Comédie, Corée du Sud, Drame, Thriller

PARASITE (2019) ★★★★☆


Toute la famille de Ki-taek est au chômage. Elle s’intéresse particulièrement au train de vie de la richissime famille Park. Mais un incident se produit et les 2 familles se retrouvent mêlées, sans le savoir, à une bien étrange histoire…

« Gisaengchung » (기생충), ou « Parasite » pour la distribution internationale, est un thriller sud-coréen datant de 2019, co-écrit et réalisé par Bong Joon-ho, à qui l’on doit également « The Host » (2006). Les acteurs principaux sont Song Kang-ho, qu’on a pu voir dans « The Drug King » (2018), Lee Sun-kyun, qu’on a pu voir dans « Jo Pil-ho: The Dawning Rage » (2019), Cho Yeo-jeong, qu’on a pu voir dans « The Servant » (2010), Choi Woo-shik, qu’on a pu voir dans « Time to Hunt » (2020), Park So-dam, qu’on a pu voir dans « The Priests » (2015), Lee Jung-eun, qu’on a pu voir dans « New Trial » (2017), Jang Hye-jin, qu’on a pu voir dans « Marine Boy » (2009), Park Myung-hoon, qu’on a pu voir dans « Deliver Us From Evil » (2020), Jung Ji-so, qu’on a pu voir dans « The Tiger: An Old Hunter’s Tale » (2015), et Jung Hyeon-jun, qui fait ici ses premiers pas dans un long-métrage. La première du film s’est faite lors du Festival de Cannes le 21 mai 2019 pour devenir le premier film sud-coréen à remporter la Palme d’Or. Ce métrage est paru en salles coréennes le 30 mai 2019. Il a remporté de nombreuses récompenses à travers le monde, dont 4 prix lors de la 92e cérémonie des Oscars, meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur scénario et meilleur long-métrage international, devenant ainsi le premier film non-anglophone à remporter le titre suprême. 

L’histoire proposée par « Parasite » nous invite à suivre Kim Ki-taek (Song Kang-ho). Ce dernier vit avec sa femme, Chung-sook (Jang Hye-jin), son fils, Ki-woo (Choi Woo-shik) et sa fille, Ki-jung (Park So-dam) dans un quartier délabré, dans un appartement miteux. Tous les membres de la famille sont au chômage, mais l’un des amis de Gi-woo, lui trouve un emploi de professeur d’anglais pour la fille d’une famille aisée. Gi-woo n’est pas titulaire de la licence d’anglais, mais avec la recommandation de son ami et un faux diplôme réalisé par sa sœur, il obtient le poste. Mme Park (Cho Yeo-jeong) est rapidement convaincue par le jeune homme, et sa fille, Da-hye (Jung Ji-so) est enchantée à l’idée d’avoir un professeur aussi mignon. Rapidement, Gi-woo va conseiller la maîtresse de maison qu’une de ses connaissances pourrait venir apporter son aide au jeune fils de la famille, Da-song (Jung Hyeon-jun) et ainsi introduire sa sœur Ki-jung auprès de la famille Park. Cette dernière s’arrange pour que le chauffeur de la famille tombe en disgrâce aux yeux de Park Dong-ik (Lee Sun-kyun) et ainsi le faire remplacer par son père, Ki-taek. Désormais, la mère de Ki-woo et de Ki-jung n’a plus qu’à trouver un emploi dans le ménage. Mais se débarrasser de la gouvernante, Moon-gwang (Lee Jung-eun) s’avère plus difficile…

Autant l’avouer très tôt dans cette critique, je ne suis pas un fan du cinéma de Bong Joon-ho. Maintenant, je vais essayer d’être objectif et ne juger que sur la base de ce que j’ai vu, en faisant d’ailleurs abstraction des récompenses que ce « Parasite » a rencontré. Ainsi, donc, après avoir navigué dans les eaux internationales, le cinéaste revient vers son pays natal et nous offre ce film qui révèle un peu plus son humour noir. C’est agréable tout en permettant de reconnaître la touche singulière de ce réalisateur-scénariste. Il n’a pas perdu son style et fait de son dernier film, un drame extrêmement intéressant avec des éléments de suspense et de comédie. Comme on pouvait s’y attendre, le cinéaste incorpore également une bonne dose de critique sociale. Mais, de mon point de vue, avec un peu plus de subtilité, même si la critique du matérialisme, de la servitude et de la différence de puissance financière n’est absolument pas difficile à percevoir. On peut donc en déduire, que le réalisateur a voulu toucher un large public avec ses idées, ce qui explique peut-être le succès du film à l’international. 

« Parasite » démarre lentement, mais les personnages vous propulsent promptement dans le film. Chacun des membres de la famille Kim a ses propres caractéristiques et les découvrir petit à petit est l’un des points forts du film. Rapidement, le rythme s’accélère et différents volets de suspense s’ouvrent aux spectateurs. Dans la seconde moitié du métrage, il y a une succession de petits rebondissements qui animent l’histoire et donnent des impulsions vers d’autres directions. On se retrouve même face un à jeu de cache-cache dans la maison des Park, très bien orchestré, face auquel on est tour à tour, amusé et scotché à l’écran. C’est précisément ces éléments singuliers et dans lesquels l’humour du réalisateur transparaît, qui rendent ce film aussi attrayant. Les rebondissements sont pleinement réussis et conduisent à ce que les choses dégénèrent plus qu’on ne l’aurait imaginé. Toutefois, l’humour est toujours présent et nous conduit de manière agréable à travers la critique sociale du film.  On pourra regretter un épilogue apparemment inutile qui aurait au moins pu être raccourci. 

La juxtaposition de deux extrêmes, riche d’un côté, pauvre de l’autre, prend une tournure particulière dans « Parasite » avec une volonté de se présenter comme esclave/serviteur pour de l’argent. Avoir du personnel domestique est une question de statut pour la famille aisée. La riche épouse interprétée par Cho Yeo-jeong (The Servant) est dépeinte comme une femme naïve que le mari, incarné par Lee Sun-kyun (Helpless), ne considère guère au-delà de la partenaire sexuelle. C’est du moins ce que l’on pense au début, mais les personnages sont nettement plus complexes que cela. De l’autre côté, le père de la famille pauvre, incarné par Song Kang-ho (The Age of Shadows), apparaît comme un homme qui fuit le moindre problème et opte toujours pour la voie la plus simple. Sa femme se moque même de lui en précisant qu’il est comme un cafard qui s’enfuit dès qu’on allume les lumières. 

Du côté des valeurs de productions, on peut dire que l’ensemble est du bel ouvrage. La photographie signée par Hong Kyung-pyo (The Wailing / Burning / Deliver Us From Evil) est particulièrement belle en raison du fort contraste entre l’appartement miteux des Kim et la maison de luxe des Park. En outre, le directeur de la photographie nous propose également certains réglages de caméra qui offrent beaucoup de poids à certaines scènes et prouvent que certains prix des festivals de cinéma étaient pleinement mérités. La bande musicale proposée par Jung Jae-il (Sea Fog / Okja) donne également du relief à de nombreuses situations en accentuant la tension. Le montage effectué par Yang Jin-mo est parfaitement équilibré permettant au film de ne pas avoir de temps mort et de pleinement captiver le spectateur. 

En conclusion, « Parasite » est un très bon thriller dramatique disposant d’une histoire originale, d’une intrigue captivante et d’un développement ponctué d’humour noir. Le rythme monte progressivement en puissance, le récit est fluide et la narration est linéaire. La photographie est très belle, la bande musicale est plus qu’agréable et le montage débouche sur un film d’une durée de 132 minutes plaisantes. La distribution offre de très bonnes prestations au service de personnages attachants. L’ensemble est divertissant avec sa tension croissante et offre matière à réflexion sans pour autant s’attendre à quelque chose de trop profond. Un film qui montre à quoi peut servir le cinéma, raconter des histoires intéressantes, divertissantes et socialement critiques.

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À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

Discussion

Une réflexion sur “PARASITE (2019) ★★★★☆

  1. Je vous préviens tout de suite : le commentaire est destiné aux gens qui ont vu le film. « Risque de spoils »

    Allez, c’est parti. Je suis grandement surprise par la réalisation de ce film. Chaque détail y est et pointe pour démontrer le sujet dont Bong Joon Ho veut parler. La différence de vie entre les pauvres et les riches et bien évidemment, comment chacun se voit par rapport à l’autre.

    Du coup, mais de quoi parle véritablement ce film ? Car on peut lire tous les synopsis du monde mais personne ne raconte l’histoire du film. On a donc la famille Taek qui est très très pauvre. Pas de réseau téléphonique, pas d’internet, peu de nourriture, les deux jeunes ne font pas d’études car ils n’ont pas les moyens et les parents n’ont plus de travail. Ils vivent dans un appartement en sous-sol avec vue sur une fenêtre où un mec pisse chaque soir. On peut pas dire, Bong Joon Ho met les formes pour montrer la pauvreté extrême de cette famille. On ne sait pas comment ils en sont arrivés là, et d’ailleurs, on ne le saura jamais.

    Et un jour, tout va basculer quand un ami de Gi Woo, Min, va lui proposer de donner des cours d’anglais à la jeune Da Hye à sa place. Min est apparemment un gosse de riche aussi, et part à l’étranger. En attendant, il veut placer sa confiance en Gi Woo car il aime Da Hye et pense que Gi Woo sera un ami en or qui ne séduira pas cette demoiselle.

    A partir de là, Gi Woo va devenir prof d’anglais et comme le petit de cette famille riche aime le dessin, il va placer sa sœur comme une amie à lui très réputée pour son talent d’artiste. Par la suite, Gi Jeong va elle aussi faire en sorte de placer son père comme conducteur de M. Park et enfin la mère deviendra la gouvernante. Bref, notre famille pauvre devient une famille d’arnaqueur afin de trouver un sens à leur vie.

    On se retrouve dans des situations cocasses, certains moments sont extrêmement drôles. Les situations sont délirantes et tellement grotesques qu’on en rit. La mère, Yeon Gyo, interprétée par Jo Yeo Jong qu’on connait bien elle aussi, est une femme insouciante, riche, naïve, et nombriliste. Certaines scènes m’ont choquée, du genre quand elle donne les instructions pour la nourriture à ses trois chiens. Là tu vois que leurs chiens mangent mieux que notre famille Taek, tellement que cela en devient grotesque. Pareil pour la période de pluie qui a inondé complètement leur appartement. Elle parle dans la voiture et dit qu’il y a eu effectivement une petite averse. Elle est complètement dans son monde. Mais en soi, on fait tous pareil, alors comment peut-on les juger ?

    Ce que fait la famille Taek est mal mais peut-on leur en vouloir d’essayer de rendre leur vie meilleure d’une certaine façon ?

    Au final, personne n’est bon ou mauvais. Mais les incompréhensions, les relations, l’argent, changent l’homme. Et là, on le voit bien.

    Bien évidemment, comme je connais bien les films de Bong Joon Ho, la fin est quelque peu tragique et sanglante. Mais avec une situation pareille, ça ne pouvait pas en être autrement.

    Je trouve ce film très bien réalisé, les acteurs sont superbes et les situations comiques si je puis dire, très humour noire par moment. Après, il faut aimer le genre. Pour ma part, ce n’est pas un coup de cœur, mais je ne remets absolument pas en cause l’intelligence de ce film. Je suis complètement d’accord !

    D’ailleurs, la fin avec cet espoir et cette attente d’une vie meilleure d’une personne pauvre nous démontre encore une fois que ce qui nous reste, ce n’est que ça. L’espoir qu’un jour, ça va s’arranger. Bref, il est à voir ! Je félicite encore une fois le talent des acteurs et du réalisateur bien sûr.

    Aimé par 1 personne

    Publié par Sandra | 09/07/2021, 14 02 31 07317

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