Action, Catastrophe, Corée du Sud, Drame, Horreur

PENINSULA (2020) ★★★☆☆


Peninsula (2020)

 

Un virus zombie s’est propagé dans toute la Corée du Sud et le pays se retrouve hermétiquement isolé. Les survivants étant livrés à eux-mêmes dans un univers apocalyptique. Un groupe de quatre coréens, réfugiés à Hong Kong, brave le blocus afin de récupérer un camion abandonné contenant 20 millions de dollars. L’aventure va rapidement se transformer en cauchemar…

 

 

« Bando » (반도) ou « Peninsula » pour la distribution internationale, est un film coréen d’action et d’horreur axé sur le concept zombie, datant de 2020 réalisé et co-écrit par Yeon Sang-ho, à qui l’on doit également « Psychokinesis » (2018). Le métrage est présenté comme une suite autonome du film « Train to Busan » du même réalisateur, paru en 2016. Les acteurs principaux sont Gang Dong-won qu’on a pu voir dans « Golden Slumber » (2018), Lee Jung-hyun, qu’on a pu voir dans « The Battleship Island » (2017), Lee Re qu’on connaît essentiellement pour avoir incarné le rôle-titre dans « Hope » (2013), et Kwon Hae-hyo, qu’on a pu voir dans « Don’t Forget Me » (2016). « Peninsula » a été sélectionné pour être présenté au Festival de Cannes en 2020, mais ce dernier a été annulé en raison de la pandémie de COVID-19. Le film est paru le 15 juillet 2020 en Corée du Sud.

L’histoire proposée par « Peninsula » nous invite à suivre le capitaine Han Jeong-seok (Gang Dong-won) alors que la Corée est dévastée par un virus zombie. Il parvient in extremis à sauver sa sœur, son mari Cheol-min (Kim Do-yoon) et leur fils, sur l’un des derniers navires autorisés à quitter la Corée du Sud. Malheureusement, une personne infectée est sur le bateau et la situation vire rapidement à la catastrophe, emportant la sœur de Jeong-seok ainsi que l’enfant. Quatre années plus tard, on retrouve Jeong-seok et son beau-frère réfugiés à Hongkong. Un chef de gang leur propose de retourner dans une Corée du Sud livrée au chaos afin d’y trouver un camion chargé de 20 millions de dollars, pour le ramener au plus vite vers le port d’Incheon pour l’exfiltrer vers Hong Kong. Une fois sur place, il localise rapidement le véhicule, cependant, ils se retrouvent non seulement attaqués par des zombies, mais également par quelques survivants structurés en milice. Ils ne devront leur salut que grâce à l’aide de Min-jeong (Lee Jung-hyun) et de ses enfants…

Bien que présenter comme étant une suite de « Train to Busan » (2016) par Yeon Sang-ho, le réalisateur des deux films, « Peninsula » peut aisément être abordé comme proposant une histoire à part entière. En dehors du fait que le récit peut s’inscrire dans la continuité des événements présentés dans « Train to Busan« , il n’y a aucune référence directe à ce premier métrage. Les personnages sont différents et le contexte également. Dans leur travail scénaristique, Park Joo-Suk et Yeon Sang-ho, ont centré leur récit sur l’action, ce qui malheureusement fait passer les personnages au second plan. Pour exemple, le développement de Min-jung (Lee Jung-hyun) et de ses deux enfants, Jooni (Lee Re) et Yu-jin (Lee Ye-won) est très superficiel. En outre, la critique de la société, qui était proposée en deuxième lecture dans le premier opus, a tout simplement disparu dans cette pseudo-suite. On se retrouve donc avec un film destiné au grand public dans lequel on retrouve certains des stéréotypes du genre.

Reste donc un film d’action avec de nombreuses courses-poursuites et autres confrontations armées et/ou physiques. Je vais faire l’impasse sur les différentes incohérences du récit, en m’arrêtant toutefois sur la critique de certains personnages. En premier lieu, Jung-seok, incarné par le dynamique Gang Dong-won, qui devrait prochainement faire ses débuts dans un film hollywoodien. L’état d’âme de ce principal protagoniste est intéressant, mais insuffisamment exploité. En effet, la lutte avec ses démons intérieurs, et plus précisément avec la culpabilité qui le ronge, aurait dû être beaucoup plus développée. Et finalement, la motivation qui anime les différents personnages reste trop plate. Les méchants sont fous, voire complètements fous, et n’apportent rien en dehors d’une position d’antagonistes. A contrario, les deux enfants, par leur fougue, amènent un certain degré de fraîcheur au film.

Dans l’ensemble, la photographie proposée par Lee Hyung-deok est réussie. L’atmosphère apocalyptique est bien implantée, les décors permettent pleinement de s’immerger dans l’idée chaotique de la situation. C’est probablement dans l’obscurité, avec l’utilisation des fusées éclairantes qui amènent une lumière effrayante dans une ville morte, que le réalisateur parvient le mieux à nous convaincre. Toutefois, bien que globalement les effets spéciaux soient bien gérés, il apparaît clairement que les différentes scènes de courses-poursuites avec les véhicules et les accidents qui en découlent, ne sont que des CGI de qualité moyenne. La bande musicale orchestrée par l’incontournable Mowg est divertissante et le montage réalisé par Yang Jin-mo nous offre un métrage de près de deux heures. D’un budget de 16 millions de dollars, « Peninsula » aura rapporté près de 43 millions de dollars à travers le monde, et ce, malgré les vicissitudes rencontrées lors de son exploitation, en raison de la pandémie de COVID-19.

En conclusion, « Peninsula » est un bon film post-apocalyspe à la sauce zombie, disposant d’une histoire originale, d’une intrigue basique et d’un développement creux. Le rythme est plutôt soutenu, le récit est fluide et la narration est linéaire. La photographie est suffisamment maîtrisée pour nous positionner dans l’atmosphère, la bande originale vient très bien souligner l’ambiance et le montage fait la part belle aux scènes d’action. La distribution offre des prestations correctes malgré une écriture trop caricaturale des personnages. On retiendra néanmoins les performances de Lee Re et de Lee Ye-won, les deux enfants dans le groupe des protagonistes. Les fans du genre seront probablement ravis, tandis que ceux qui furent exaltés par le premier seront logiquement déçus de cette « suite » qui n’a de suite que le nom…

 

 

 

 

 

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À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

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