Corée du Sud, Thriller

HANDPHONE (2009) ★★★✭☆


Un impresario est sur le point de faire une grosse campagne marketing pour l’une de ses clientes, une jeune actrice prometteuse. Mais il découvre une vidéo compromettante à son sujet. Après maintes tractations, il arrive à récupérer l’enregistrement, mais commet l’erreur d’oublier son téléphone dans un café. Dans celui-ci, se trouve la fameuse vidéo, et bien d’autres choses. C’est le début des problèmes…


« Haendeupon » (핸드폰), ou « Handphone » pour la distribution internationale, est un thriller sud-coréen datant de 2009, écrit et réalisé par Kim Han-min, à qui l’on doit également « War of the Arrows » (2011), « The Admiral: Roaring Currents » (2014) , et dont on attend la sortie prochaine de « Noryang », film historique qui aborde la bataille du même nom, marquée par la première utilisation importante de bateau tortue, premier navire blindé à livrer bataille en haute mer. 
Les acteurs principaux sont Uhm Tae-woong, qu’on a pu voir dans « Forever the Moment » (2008), Park Yong-woo, qu’on a pu voir dans « Children… » (2011), Park Sol-mi, qu’on a pu voir dans « Paradise Murdered » (2007), et Hwang Bo-yeon, qu’on a pu voir dans « The Weight » (2012). Ce métrage est paru en salles coréennes le 19 février 2009 et aura attiré plus de 2 millions 600 mille spectateurs. 

L’histoire proposée par « Handphone » nous invite à suivre Oh Seung-min (Uhm Tae-woong), un talentueux impresario qui semble obtenir la consécration avec sa dernière découverte. Cependant, il reçoit une vidéo sur son téléphone portable, montrant sa cliente, une jeune actrice en herbe, dans des positions défavorables pour sa carrière. Il fait du coup l’objet d’un chantage, mais parvient néanmoins à récupérer par la force les originaux tout en neutralisant le maître chanteur. Toutefois, peu de temps après, il perd son téléphone portable, dans lequel la vidéo compromettante est toujours stockée. Un inconnu le contacte avec son propre téléphone et lui promet de lui restituer l’objet, tout en jouant avec ses nerfs. Finalement, l’inconnu oblige Seung-min à lui rendre des services de plus en plus violents. Un jeu qui devient de plus en plus dangereux, mettant l’impresario et sa femme, Jeong-yeon (Park Sol-mi), en danger….

« Handphone » est donc un thriller. Un pur thriller. Toutefois, au fur et à mesure que Kim Han-min installe le développement de sa mise en scène, le spectateur peut prendre conscience qu’il y a bien plus dans ce métrage. Pour celui qui s’en donnera la peine, on peut relever une critique de la société coréenne (mais pas que…) sur l’utilisation abusive du téléphone portable et surtout sur les éléments de notre vie qu’on lui confie. Sachant que ce film date d’il y a une dizaine années, on ne peut que constater que les choses ne se sont guère améliorées. Le scénariste-réalisateur positionne les deux principaux protagonistes de son histoire de manière à ce qu’ils s’installent comme des décalcomanies de la société dans laquelle ils évoluent. Chacun pourra opter de s’identifier ou pas à ces personnages. 

Du point de vue des personnages, dès le début, le film ne cache pas le fait que Seung-min est un personnage abject qui n’est qu’à la recherche du développement de sa propre carrière, n’hésitant pas à exploiter les autres, tout en étant singulièrement irrespectueux envers ses subalternes. En outre, il délaisse son épouse, de sorte qu’elle a même une relation avec quelqu’un d’autre. Il ignore scrupuleusement les signaux d’avertissement qu’elle lui adresse. Néanmoins, nous sommes clairement chagrinés, voire désolés pour lui lorsqu’il perd son téléphone, nous renvoyant probablement à notre propre état d’esprit si une telle mésaventure nous arrivait. Lorsqu’il reçoit les premiers appels de l’étranger qui a mis la main sur son portable, il est rapidement clair qu’il se trouve face à un psychopathe, limite tueur en série, tant le style est caractérisé. Les choses sont néanmoins plus complexes. 

Finalement, les deux principaux protagonistes de cette histoire ont des motifs qui s’expliquent clairement pour justifier leurs actions, même si ceux-ci ne sont pas immédiatement apparents. Ce qui commence par une simple perte d’un téléphone portable bascule dans une sorte de spirale infernale qui sombre de plus en plus vers une réalité mortifère. Seung-min finit par se libérer du rôle de victime pour devenir l’agresseur. Le concept de l’arroseur arrosé prend alors toute sa dimension. Dans une certaine mesure, Lee-gyu est déjà une sorte de victime de la société. Les scènes dans lesquelles il doit de laisser humilier par des consommateurs sous prétexte que le client est roi, permettent de le percevoir de manière sympathique, ayant finalement de la commisération pour lui. Quelques petits aspects, dont la situation de sa mère, interviennent tout au long du récit, de manière à ce que le personnage apparaisse comme étant dans une situation de rupture. Cette fracture, cette fissure explique pourquoi la découverte du téléphone portable est un moyen de défoulement pour lui, une sorte d’exutoire à ses frustrations. Cela étant dit, le fait que nous puissions comprendre ses motivations ne justifie en rien ses actions, mais cela le rend nettement plus crédible. 

Pour ce qui est des aspects négatifs, on notera les trop nombreux rebondissements de situation. Le métrage s’épuise à l’instar de la batterie du téléphone portable, notamment à l’image de l’épilogue inutilement long. On peut également s’étonner du peu de réactions du public, et même des agents de sécurité lors des affrontements en plein magasin, dans les parkings ou même dans la rue. D’un autre côté, cette passivité s’observe de plus en plus dans nos sociétés modernes et le très bon « The Witness » de Jo Kyu-jang paru en 2018 venait parfaitement illustrer ce point. On s’étonnera également de la violence et de la détermination dont fait preuve Seung-min lorsqu’il doit défendre ses intérêts qui contrastent fortement avec son apathie lorsqu’il est malmené par Choi (Park Gil-su), son usurier. 

En conclusion, « Handphone » est un bon thriller disposant d’une histoire originale, d’une intrigue à rebondissement et d’un développement qui s’étire inutilement. Le rythme est soutenu, le récit est fluide et la narration est linéaire. La photographie proposée par Park Sang-hun est simple mais propre, la bande musicale délivrée par Kim Sun-min est agréable et le montage nous offre un métrage de 137 minutes. La distribution offre de bonnes prestations et la confrontation entre Uhm Tae-woong et Park Yong-woo est assez équilibrée au niveau de leurs performances. L’ensemble est suffisamment captivant pour qu’on consacre du temps pour visionner ce film…

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À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

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