blues », il y a finalement plus d’antagonistes qu’autre chose. Une nouvelle fois, l’accent est mis sur les liens étroits qui existent entre la politique et les criminels. Les uns se servant des autres. Parfois même, il y a des passerelles avec des gangsters qui aspirent à entrer en politique pour accroître encore plus leur pouvoir.

D’une durée de 135 minutes, le film offre donc de nombreuses séquences de bastons. Les protagonistes réglant leur compte, éliminant progressivement leurs rivaux. On retrouve également des scènes de passages à tabac pour extorquer des informations, mais également de l’intimidation ainsi que de simples exécutions. Les gangsters coréens s’inscrivent dans une tradition où l’on règle ses différends à coups de bâton, de batte de baseball, de barre de fer ou de couteau de cuisine. Les armes à feu sont rares, mais pourtant, dans ce métrage on a droit à quelques coups de feu, fusil à pompe et revolver. Des actions qui se veulent nettement plus expéditives et définitives. Afin d’être transparent, il est peut-être important de signaler qu’il y a également plusieurs scènes de sexe relativement explicites. Les plus philosophes verront également, en sous-lecture, une approche sur la rédemption à travers le personnage incarné Jung Jin-young. En effet, Gil-soo est le premier « patron » de Jong-dae et de Yong-ki. Après avoir été gravement blessé à une jambe, il va se retirer du monde du crime pour ouvrir un modeste pressing, tout en considérant Jong-dae comme son propre fils. Durant toute l’histoire Gil-soo cherchera à dissuader Yong-ki de maintenir ses activités criminelles et prônera le retour à une vie simple et modeste.

Les valeurs de production sont très bonnes. La photographie proposée par Kim Tae-seong et Hong Seong-hyuk est très bien travaillée tant sur les plans intérieurs qu’extérieurs. Le travail réalisé sur les costumes, les décors et les véhicules permettent de bien s’immerger dans les années 1970. La bande originale orchestrée par Jo Yeong-wook colle bien à l’époque et à l’action. L’œuvre de ce compositeur est déjà large avec des participations sur une multitude de métrages tels que « Deranged » (2012), « The Berlin File » (2013), « The Attorney » (2013) ou encore « A Taxi Driver » (2017). Enfin l’édition mise en place par Park Gok-ji permet de présenter un film dynamique et captivant malgré l’apparente longueur. Ce dernier est également loin d’être un débutant dans le montage, en effet ce cinéaste est présent dans le 7e art depuis le début des années 1990 et s’est vu récompenser d’un Korean Film Award en 2004 pour son travail sur « A Dirty Carnival« .

En conclusion, « Gangnam Blues » est un très bon film de gangsters disposant d’une histoire classique, d’une intrigue faisant la part belle à l’action violente, et d’un développement dynamique, mais légèrement complexe par endroits. Le rythme est énergique, le récit peut s’avérer ardu sur certains points et la narration est linéaire en dehors du tout début du film et de sa dernière séquence. La photographie permet de plonger complètement dans l’époque, la bande originale est plaisante et l’édition offre une histoire prenante qui permet d’effacer la longueur du métrage. La distribution offre de bonnes prestations même si le caractère des personnages principaux est assez proche. Un film qui vient s’installer en bonne place aux côtés d’autres métrages du genre tel que « Nameless Gangster » (2012).

 

 

À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

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