Corée du Sud, Drame, Thriller

SEVEN YEARS OF NIGHT (2018) ★★★★☆


Un homme jette le corps d’une fille dans un lac après l’avoir accidentellement tuée avec sa voiture par une nuit sombre et brumeuse. Le père n’a alors plus que pour but d’identifier le meurtrier, puis de venger la disparition de son enfant.

« 7 Nyeonui Bam » (7년의 밤), ou « Seven Years of Night » pour la distribution internationale, est un thriller dramatique sud-coréen datant de 2018, co-écrit et réalisé par Choo Chang-min, à qui l’on doit également « Masquerade » (2012). Les acteurs principaux sont Ryu Seung-ryong, qu’on a pu voir dans « Miracle in Cell No. 7 » (2013), Jang Dong-gun, qu’on a pu voir dans « No Tears for the Dead » (2014), Song Sae-byeok, qu’on a pu voir dans « The Sound of a Flower » (2015), et Go Kyung-pyo, qu’on a pu voir dans « Man on High Heels » (2014). Le film est basé sur un roman du même nom écrit par Jeong You Jeong. Ce métrage est paru en salles coréennes le 28 mars 2018.

L’histoire proposée par « Seven Years of Night » nous invite à suivre Choi Hyun-soo (Ryu Seung-ryong), un homme marié, père d’un jeune garçon, qui cherche à régler ses problèmes financiers, accablé par les paiements hypothécaires qu’il a contracté pour rembourser l’achat d’un nouvel appartement, sur lequel sa femme insistait lourdement. Cependant, son petit salaire d’agent de sécurité, ne suffit pas et il doit louer son appartement tout en acceptant un emploi dans l’arrière-pays, avec un modeste appartement de fonction. Hyun-soo doit se rendre sur place pour vérifier les lieux. 

En soirée, alors qu’il a un peu trop taquiné la bouteille et que la brume se fait de plus en plus épaisse, il finit par se perdre, et dans un moment d’inattention, il vient percuter et tuer une fillette qui s’est précipitée inopinément sur la route. La stupeur passée, il jette son corps dans le lac formé par le barrage, depuis le haut de la falaise. Bien qu’il tente de retrouver une attitude de normalité tout en s’installant dans son nouveau logement avec son épouse et son fils. Cependant, il est entouré d’éléments qui lui rappellent son crime, le plongeant dans une profonde détresse. Rapidement, des recherches s’organisent pour retrouver l’enfant, et bientôt, des plongeurs récupèrent le corps de la jeune victime dans le lac. Le père de l’enfant, Oh Young-je (Jang Dong-gun), veut désormais identifier l’auteur de ce crime et se venger…

Le thème du parent qui cherche à venger un acte condamnable et répréhensible contre son enfant, est un thème qui revient de manière récurrente dans le cinéma coréen. De « Sympathy for Mr.Vengeance » de Park Chan-wook en 2002, à des métrages plus récents tel que « The Truth Beneath » de Lee Kyoung-mi, lorsque ces films rencontrent le public, ils ont un certain impact auprès de ceux qui possèdent ce besoin primitif de protéger nos proches. « Seven Years of Night » est donc l’une des dernières entrées dans le registre du parent vengeur tout en marquant la deuxième exploitation d’un roman de Jung Yoo-jung, après « Shoot Me in the Heart » (2014). 

Choo Chang-min, qui signe ici son retour depuis l’excellent « Masquerade » (2012), et ses deux co-auteurs, Lee Yong-yeon et Kim You-pyung, livrent un scénario très soigné, très intéressant. Les deux principaux protagonistes offrent deux visages bien distincts l’un de l’autre. D’un côté Hyun-soo sombre progressivement dans la dépression, puis dans la démence, rongé par la culpabilité de son acte criminel. De l’autre, le calme apparent de Young-je, père de la victime, qui nourrit une volonté profonde de vengeance. La personnalité de ce dernier est d’ailleurs terriblement complexe, ayant un tempérament toxique avec des abus de violence sur sa fille ainsi que sur sa femme, tel qu’on ne puisse jamais éprouver la moindre empathie envers lui. Il est évident que les cinéastes ont préparé le terrain pour l’affrontement épique des deux protagonistes, dans la dernière partie du film.

La structure narrative proposée par Choo Chang-min est particulièrement intéressante. La culpabilité rongeante éprouvée par Choi Hyun-soo permet au réalisateur d’introduire des séquences de flashbacks répétitives, à la limite du mystère, destinées à conceptualiser l’état d’esprit du personnage en raison de son passé traumatique. Cette narration est structurée sur trois époques distinctes. Le temps présent où Choi Hyun-soo attend son heure dans le couloir de la mort et où Oh Young-je tente de jouer sa dernière carte en focalisant sa vengeance sur Seo-won (Go Kyung-pyo), le fils de Hyun-soo. Le temps où se sont déroulés les faits, soit sept années auparavant, et un passé nettement plus lointain, lorsque Hyun-soo, incarné à ce stade par Jung Joon-won, était un jeune adolescent. 

La pièce maîtresse de l’action est probablement la longue confrontation entre les deux principaux protagonistes autour et sur le barrage. Les deux principaux acteurs, soit Ryu Seung-ryong et Jang Dong-gun, offrent d’excellentes prestations au service de personnages très marqués. Les valeurs de productions sont tout à fait remarquables. En revanche, le travail de traduction est une véritable catastrophe et les sous-titres sont parfois à la limite de l’incompréhensible. Cet aspect peut fortement gâcher le plaisir du film et il est donc nécessaire d’être particulièrement concentré afin que notre cerveau soit en mesure de remplir les vides et/ou de remettre les choses dans le bon ordre.

En conclusion, « Seven Years of Night » est un très bon thriller dramatique disposant d’une histoire classique de vengeance, d’une intrigue saisissante et d’un développement captivant. Le rythme est cohérent, le récit peut apparaître comme nébuleux par endroits et la narration navigue entre différentes époques. La photographie délivrée par Ha Kyoung-ho est intéressante avec une part importante dédiée aux scènes de nuit et avec une omniprésence de l’eau. La bande musicale délivrée par Koo Ja-wan et Park Ji-man vient agréablement accompagner le récit et le montage soumis par Shin Min-kyung nous offre un métrage de 123 minutes pleinement prenantes permettant de ne pas voir le temps passer. La distribution offre de bonnes prestations cependant supplantées par les performances de Ryu Seung-ryong et de Jang Dong-gun. L’ensemble est séduisant malgré la mauvaise qualité de la traduction… À voir !

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À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

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