Action, Corée du Sud, Drame, Historique

SHADOWLESS SWORD (2005) ★★★☆☆


Shadowless Sword (2005)

 

Une redoutable guerrière est envoyée à la recherche d’un prince exilé et dernier héritier de la dynastie, après qu’une armée rebelle ait tué toute la famille royale.

 

 

Muyeonggeom (무영검), ou « Shadowless Sword » pour la distribution internationale, et « Le Règne par le Sabre » pour la distribution française, est un film historique sud-coréen, dans le style Wuxia chinois, datant de 2005, réalisé par Kim Young-jun. Les acteurs principaux sont Lee Seo-jin, qu’on a pu voir dans « Intimate Strangers (2018), Yoon So-yi, qu’on a pu voir dans « Brothers in Heaven » (2018), Jo Yeon-ho, qu’on a pu voir dans « Broken » (2014), Lee Sang-hong, qu’on a pu voir dans « Silmido » (2003), et Shin Hyun-joon, qu’on a pu voir dans « Sin of a Family » (2011).

Dans un premier temps, avant de commencer la critique de ce film à proprement parlé, je pense qu’il peut s’avérer utile de situer le contexte de l’histoire proposée dans ce métrage. Le récit se déroule après la chute de Sanggyeong, la capitale de Balhae en 926. Le Balhae était un royaume multi-ethnique qui fut fondé après la chute du royaume coréen dit de Goguryeo. Le royaume de Balhae occupait le sud de la Mandchourie, du kraï du Primorie et le nord de la Corée du Nord actuels. Ainsi, après la chute de la capitale, une guerre civile éclata. C’est durant cette période d’instabilité que le récit débute…

Le seul espoir pour que le pays retrouve une stabilité fiable, c’est que l’un des princes monte sur le trône vide afin d’unir à nouveau le royaume. Cependant, Gun Hwa-pyung (Shin Hyun-joon), petit fils d’un haut fonctionnaire de l’état, qui fut exécuté par le dernier roi de Balhae, a juré de venger la mort de son grand-père. À la tête d’une petite armée, sous le contrôle d’un gouverneur du Dongdan  il veut réhabiliter le nom de sa famille et le statut de son père. Il a secrètement comploté pour tuer tous les membres de la famille royale, a trahi son maître, le tout dans l’optique de s’emparer du trône. Mais son plan nécessite qu’il se débarrasse du dernier prince de Balhae, Dae Jeong-hyun (Lee Seo-jin), qui vit en exil depuis 14 ans. So-ha (Yoon So-yi) est alors chargée de retrouver et de ramener Jeong-hyun dans le pays afin qu’il devienne le roi légitime, bien qu’il ne soit guère intéressé par cette fonction.

Alors que So-ha tente de convaincre Jeong-hyun de revenir avec elle à Balhae, Gun Hwa-pyung se rapproche de plus en plus du duo. Les premières confrontations entre So-ha et les hommes de Gun laissent peu de doute sur les grandes qualités martiales de la jeune guerrière. En fuyant à travers les contrées, Jeong-hyun parvient à prendre conscience de la souffrance qui règne dans son pays d’origine. So-ha commence à entrevoir l’ancien prince qui sommeillait en lui, mais parviendra t’elle à le ramener vivant jusqu’à Balhae pour qu’il y accomplisse son destin ?

Il aura fallu cinq années à Kim Young-jun pour présenter son deuxième film, après « Bichunmoo » paru en 2000. Lui-même n’ayant pas été pleinement satisfait de son premier opus, il souhaitait que « Shadowless Sword » soit plus grand, plus épique et international. Le réalisateur avait déclaré qu’il avait beaucoup appris de ses erreurs et qu’il était prêt à proposer quelque chose de nettement mieux. N’ayant pas vu son premier film, la lecture de plusieurs articles à ce sujet, laisse entendre, qu’en effet, ce fut le cas. Néanmoins, cela ne veut pas dire que ce deuxième film soit parfait. L’histoire présentée est simple, très inspirée des films dits de Wuxia, avec une histoire d’amour prévisible et quelques petites incohérences qui perturbent l’appréciation globale. Toutefois, le métrage compense avec des très bons combats, de belles images et une multitude de bonnes idées.

Alors bien évidemment, « Shadowless Sword » prend des libertés avec les faits historiques. Dans cette histoire, les personnages peuvent voler dans le style fantastique chinois. Les mouvements de combat les plus improbables sont effectués sans difficulté et de nombreuses attaques spéciales sont à la limite du ridicule. La réalisation de Kim Young-jun tente de rendre le récit plus compliqué qu’il ne l’est réellement, notamment avec l’introduction dans la structure narrative d’une multitude de flashbacks. Il devient alors aisé de deviner qui est vraiment So-ha et la fin n’est donc pas étonnante, car elle est présentée selon un principe familier. L’histoire d’amour entre les deux principaux protagonistes est inévitablement prévisible. Le tout saupoudré d’une musique romantique à la sauce hollywoodienne. Et d’une manière générale, la bande originale orchestrée par Kim Jun-seong sonne très internationale, ce qui n’apporte aucunement un plus au métrage.

Le point définitivement positif de ce film réside dans les combats. Plusieurs cascadeurs et chorégraphes chinois sont venus prêter mains fortes à la production. Cela n’enlève rien à la distribution qui semble avoir exécuté une bonne majorité de leurs cascades. En premier lieu, on peut nommer Yoon So-yi, qui renoue ici avec un rôle dynamique après « Arahan » paru en 2004. Ses mouvements sont très gracieux et elle s’intègre pleinement dans le personnage de la guerrière sereine, détendue et pondérée. On retrouve plusieurs confrontations tout au long du récit et celles-ci sont convenablement réparties dans l’histoire. En outre, il y a une belle originalité, les combats se déroulant dans les airs, sur terre, et même sous l’eau. Certaines scènes peuvent être considérées comme violentes et il ne faut pas s’étonner si certains adversaires explosent littéralement lorsqu’ils passent de vie à trépas.

Tournée entièrement en Chine, Seo Geun-hee, le directeur de la photographie aura su tirer le meilleur parti des paysages, avec des prises de vue originales et des panoramiques de grandes qualités. Les effets spéciaux souffrent légèrement de l’usure du temps, mais pour un film datant d’il y a seize ans cela reste tout à fait acceptable. Les costumes sont très beaux, cependant, certaines coiffures peuvent s’avérer discutables. Malheureusement, et pour souligner ce que j’ai précisé précédemment, le film se débat avec une histoire prévisible et une histoire d’amour à la « mords-moi le nœud ». En outre, je ferais l’impasse sur les quelques dialogues pseudo-philosophiques sur l’esprit du sabre. Probablement un artefact destiné à justifier le titre du film. Le film propose une dernière scène flashback dans le générique de fin, donc évitez de couper trop rapidement…

En conclusion, « Shadowless Sword » est un film d’action historique correct, disposant d’une histoire simple, d’une intrigue familière et d’un développement acceptable, mais facilement anticipable. Le rythme est bien équilibré, le récit tend inutilement à se complexifier et la narration fait appel à de nombreux flashbacks. La photographie est très agréable, la bande originale est futilement internationale et le montage débouche sur un métrage de 104 minutes plaisantes. La distribution offre de bonnes prestations avec un petit plus octroyé à Yoon So-yi pour sa performance et sa dextérité martiale. Un film plus que convenable qui offre un honnête moment de divertissement. À voir mais à replacer dans son contexte…

 

 

 

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À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

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