Aventure, Corée du Sud, Historique

THE MAP AGAINST THE WORLD (2016) ★★★★☆


À une époque où les cartes étaient incompréhensibles, certaines inaccessibles pour le peuple et que d’autres n’étaient absolument pas fiables, le père de Kim Jeong Ho décède en raison d’une carte erronée. Son fils est alors déterminé à faire sa propre carte accessible à tous. Il commence par parcourir le pays de long en large pendant de longues années. Cependant, obnubilé par sa carte, il en oublie sa propre fille, Sun Sil, qui a grandi seize ans sans lui. Lors de sa finalisation, le Roi Daewongun cherche à s’accaparer cette carte pour des fins personnelles…


« Gosanja, Daedongyeojido » (고산자, 대동여지도), ou « The Map Against the World » pour la distribution internationale, est un film historique sud-coréen datant de 2016, réalisé par Kang Woo-seok, à qui l’on doit également « Fist of Legend » (2013). Les acteurs principaux sont Cha Seung-won, qu’on a pu voir dans « Night in Paradise » (2021), Yu Jun-sang, qu’on a pu voir dans « Hotel by the River » (2019), Kim In-kwon, qu’on a pu voir dans « The Battle of Jangsari » (2019), Nam Ji-hyun, qu’on a pu voir dans « Tunnel » (2015), et Shin Dong-mi, qu’on a pu voir dans « Me and Me » (2018). Ce métrage est paru en salles coréennes le 07 septembre 2016. 

L’histoire proposée par « The Map Against the World » nous invite à suivre Kim Jeong-ho (Cha Seung-won), qui enfant a vu son père perdre la vie en raison d’une carte topographique incorrecte. Devenu adulte, Jeong-ho entreprend de tracer l’ensemble de la Corée avec un souci du détail afin que les personnes qui seront amenées à les utiliser ne vivent plus de mésaventures. Cependant, Jeong-ho évolue au XIXe siècle, une période troublée. Une époque où l’accès à l’information était limité aux personnes au pouvoir. Les cartes étaient considérées comme des éléments d’information importants auxquels seule l’élite pouvait avoir accès. Les restrictions entourant ces informations avaient pour objectif de contrôler, de manière autoritaire, les citoyens. Les rois successifs et les représentants du gouvernement exerçaient une surveillance aiguë en ce qui concerne les voyages, la religion et la propriété immobilière afin d’éviter tout bouleversement politique qui aurait pu défier leur assise du pouvoir.

À cette époque, les cartes étaient éditées et contrôlées par l’Etat et leur diffusion était restreinte de crainte que les informations qu’elles contenaient puissent servir l’ennemi étranger, voire à des complotistes visant à déstabiliser le pouvoir en place. Notez toutefois qu’une fois passé le premier quart d’heure, composé de visuels époustouflants, il n’y a que relativement peu de temps consacré à l’exploration. Le scénario concocté par Choi Jeong-mi (Shoot My Heart) prend la sage décision de se concentrer sur des questions moins passionnantes mais nettement plus intrigantes. Comment et pourquoi les cartes sont faites. Afin de réaliser ces cartes il était nécessaire de se rendre sur place et de reproduire le plus fidèlement possible ce que l’on observe. Il faut ensuite restituer ses observations sur des tablettes en bois qui serviront de matrice à l’impression. 

Kang Woo-seok, le réalisateur, met l’accent sur l’importance pour le public de pouvoir accéder librement aux informations, raison primaire pour laquelle Jeong-ho a entrepris son voyage de quatre années pour cartographier son pays dans l’optique de fournir au peuple coréen une carte précise. À son retour, le travail de Jeong-ho était de superviser ce qui semblait être la première archive cartographique nationale de Corée où les gens copiaient des cartes à la main. Mettant en évidence le risque que la copie à la main puisse conduire à des erreurs et à de la désinformation. Cela conduit le personnage principal a en déduire que la gravure de cartes détaillées en bois, afin qu’elles puissent être produites en série, serait à la fois précise et plus facile à partager. Dans ce qui s’apparente être l’avènement de l’impression de masse, la diffusion d’informations est politiquement dangereuse pour un gouvernement qui choisit de contrôler le peuple. En outre, comme le démontre la scène où Kim Jeong-ho est accusé d’avoir volé des arbres dans une propriété privé, l’influence de la cartographie a un impact sur les droits fonciers. 

Bien qu’importante, la passion de Jeong-ho pour la cartographie l’a amené à sacrifier ses relations avec autrui, en particulier avec sa femme et sa fille. Lors de son retour de voyage de quatre années, il ne reconnaîtra pas Soon-sil (Nam Ji-hyun), sa propre fille, devenue adulte. Bien que la relation entre ce père et sa fille est présentée avec de nombreuses pointes d’humour, elle viendra se conclure par le drame, pointant au passage la persécution des chrétiens, le plus souvent mis à mort par les autorités gouvernementales. Ceci démontre une vision très négative du gouvernement de Joseon, là où Jeong-ho s’est simplement concentré sur ses objectifs sans tenir compte des considérations politiques. La grande carte de la Corée a finalement pu être achevée par le principal protagoniste du récit, mais seules quelques pièces ont survécu jusqu’à nous et peuvent être contemplées dans des musées comme le montre la séquence du générique de clôture du film. 

En conclusion, « The Map Against the World » est un très bon film historique, disposant d’une histoire originale, d’une intrigue simple et d’un développement émouvant. Le rythme est modéré, le récit est fluide et la narration est linéaire dans l’ensemble. La photographie est superbe, les décors naturels sont magnifiques, le travail sur les décors et les costumes sont très beaux. La bande musicale délivrée par Jo Yeong-wook vient harmonieusement accompagner les moments de tension et de drame. Le montage proposé par Kim Sun-min nous offre un métrage d’une durée de 129 minutes pleinement captivantes. La distribution offre de très bonnes prestations, cependant dominées par l’excellente performance de Cha Seung-won qui montre une nouvelle fois l’étendue de son talent. Finalement, « The Map Against the World » vient s’inscrire dans une lignée de films qui nous font découvrir des aspects méconnus de l’histoire, tels que « Forbidden Quest » (2006) pour les romans érotiques, « The Grand Heist » (2012) et l’importance des pains de glace, « Forbidden Dream » (2019) pour des inventions avant-gardistes, ou encore « The Royal Tailor » (2014) pour l’art du vêtement. 


THE MAP AGAINST THE WORLD par Alexandre

« Superbes images de la Corée »

Immédiatement, nous sommes saisis par la beauté des images qui ouvrent le film, une procession royale au milieu des montages. Les paysages grandioses vont se succéder tout au long des voyages de notre héros à travers son pays. Une superbe carte postale pour l’office du tourisme coréen, vous allez en avoir pour vos yeux, aucun souci.

L’histoire mélange quelque peu les sujets avec les voyages du héros pour dessiner des cartes, les luttes de pouvoir au sein de la Cour, la vie à la campagne coréenne au 18ème siècle, les répressions chrétiennes,… Il y a beaucoup de sujets abordés, peut-être un peu trop, mais cela donne un rythme sans temps mort au film. La reconstitution de l’époque est très soignée. On se perd un peu dans les machinations politiques d’un pays en déclin. Les exécutions de chrétiens ne sont pas présentées dans leur contexte et servent de ressort dramatique majeur au film et à son héros.

La visite du pays finit par du tourisme nationaliste avec l’île de Uh-san, connue aujourd’hui comme l’île de Dokdo qui fait l’objet depuis des siècles d’une revendication territoriale entre Corée et Japon. Chacun sort ses documents du 1er siècle pour revendiquer la découverte de ce territoire de quelques kilomètres carré. Cela ne semble pas indispensable, et le ban de phoques en CGI conduit la scène à la limite du ridicule. Bref ne montrez pas ce film à un japonais traditionaliste… Le reste du monde et les français ne prennent pas partie et dénomme l’archipel les Rocher Liancourt (en français SVP).

CHA Seung-won est excellent comme à son habitude (Man on High Heels). Son choix de présenter le personnage (ou la direction d’acteur) rend clairement hommage au patrimoine du cinéma coréen et japonais, qui n’hésite pas à en appeler à ces figures à la fois bêta et humanistes que l’on retrouve dans les années 50 et 60. On s’attache également au second rôle masculin interprété par YU Jun-sang qui est solide. Les personnages féminins sont quant à eux assez communs.

En conclusion, un très bon spectacle parfaitement interprété et rythmé avec des visuels splendides mais qui se perdent dans les intrigues politiques bien éloignées de nos préoccupations et des scènes trop appuyées où on nous sort l’artillerie de l’orchestre philharmonique pour bien nous faire comprendre la dramatique de certaines scènes. Vous passerez somme toute un bon moment. Ce film est à voir en grand écran, ce serait dommage de le voir sur un écran d’ordinateur portable, vous louperiez les 2/3 de l’intérêt du film.


THE MAP AGAINST THE WORLD par Sandra

Un film intéressant par rapport au sujet traité mais je m’attendais à quelque chose de plus marquant et de plus créatif. Je pensais qu’on verrait plus le côté « mise en place de la carte » et pas le fait qu’il ait créé cette carte et toutes les souffrances qui va en découler.

On va avoir affaire à beaucoup d’étroitesse d’esprit, de tortures et de morts dramatiques. Ce film aborde même la persécution des coréens chrétiens. Encore une fois, on voit bien à quel point on avait droit à aucune liberté de penser, sinon on risque d’être torturé et exécuté.

Le côté « comédie » avec la famille de Jeong Ho était plaisante. J’ai bien aimé retrouver Nam Ji Hyeon(Warrior Baek Dong Soo, Queen Seon Deok, Suspicious Partner…) qui joue le rôle de sa fille qui adore son papa malgré qu’il ne lui montre pas la même adoration . Bien évidemment, Cha Seung Won est toujours excellent, amusant et poignant dans son rôle. Mais pour moi, ça s’arrête là. J’avoue ne pas garder grande impression du film malgré la bonne qualité de réalisation.

En conclusion, un film de qualité qui retrace une histoire intéressante et finalement importante mais qui, pour moi, ne va pas assez en profondeur. J’aurais voulu voir le côté créatif, la mise en place de cette carte et les difficultés rencontrées en le faisant. Mais ils ont préféré orienter le film vers un côté plus dramatique.


THE MAP AGAINST THE WORLD par Véronique

J’ai eu l’occasion de voir Kim In Kwon dans :
– Born to Sing (en looser qui rêve de devenir chanteur)-Film
– Angel Last Mission (en prêtre)-Drama
– Mr Queen (en cuisinier royal)-Drama

Bien que n’ayant pas apprécié le film cité ci-dessus, il a eu des rôles plutôt sympas.
J’ai beaucoup apprécié sa prestation dans la sélection du mois.
Il y a aussi la charmante Nam Ji-hyon vue dans :
– Suspicious Partner, Drama
– 100 Days my Prince, Drama
– Shopping King Louis, Drama.

J’ai été agréablement surprise de pouvoir la voir dans un film cette fois-ci.

Et enfin Cha Seung-won, dans le rôle principal d’un cartographe obnubilé par la création de cartes géographiques de la Corée au point de faire passer son obsession avant tout le reste. Obsession due, en majeure partie, à la mort de son père.

Le dernier rôle dans lequel je l’avais vu était dans « Sans Issue », un drama où il jouait un rôle de flic. Étonnamment, pour les avoir vu rapprochés, j’ai trouvé des similitudes dans ces deux rôles.
Même si j’ai aimé sa prestation, je l’ai trouvé un peu trop « benêt » à mon goût. Même en étant obsédé par la réalisation de ses cartes, nous aurions pu avoir un personnage plus intelligent. »

Quant au film, celui-ci est basé sur le roman de Park Bum-shin, paru en 2009. Gosanja ou « l’homme de la montagne ancienne ». On y voit de beaux paysages de la Corée, les débuts de « l’imprimerie » (le passage sur la gravure des tablettes en bois est sympathique) et aussi un thème qui aurait peut-être pu être plus approfondi (mais ce n’était pas le sujet du film) la persécution des premiers catholiques en Corée.
Ça m’a donné envie de lire le livre si j’arrive à le trouver.

Je recommande ce film pour ces paysages et pour le jeu des acteurs même si je n’ai pas cité tous les noms.


THE MAP AGAINST THE WORLD par Aurélie

J’ai beaucoup aimé ce film, j’aime généralement les films sur l’histoire.

Lorsqu’il est encore jeune, Kim Jeong Ho perd son père à cause d’une mauvaise carte géographique.

Suite à cela, Kim Jeong Ho en grandissant décida de devenir cartographe et parcours la Corée en créant le « Daedongyeojido » 대동여지도 ( qui signifie la grande carte du pays de l’est)

Bien entendu, il y a une petite guérilla avec les clans de la noblesse qui veulent s’emparer de la carte.

Le film est très bien, les différents acteurs jouent très très bien, Cha Seung Won joue à ravir son personnage. Les paysages sont superbes même si l’on voit que certaines scènes sont des images de synthèse (comme le Mont Baekdu, basé en Corée du Nord). On en apprend plus sur un personnage phare de l’histoire et qui avait malheureusement été oublié car non noble.

Je trouve incroyable qu’il ait pu protéger certaines planches de ses maps et qu’elles aient été retrouvées presque 500 ans après !

On en apprend aussi sur la religion catholique qui était non approuvée à cette époque et qui pouvait vous faire perdre la vie.

Donc si vous êtes intéressé par l’histoire coréenne et aimez voir de beaux paysages, n’hésitez pas à le regarder.


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À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

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