Biopic, Corée du Sud, Drame, Historique

BLUE SWALLOW (2005) ★★★★☆


L’histoire de Pak Kyeong-Won, première femme coréenne pilote d’avion qui a obtenu sa licence de vol pendant l’occupation japonaise. Sa vie, son aventure, sa romance et sa mort…

« Cheong-yeon » (청연), ou « Blue Swallow » est un film dramatique sud-coréen datant de 2005, co-écrit et réalisé par Yoon Jong-chan, à qui l’on doit également « My Paparotti » (2013). Les acteurs principaux sont Jang Jin-young, qu’on a pu voir dans « Between Love and Hate » (2006), Kim Joo-hyuk, qu’on a pu voir dans « The Tooth and the Nail » (2017), Yuko Fueki, qu’on a pu voir dans « APT » (2006), Han Ji-min, qu’on a pu voir dans « The Age of Shadows » (2016), Tōru Nakamura, qu’on a pu voir dans « Strangers in the City » (2010), et Jin Tae-hyun, qu’on a pu voir dans « Horror Stories » (2012). Ce métrage est paru en salles coréennes le 29 décembre 2005. 

L’histoire proposée par « Blue Swallow » nous invite à suivre Park Kyung-won (Jang Jin-young), l’une des premières femmes aviateurs coréennes et la première femme du Pays du Matin Calme à devenir pilote civil. Son histoire est intrinsèquement controversée. En effet, des allégations affirmant qu’elle fut une collaboratrice japonaise durant l’occupation de la Corée par le Japon ont incité, à l’époque, mais encore aujourd’hui, à la qualifier de traître à son pays, tandis que d’autres ont préféré ignorer ces affirmations et l’ont saluée comme héroïne nationale. 

Malheureusement, ce métrage a aussi été la cible d’une multitude de critiques de la part des médias lors de sa sortie, articulant des accusations selon lesquelles il tentait de camoufler les activités de collaboration et de présenter l’occupation nippone sous un aspect trop sympathique. Le cinéphile averti a cependant bien conscience que l’occupation japonaise fut bien loin d’être une sinécure, et des métrages viennent régulièrement le rappeler, tel que « Mal-Mo-E: The Secret Mission » (2019), présenté dernièrement sur ce blog. « Blue Swallow » se concentre en fait sur le terrible traitement que Park Kyung-won et Ji-hyeok (Kim Joo-hyuk), l’élu de son cœur, ont subi aux mains des Japonais, ainsi que les choix difficiles, tout comme les sacrifices qu’ils furent forcés de faire pour transformer leurs rêves en réalité. 

Le scénario concocté par Lee In-hwa et Yoon Jong-chan, ce dernier endossant également la casquette de réalisateur du film, permet rapidement de comprendre que les cinéastes ont délibérément choisi le ton du récit comme étant une histoire romancée basée sur la vie de Kyung-won, plutôt qu’une biographie. Passées les premières minutes qui dépeignent l’enfance du principal protagoniste et qui expliquent l’origine de ses motivations, le film nous projette rapidement dans la période adulte de l’héroïne, lors de son arrivée à l’académie de pilotage. On peut ainsi suivre son engagement pour mener à bien ses objectifs, puis sa passion grandissante pour Han Ji-hyeok (Kim Joo-hyuk). Elle ne cessera de nourrir l’espoir d’une vie épanouie et heureuse malgré des contraintes autoritaires, toujours croissantes, accompagnées d’une tension grandissante avec l’approche de l’engagement du Japon dans la Seconde Guerre mondiale. 

Toutefois, « Blue Swallow » peut largement être considéré comme un fil épique dans tous les sens du terme. Mais même cette analyse ne parvient pas à traduire la beauté qu’il dégage, à la fois dans sa photographie et dans l’écriture du récit qui dégage une sincérité tout en étant singulièrement poignant. On peut aller jusqu’à dire que ce métrage trouve sa place dans la liste des films les plus somptueux à visualiser. Pour cela, on peut féliciter Yoon Hong-sik pour son travail dans le choix des lieux, des lumières, de la mise en beauté des décors, des costumes et des véhicules, qui permettent au spectateur de s’immerger dans l’époque du récit. L’ensemble est superbement combiné à une partition musicale époustouflante signée par Michael Staudacher. Cet assemblage, fait de ce film un régal pour les yeux, les oreilles, et même pour le cœur, car les émotions sont au rendez-vous.

La mise en images de Park Kyung-won est l’occasion d’utiliser des vues panoramiques dans les séquences aériennes du film, mais par bonheur, elles sont également présentes dans la représentation de sa vie sur le terrain, du moins jusqu’à ce que les principaux protagonistes du récit tombent aux mains des Japonais, et plus précisément des militaires. À partir de ce stade, les couleurs chaudes et estivales laissent leurs places à la morosité des teintes hivernales ce qui peut être vu comme un parallèle à l’assombrissement de la vie de Kyung-won, même si la qualité des visuels demeure. On peut signaler aux âmes sensibles que dans cette partie du film quelques scènes de tortures peuvent s’avérer assez insupportables visuellement. Cela est largement compensé par la qualité et l’efficacité des séquences aériennes susmentionnées. On les retrouve essentiellement à deux étapes de l’histoire. La première étant la compétition à mi-parcours du métrage, et la seconde étant le vol longue distance entrepris par Kyung-won conduisant à la conclusion du film. Bien qu’il soit évident qu’une grande partie de ces séquences fut réalisée à l’aide d’images de synthèse, elles sont si réalistes qu’on en reste scotché à son fauteuil tout du long. 

« Blue Swallow » est également servi par une très bonne distribution. Park Kyung-won est incarné par la regrettée Jang Jin-young, malheureusement décédée en septembre 2009 des suites d’un cancer de l’estomac. L’actrice offre beaucoup de relief à son personnage, marquant profondément son désir de voler, qu’elle place au-dessus de toute chose. Néanmoins, elle va sombrer dans une profonde dépression après la disparition de son compagnon, la conduisant à prendre des risques inconsidérés. Et justement, Han Ji-hyeok est interprété par le tout aussi regretté, Kim Joo-hyuk, tristement décédé des suites d’un accident de voiture en octobre 2017. Son film posthume étant « Believer » (2018) où il offrira une superbe prestation. Dans le présent métrage, l’acteur dépeint un homme profondément amoureux, qui fera tout pour se rapprocher de sa bien-aimée, mais souffrira profondément de la passion de cette dernière, développant chez lui l’idée douloureuse qu’il passe au deuxième plan. Il sera accusé à tort de trahison par les Japonais.

En conclusion, « Blue Swallow » est un très bon film historico-romantique disposant d’une histoire basée sur des faits réels, d’une intrigue forte et d’un développement très bien structuré. Le rythme est constant, le récit est fluide et la narration est linéaire. La photographie est superbe, tant dans le domaine de la reconstitution de l’époque que dans les séquences aériennes, la bande musicale est somptueuse et vient parfaitement accompagner les moments de tension et de drame. Enfin, le montage délivré par Hahm Sung-won et Kim Hyeong-ju débouche sur un métrage d’une durée de 133 minutes qu’on ne voit pas défiler. La distribution offre de très bonnes prestations, nettement dominées par les performances de Jang Jin-young et Kim Joo-hyuk dans les rôles principaux. L’ensemble est pleinement captivant avec un ascenseur émotionnel assez puissant. À découvrir… 

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À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

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