Corée du Sud, Drame, Mystère, Thriller

BURNING (2018) ★★☆☆☆


Lors d’une livraison, Jong-Soo, un jeune coursier, retrouve par hasard son ancienne voisine, Hae-Mi, qui le séduit immédiatement. De retour d’un voyage à l’étranger, celle-ci revient cependant avec Ben, un garçon fortuné et mystérieux. Alors que s’instaure entre eux un troublant triangle amoureux, Ben révèle à Jong-Soo son étrange secret. Peu de temps après, Hae-Mi disparaît…

« Beoning » (버닝), ou « Burning » pour la distribution internationale, est un thriller sud-coréen datant de 2018, co-écrit et réalisé par Lee Chang-dong, à qui l’on doit également « Peppermint Candy » (1999). Les acteurs principaux sont Yoo Ah-in, qu’on a pu voir dans « Voice of Silence » (2020), Steven Yeun, qu’on a découvert dans la série télévisée The Walking Dead (2010-2016), et Jeon Jong-seo, qu’on a pu voir dans « The Call » (2020). Le film est basé sur le roman « Bar Burning » de Haruki Murakami. La première a eu lieu le 16 mai 2018 lors du festival de Cannes où il a concouru pour la Palme d’Or. Ce métrage est paru en salles coréennes le 17 mai 2018. 

L’histoire proposée par « Burning » nous invite à suivre Lee Jong-su (Yoo Ah-in), un jeune homme de 25/30 ans qui vit de par des petit-boulots tout en espérant devenir écrivain. Par hasard, au gré d’une livraison, il rencontre Hae-mi (Jeon Jong-seo), une ancienne camarade de classe. Ils sortent boire un verre et passent la nuit ensemble. Hae-mi est sur le départ, elle part pour un voyage en Afrique dans l’optique de se retrouver, de se recentrer. Elle demande à Jong-su de venir nourrir son chat durant son absence. Celui-ci accepte malgré le fait qu’il soit dans l’obligation de rentrer dans son village d’origine pour s’occuper de la ferme familiale suite à l’incarcération de son père. 

Jong-su attend avec impatience le jour où Hae-mi reviendra, sans oublier de pratiquer l’onanisme dans la chambre de la jeune femme. Lorsqu’enfin, il va la chercher à l’aéroport, elle est en compagnie de Ben (Steven Yeun) qui semble blindé de tunes. Bien évidemment, Jong-su va vite être jaloux de Ben. Alors qu’il est invité chez ce dernier, Jong-su trouve un certain nombre de bijoux féminins dans la salle de bain, laissant entendre que Ben aime conquérir les femmes. Puis du jour au lendemain, Hae-mi disparaît sans laisse de traces. Jong-su n’arrive pas à croire qu’elle soit partie sans lui donner d’explications. Ben ne semble pas en savoir plus, et est rapidement passé à une autre relation. Jong-su suit Ben jour après jour, car il a un cruel soupçon jusqu’à ce que cela devienne obsessionnel, et peu à peu, ouvre des abîmes insoupçonnés…

Les « critiques » se sont surpassées en éloges sur « Burning« . Un chef-d’œuvre sans précédent et clairement l’un des meilleurs films coréens de l’année 2018. Sachant que le réalisateur Lee Chang-dong (Green Fish, Peppermint Candy, Oasis, Secret Sunshine, Poetry) était à la mise en scène, il n’était guère étonnant que les critiques louent le film avant même de l’avoir vu. Ce réalisateur est irréprochable. Mince alors ! Sachant cela, ma critique va fatalement être nettement moins clémente, animé que je suis par le pragmatisme. Le cinéma de Lee Chang-dong, tout comme celui de Bong Joon-ho, n’est pas vraiment ma tasse de thé. « Burning » est un film à la narration incroyablement lente qui se célèbre lui-même, à l’image d’un orateur qui aime entendre le son de sa voix. La grande scène finale, qui a été saluée par beaucoup et qui vous laisse bouche bée devant votre écran pendant de longues secondes, est parfaitement risible et exactement le genre de chose que vous voyez venir des kilomètres à l’avance. Laurence, ma belle et tendre compagne me disait, dans les dernières minutes du métrage : « ça va finir en eau de boudin« … Alors je me demande où est donc la profondeur de ce travail dont le tout le monde parle concernant ce film. De mon point de vue, nulle part. 

« Burning » est le genre de film à la « Mother! » (2017) de Darren Aronofsky, à la « Grave » (2016) de Julia Ducournau, ou à la « The Neon Demon » de Nicolas Winding Refn, où si tu dis quelque chose de négatif, c’est que tu es un idiot, que tu n’as rien compris. Tu dois accepter de te prendre une volée de bois vert pendant quelques jours en étant vigilant à la modération des commentaires sur ton blog pour éviter de laisser passer des insultes et autres amabilités verbales. Vous ne pouvez qu’accepter toutes ces contrariétés, car le travail de Lee Chang-dong ne peut qu’être d’une rare subtilité. Cela ne peut donc pas être différent avec « Burning« . Où est-ce qu’on va ? 

Un étrange triangle amoureux est le point de départ de ce thriller mystérieux, qui juxtapose deux mondes différents. Jong-su est le fils d’un pauvre fermier qui s’essaye à l’écriture et pour qui le monde semble être un mystère. Ben lui est riche et gagne apparemment son argent dans son sommeil sans rien faire. Le contraste de ces deux mondes devient clair lorsque Jong-so s’assoit avec Ben et ses amis. Ceci est renforcé par la photographie proposée par Hong Kyung-pyo (SnowpiercerSea Fog, The Wailing, Parasite, Deliver Us From Evil). Une belle luminosité dans l’appartement de Ben et dans les endroits qu’il fréquente. Une absence de luminosité dans la maison en fouillis de Jong-suBen ne peut pas s’empêcher de rendre visible sa position élevée dans la société. Ses lignes de pensée philosophiques ne sont finalement que le fruit d’un esprit qui n’a jamais eu à se soucier des besoins primaires des humains. Un esprit qui finalement est rempli d’un vide intérieur. 

Ce vide conduit à des conversations et à certaines scènes singulières, comme par exemple lorsque Ben baille pendant que ses amis discutent, puis lance un sourire encourageant à Jong-su, faisant ressembler ce Gatsby le magnifique coréen à un sociopathe. Pas de doute, Steven Yeun, que personnellement, j’avais découvert dans la série télévisée The Walking Dead, mais qu’on peut également voir dans le fameux « Okja » qui me rebute autant que ce « Burning » ne le faisait, livre une performance formidable qui donne à son personnage quelque chose de charismatique et d’effrayant à la fois. Et quand il s’agit de jouer, Yoo Ah-in n’est pas en reste. L’acteur parvient à exprimer le conflit intérieur qui anime Jong-su, entre ce qu’il veut être et ses racines paysannes. Sa famille est brisée et cela lui a laissé des cicatrices émotionnelles. Lorsque Hae-mi disparaît, son imagination semble presque le rendre fou.

Maintenant, si « Burning » n’était pas aussi marqué de l’empreinte de Lee Chang-dong, une autre écriture apparaîtrait certainement, celle de Haruki Murakami. En effet, ce métrage est basé sur son roman « Barn Burning« , qui à son tour est une référence à William Faulkner, plusieurs fois mentionné dans le film. L’isolement dans une grande ville, la recherche d’un amour pour combler un vide intérieur, l’être perdu et la recherche de sens à sa propre vie sont des points qui créent une ambiance mélancolique, particulière à l’auteur nippon. Malheureusement, cela ne se transfère pas très bien à travers un film. Du coup, le métrage est beaucoup trop long et on finit par s’emmerder devant son écran. En outre, malgré mes recherches pour savoir si j’avais raté quelque chose, je ne peux qu’arriver à la conclusion suivante, non, « Burning » n’est pas un chef-d’oeuvre, et tant pis pour ceux qui ne seront pas d’accord avec moi.

En conclusion, « Burning » est un film médiocre, disposant d’une histoire vide, d’une intrigue faible et d’un développement apathique. Le rythme est terriblement lent, le récit est fluide et la narration est linéaire, en dehors d’un flashback dont on ne comprend pas à quel personnage il appartient. La photographie proposée par Hong Kyung-pyo est très plaisante par endroits, la bande musicale est agréable, empruntant au registre de Miles Davis, et le montage orchestré par Kim Hyeon et Kim Da-won, nous laisse face à un film d’une durée de 148 minutes qui aurait largement pu être amputées d’une heure pour raconter la même histoire. La distribution est probablement la seule raison qui permet à ce film de ne pas hériter de la plus mauvaise. Les prestations proposées par le trio central du récit, soit Yoo Ah-in, Steven Yeun et Jeon Jong-seo, sont excellentes. Malheureusement, cela ne suffit pas à rendre le film attractif, et seul les fans du réalisateur y trouveront peut-être leur compte. 

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À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

Discussion

Une réflexion sur “BURNING (2018) ★★☆☆☆

  1. C’est un film que je voulais voir car il a fait parler de lui à Cannes mais aussi pour son casting de Steven Yeun et Yoo Ah In. Mais j’ai très vite vu que ce film était différent, très lent sur le début, je me demandais si j’allais le continuer. Cependant, j’étais intriguée tellement l’histoire était bizarre, et j’avais quand même le sentiment de découvrir le pourquoi du comment. On a à faire quand même à des scènes très brutes, la façon dont le couple se rencontre, quand ils couchent ensemble, quand Jong Su vient nourrir ce chat invisible et comme il pense à elle, il se masturbe… Et pourtant, ce film a bel et bien une intrigue. A partir de l’arrivée de Ben, on se pose beaucoup de questions. Ben est un homme beau et riche mais on comprend vite qu’il est un peu fêlé sur les bords avec ses incendies dont il parle et dont il serait l’auteur. Mais est-ce vrai serait-il un pyromane ou est-ce un mensonge pour se faire valoir ? Tout le film repose sur des hypothèses. Et je pense que ce film a été remarqué pour ça, ce côté à ne montrer que ce que le réalisateur veut. Jong Su tire des conclusions sans en faire part à la police et juge lui-même. Particulièrement, je n’aurais pas fait ce choix là. Dans le doute, je n’aurais pas souhaité être à mon tour un monstre car, je pense qu’à la fin, c’est ce que devient Jong Su, pourtant si fragile au début. Devenant un monstre pour une jeune femme bizarre, sûrement une grosse mito et dépressive. Va savoir ! Enfin c’est un film à fin ouverte dont je ne suis pas très fan mais nous ne sommes pas complètement perdu non plus. Je pense que Ben n’est pas une complète victime non plus. Mais enfin je ne vais pas dévoiler plus de ce thriller coréen. C’est un film à voir au moins une fois pour sa différence à nous faire douter (ou pas) …

    Aimé par 1 personne

    Publié par Sandra | 09/07/2021, 14 02 36 07367

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