Action, Corée du Sud, Crime - Policier, Thriller

INSADONG SCANDAL (2009) ★★★☆☆


Bae Tae-jin, à la tête d’une des plus grandes galeries d’art de Séoul, vient de faire l’acquisition d’une toile vieille de plus de 400 ans dont l’existence n’était que supposée. Afin de rehausser encore plus sa valeur, elle engage Lee Kang-joon, un expert en restauration.

« Insadong Seukaendeul » (인사동 스캔들), ou « Insadong Scandal » pour la distribution internationale, est un thriller policier sud-coréen datant de 2009, écrit et réalisé par Park Hee-gon, à qui l’on doit également « Fengshui » (2018). Les acteurs principaux sont Kim Rae-won, qu’on a pu voir dans « Sunflower » (2006), Uhm Jung-hwa, qu’on a pu voir dans « Montage » (2013), Im Ha-ryong, qu’on a pu voir dans « The Neighbor » (2012), Kim Jung-tae, qu’on a pu voir dans « Granny’s Got Talent » (2015), Kim Byeong-ok, qu’on a pu voir dans « A Violent Prosecutor » (2016), et Ma Dong-seok, qu’on a pu voir dans « Rockin’ on Heaven’s Door » (2013). Ce métrage est paru en salles coréennes le 30 avril 2009. 

L’histoire proposée par « Insadong Scandal » nous plonge dans le monde de l’art asiatique. La marchande d’art Bae Tae-jin (Uhm Jung-hwa) acquière le légendaire tableau Byeokando. Cette femme d’affaires est une commerçante impitoyable, qui s’intéresse plus à l’argent qu’à l’art. Cependant, avant qu’elle ne puisse présenter la peinture aux médias, elle doit d’abord la faire restaurer à travers un processus assez long. Pour ce faire, elle fait appel à un restaurateur bien connu, Lee Kang-jun (Kim Rae-won) qui accepte le défi. Bae Tae-jin a l’intention de faire falsifier le tableau lorsqu’il sera pleinement restauré, et de vendre l’original au Japonais. Cependant, Lee Kang-jun a d’autres projets pour cette œuvre. Il a constitué une équipe de faussaires d’art et ruine les affaires de Bae Tae-jin les unes après les autres. Reste que son objectif ultime est de dérober le Byeokando. Dans le même temps, l’inspectrice Choi Ha-kyeong (Hong Soo-hyun) est sur les talons de Bae et de Lee, et avec son équipe, elle remonte les filières de trafic d’art dans l’espoir de faire des arrestations retentissantes…

Le scénario concocté par Park Hee-gon, qui endosse également la casquette de réalisateur, nous offre donc une histoire sur la restauration et la contrefaçon d’œuvres d’art. C’est loin d’être une mauvaise idée. On pourrait même dire que c’est original.  A ce jour, je n’ai jamais vu ce thème abordé dans un long-métrage. Une fois qu’on a dit cela, on peut ajouter que « Insadong Scandal » n’est pas un thriller raffiné. Ce film penche nettement plus vers le film d’action. Un scénario que je qualifierai d’à la « Ocean Eleven« , avec une présentation globale qui finalement vous montre un aspect des choses, tout en vous cachant l’essentiel, qui viendra être révélé dans la toute dernière partie du film. Toutefois, il faut avouer qu’on rencontre également des enchevêtrements qui nous laissent dans l’ignorance de la motivation des personnes. En fin de compte, les différents rebondissements sont tellement tirés par les cheveux qu’au final vous n’êtes plus réellement surpris de l’orientation qui est donnée. 

Bae Tae-jin est donc une femme d’affaires qui magouille dans le domaine de l’art et qui veut faire un gros coup avec la vente d’une toile plusieurs fois centenaires, mais ses motivations profondes restent floues. Bien qu’Uhm Jung-hwa semble apprécier son rôle, l’actrice ne parvient pas à donner de relief à ce personnage qui manque cruellement de substance. Elle apparaît avec de superbes brushings et de très beaux ensembles vestimentaires, peste contre ses assistantes, et adopte une attitude supérieure et hautaine. Une personne somme toute assez superficielle. Connaître la motivation de Lee Kang-jun dès le début du récit aurait probablement pu aider le spectateur à la percevoir comme une personne sympathique. Mais le choix du cinéaste a été différent ce qui fait qu’on se sent un peu perdu dans cette affaire nébuleuse. 

Globalement, Kim Rae-won a déjà proposé nettement mieux. Son personnage manque de charisme pour un leader. Il manque de dynamisme et ses échanges manquent du punch. En outre, il apparaît comme étant bien fébrile lorsqu’il faut aller dans la confrontation physique, et finalement, lorsqu’il faut en découdre avec Jang Seok-jin (Kim Jung-tae), l’homme de main de Madame Lee, ce n’est que grâce à l’intervention de Sang-baek (Ma Dong-seok) qu’il s’en sort. Le seul personnage dont les contours sont nets est l’inspecteur Choi Ha-kyeong. Malheureusement, Hong Soo-hyun tombe un peu trop dans la caricature en donnant à son personnage une dureté, une sévérité, une sorte de chien fou au féminin, qu’on a trop l’habitude de voir dans les films du genre. Un autre problème est l’abondance de personnages avec lesquels l’histoire est artificiellement enrichie. 

À l’arrivée, l’histoire proposée par « Insadong Scandal » est racontée d’une manière nettement plus compliquée qu’elle ne l’est réellement. Dans cette optique, une multitude de noms et de visages sont présentés alors qu’on n’en a nullement besoin. Pour le dire autrement, on se sent un peu perdu car on pense ne pas suivre pleinement l’histoire qui nous est livrée. Mais finalement, il devient clair que les informations supplémentaires sont en réalité peu pertinentes et que le véritable scénario est assez simple. Ainsi, la narration s’avère inutilement compliquée et alambiquée pour cacher le fait qu’il ne se passe pas grand-chose. Dans une certaine mesure, ces points négatifs sont contre-balancés par le rythme et la qualité de la photographie. Un soin particulier a été instauré pour mettre en valeur le travail de restauration, tout comme le travail de faussaire, le tout superbement mis en musique.

En conclusion, « Insadong Scandal » est un thriller d’action correct disposant d’une histoire originale, d’une intrigue simple et d’un développement alambiqué. Le rythme est soutenu, le récit peut apparaître comme compliqué et la narration fait appel à quelques flashbacks. La photographie proposée par Choi Sang-ho est très agréable avec une belle nuance de couleurs. La bande originale composée par Bang Jun-seok (Veteran / The Battleship Island / The Swindlers) vient parfaitement accompagner l’histoire. Enfin, le montage orchestré par Nam Na-yeong (Flu / No Tears for the Dead / Jo Pil-ho: The Dawning Rage) est rapide et donne beaucoup de rythme aux 109 minutes du métrage. La distribution fait de son mieux au service de personnages peu développés et c’est finalement Kim Jung-tae qui offre la meilleure performance en disposant du personnage le plus charismatique. L’ensemble se laisse regarder malgré la sensation d’être un peu perdu dans une histoire filandreuse, mais dont la pointe d’originalité capte notre attention…  

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À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

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