Corée du Sud, Horreur, Mystère

EPITAPH (2007) ★★☆☆☆


En 1979, le docteur Park reçoit un vieil album de photographies des années 40. Ses parents l’obligèrent alors à se marier à une jeune fille qu’il ne connaissait pas, mais il tomba amoureux d’un cadavre qui s’avéra être celui de sa promise. Au même moment, une petite fille victime d’un accident de voiture mortel, arrive à l’hôpital sans aucune blessure et est toutes les nuits hantée par des fantômes…

« Gidam » (기담), ou « Epitaph » pour la distribution internationale, est un film d’horreur sud-coréen, écrit et réalisé par Jung Sik et Jung Bum-shik. Les acteurs principaux sont Jin Goo, qu’on a pu voir dans « Northern Limit Line » (2015), Kim Tae-woo, qu’on a pu voir dans « Memories of the Sword » (2015), Kim Bo-kyung, qu’on a pu voir dans « A Hard Day » (2014), Ko Joo-yeon, qu’on a pu voir dans « Blue Swallow » (2005), et Park Ji-a, qu’on a pu voir dans « The Closet » (2020). Ce métrage est paru en salles coréennes le 1er août 2007. 

L’histoire proposée par « Epitaph » nous invite à suivre le Dr Park Jung-nam (Park Jeong-nam). Ce dernier trouve un album photo remontant de l’époque où il était interne à l’hôpital d’Ansaeng, en 1942, alors que la Corée était sous occupation japonaise. C’est ainsi que des souvenirs de cette époque refont surface. Alors qu’il était un jeune interne en médecine, son mariage arrangé a pris fin subitement lorsque sa fiancée, qu’il n’avait jamais rencontrée, s’est suicidée. Quelque temps, après, il fut affecté à la morgue. Là, il est tombé amoureux d’un cadavre, dont on découvrira par la suite, qu’il s’agissait du corps de sa fiancée décédée. Rapidement, d’autres événements mystérieux ont lieu dans cet hôpital, impliquant une jeune fille hantée par des fantômes et un tueur en série mystérieux ciblant des soldats japonais… 

Bien souvent, on dit que la nuit porte conseil. Dans la majeure partie des cas, c’est souvent le soir que je visionne les films, et le lendemain que j’en écris la critique. Ben là, je dois avouer que ça ne fonctionne pas. Ce film est d’une rare étrangeté. Il faut un certain temps pour comprendre qu’on est face à un film omnibus. Pour mémoire, c’est l’expression que l’on utilise pour définir un film ayant plusieurs segments. Bien que l’ensemble du film, en dehors de son introduction et de son épilogue, soit un flashback, les différentes histoires sont sans lien en dehors du cadre, soit l’hôpital d’Ansaeng. De plus, étant donné qu’aucune de ces petites histoires n’a de fin à proprement parlé, il est difficile de savoir quand l’un se termine et quand l’autre débute. En outre, il était tout aussi difficile de déterminer quelles parties du métrage étaient censées être plus pertinentes des autres par rapport à l’intrigue.

Le scénario concocté par les frères Jung comme ils aiment à se faire appeler, soit Jung Sik et Jung Bum-shik est relativement abscons, ce qui rend « Epitaph » très déroutant à regarder. Même le genre est difficile à fixer. Dans le premier segment, on retrouve clairement des éléments de films d’horreur, qui même s’ils sont classiques, dégagent un sentiment de tension, et une attente de jump-scare. Cependant, c’est très léger et tellement familier que cela ne fonctionne pas. L’approche surnaturelle des choses apporte un sentiment de frayeur, mais celui-ci s’estompe rapidement. Généralement, les fantômes sont souvent du type vengeur et violent. Ceux présentés dans ce film sont plutôt amicaux. Mais comment accepter la présence d’une entité spectrale dont l’esprit et surtout le corps ont été déformés par le traumatisme d’une mort violente. 

La situation empire avec l’introduction d’une dimension psychique. Les frères Jung installent, via plusieurs personnages, le concept psychologique selon lequel les personnes qui survivent au milieu d’autres qui meurent, comme dans un accident ferroviaire ou un crash d’avion, se sentent coupables, même s’ils ne sont pas fautifs. Imaginez cela en y ajoutant les visages défigurés comme j’y faisais allusion précédemment. À cela on ajoute le twist final qui crée plus d’interrogation qu’autre chose, et c’est bon, vous pouvez prendre un cachet pour le mal de tête. Finalement, « Epitaph » ne fait pas réellement peur et amène son lot de questions sans réponses. Il n’est absolument pas certain que les fans du genre, comme nous le sommes, y trouveront leur compte.

Les valeurs de production ne sont pas assez fortes pour relever le niveau. La photographie délivrée par Yoon Nam-joo abuse des filtres sépias afin de bien marquer l’idée que le récit se passe dans les années 1940. Les décors sont plutôt minimalistes avec des lieux qui reviennent plus ou moins en boucle. L’accompagnement musical orchestré par Park Yeong-ran amène également son lot de maux de tête. Le montage effectué par Kim Jae-bum et Kim Sang-bum (Commitment / Inside Men / Lucid Dream / The Spy Gone North) débouche sur un métrage d’une durée de 98 minutes avec lesquelles on passe une bonne partie à se demander où tout cela va nous mener.  

En conclusion, « Epitaph » est un médiocre film d’horreur disposant d’une histoire confuse, d’une intrigue cafouilleuse et d’un développement embrouillé. Le rythme est plutôt lent, le récit est embrouillé et la narration est chaotique. La photographie est tristounette, la bande originale assommante et le montage est à l’image du reste. On en perd son latin. La distribution tente de faire ce qu’elle peut sans qu’un acteur en particulier ne se détache du lot. Un film dont on pourra facilement se passer…

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À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

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