Corée du Sud, Crime - Policier, Drame, Netflix, Thriller

NIGHT IN PARADISE (2021) ★★★★☆


Alors qu’il se cache sur l’île de Jeju après une violente tragédie, un truand dont la vie est mise à prix se lie d’amitié avec une femme en proie à ses propres démons…

« Nagwonui bam » (낙원의 밤), ou « Night in Paradise » pour la distribution internationale, est un thriller sud-coréen datant de 2021, écrit, produit et réalisé par Park Hoon-jung, à qui l’on doit également « V.I.P. » (2017). Les acteurs principaux sont Uhm Tae-goo, qu’on a pu voir dans « The Great Battle » (2018), Jeon Yeo-been, qu’on a pu voir dans « Forbidden Dream » (2019), Cha Seung-won, qu’on a pu voir dans « Man on High Heels » (2014), et Lee Ki-young, qu’on a pu voir dans « A Bittersweet Life » (2005). La première mondiale de ce métrage a eu lieu le 3 septembre 2020 au 77ème Festival International du film de Venise. Il est disponible en streaming sur Netflix depuis le 9 avril 2021. 

L’histoire proposée par « Night in Paradise » nous invite à suivre Park Tae-goo (Uhm Tae-goo), l’un des bras armé du chef de gang Yang. Après que sa sœur et sa nièce soient assassinées, il décide de se venger en tuant le chef du clan adverse, à qui il impute la responsabilité de ce double homicide. Tae-goo est alors envoyé se mettre au vert sur l’île de Jeju. Il y rencontre Jae-yeon (Jeon Yeo-been), une femme en phase terminale d’une maladie rare. Bien que fondamentalement différents, les deux se retrouvent autour d’un point commun, l’absence d’avenir. Lorsque le Directeur Ma (Cha Seung-won) débarque sur l’île pour venger la mort du leader de son gang, les choses se compliquent et les cadavres s’amoncellent… 

Le scénario concocté par Park Hoon-jung est posé, réfléchi et intelligent avec un contraste très puissant entre les rythmes imposés par le récit. Gardons à l’esprit que Park Hoon-jung, qui endosse sur ce métrage une triple casquette de scénariste, de producteur et de réalisateur, s’est fait connaître avec l’écriture du scénario de l’incontournable « I Saw the Devil » de Kim Jee-woon paru en 2010, avant de se lancer lui-même dans la mise en scène sur la base de ses propres scénarios, avec d’excellents métrages, comme « New World » (2013), « The Tiger: An Old Hunter’s Tale » (2015) ou encore « V.I.P. » (2017). Il est évident que certains spectateurs trouveront certains passages de « Night in Paradise » trop longs et se focaliseront sur les scènes d’action. Mais c’est justement ce rythme très lent qui amène l’intensité des scènes d’action. Cela est présent dès les premières minutes du film. Pour exemple, la scène où Tae-goo (Uhm Tae-goo) vient récupérer sa sœur et sa nièce à l’aéroport. Une tension s’installe, amplifiée par l’excellente bande musicale orchestrée par le tout aussi excellent Mowg. On s’attend clairement à ce que la voiture explose lorsqu’elle s’éloigne sous les yeux de Tae-goo qui la suit du regard. 

Le genre est très facile à cerner pour « Night in Paradise« . Le film de gangsters est une constante dans l’univers du cinéma coréen. Chaque année voit son lot de films de gangsters émergé, dont certains marquent indéniablement des points. Cela étant dit, ce métrage offre bien plus qu’une succession de scènes violentes et sanglantes. Personnellement, à travers les personnages de Tae-goo (Uhm Tae-goo) et de Jae-yeon (Jeon Yeo-been), un drame articulé sur l’absence de perspective, sur l’absence d’avenir. Jae-yeon souffre d’une maladie qui semble incurable, et s’attend à partir du jour au lendemain. Tae-goo a bien conscience que ses heures sont comptées, son geste de vengeance ne peut rester sans conséquence. L’un comme l’autre vivent dans l’attende de l’inévitable. Et malgré leur différence, malgré le contraste de leur personnalité, malgré leur divergence, ils vont finir par se trouver dans une relation plus proche de la fraternité que de la romance. 

Park Hoon-jung, prend le temps d’installer ses personnages. J’ai adoré le côté taciturne de Tae-goo. La lenteur de ses mouvements, son aspect posé, calme. Ses gestes détendus, maîtrisés. Il perd de sa superbe face Jae-yeon, ses actions déraisonnées, son attitude suicidaire, son insolence, son irrespect, limite sa grossièreté. Ils finiront par fusionner, et même à l’article de la mort, trouveront le temps de plaisanter dans un jeu de phrases qui leur appartient. Reste ce que j’attendais le plus avec ce métrage. La prestation de Cha Seung-won, probablement mon acteur coréen préféré. Une fois de plus, je dois avouer qu’il a pleinement comblé mes attentes. Le gangster dans toute sa splendeur. Un petit côté raffiné, une prestance remarquable, un charisme évident. Le juron inévitable, un air nonchalant par endroit et la menace dans le verbe. À bien y regarder, il ne se salit guère les mains lui-même et sa sortie est accompagnée d’une excellente pointe d’humour. 

En ce qui concerne les valeurs de productions, il est difficile de trouver des défauts à ce film. La photographie, proposée par Kim Young-ho est magnifique, profitant des beautés naturelles de l’île de Jeju, réputée pour ses stations balnéaires et son paysage volcanique. La séquence de clôture du film propose un passage en revue des principaux lieux de l’action du récit. Comme je l’ai déjà précisé précédemment, la bande musicale réalisée par Mowg, Lee Sung-hyun de son vrai nom, vient parfaitement accroître l’atmosphère et les tensions du récit. Enfin, le montage délivré par Jang Rae-won, débouche sur un métrage de 131 minutes durant lesquelles le spectateur est plongé dans l’état d’esprit de deux personnages que tout oppose, mais qui se rejoignent pour un baroud d’honneur sanglant.

En conclusion, « Night in Paradise » est un très bon thriller dramatique disposant d’une histoire basique, d’une intrigue réfléchie et d’un développement pointilleux. Le rythme oscille entre violence extrême et lenteur assumée, le récit est fluide et la narration est linéaire. La photographie est splendide, la bande originale est somptueuse et le montage est rigoureux. La distribution offre de très bonnes prestations. Le duo formé de Uhm Tae-goo et Jeon Yeo-been matche superbement, au service de personnages complexes qui ne basculent pas dans le stéréotype, et enfin, la performance de Cha Seung-won est à la hauteur de nos attentes. Les scènes d’action sont maîtrisées et spectaculaires alors que les scènes dramatiques offrent une réflexion sur la relativité de l’existence. Un film à voir… 

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À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

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