Corée du Sud, Drame

JULY 32ND (2010) ★★✭☆☆


Poursuivi par la police, un tueur à gages confie sa fille de cinq ans à quelqu’un d’autre, en lui promettant de venir la chercher dès le lendemain. Mais ce lendemain ne vient jamais, car il s’est fait arrêter et incarcérer. Des années plus tard, cette fillette abandonnée a grandi dans l’enfer de la prostitution et l’attente s’est transformée en un profond désir de vengeance.

« 7-wol 32-il » (7월 32일), ou « July 32nd » pour la distribution internationale, est un film dramatique indépendant datant de 2010, réalisé par Jin Seung-hyeon. Les acteurs principaux sont Park Eun-soo, qu’on a pu voir dans « Lump sugar » (2006), Kim Jung-kyoon, qu’on a pu voir dans « Dead Again » (2019), Sung Hye-rim, qu’on a pu voir dans « Radio Dayz » (2007), et Kim Min-ki, qu’on a pu voir dans « Death in Desert » (2015). Ce métrage est paru en salles coréennes le 22 avril 2010.

L’histoire proposée par « July 32nd » nous invite à suivre Man-soo (Park Eun-soo), un tueur à gages, qui a la « drôle » d’idée d’emmener sa fillette de cinq ans avec lui sur le lieu de son prochain contrat d’assassinat. Bien qu’il ait réussi a atteindre sa cible, il est pourchassé par la police. Se sentant acculé, il décide de confier son enfant pour, pense-t-il, quelques heures à une prostituée qu’il connaît dans le quartier où il se trouve. Avant de se séparer de l’enfant, il lui fait la promesse de venir la rechercher le lendemain matin. Malheureusement, il se fait arrêter par la police, puis incarcérer en prison. La fillette attend son père tout en étant de plus en plus livrée à elle-même. Quelque temps plus tard, l’inspecteur Jang (Kim Jung-kyoon), blessé lors de l’arrestation de Man-soo, kidnappe l’enfant pour la confier à un réseau de prostitution sur une île voisine. Kkot-nim-i (Sung Hye-rim) grandit dans cet univers malsain et ne pense qu’au jour où elle va à nouveau croiser le chemin de son père afin de se venger… 

Le scénario concocté par Jin Seung-hyeon, qui endosse également la casquette de réalisateur, nous plonge dans la Corée des années 1980. Plus précisément, on navigue avec des personnages issus de la classe ouvrière, et encore, on pourrait aller jusqu’à dire qu’ils se situent plutôt dans la classe des défavorisés. Très vite, on prend conscience que Man-soo (Park Eun-soo) est un gangster, un tueur à gages, sans pour autant savoir s’il œuvre pour un gang, sans savoir qui sont ses commanditaires. Bien que l’ensemble soit emballé sous le conditionnement du film criminel, c’est l’aspect dramatique qui domine. Kkot-nim-i (Sung Hye-rim) va grandir sans affection, sans tendresse dans l’univers de la prostitution. 

Dès qu’elle sera en âge, elle deviendra elle-même une prostituée. Le manque d’hygiène et l’absence de protection feront qu’elle va développer une infection au niveau de ses organes génitaux. Ses problèmes vont entraîner un cancer du col de l’utérus et d’importants saignements vaginaux. Ses jours sont comptés, mais le sexe est son unique gagne pain. Le drame encore, car finalement, son père, libérer de prison, évolue dans le même environnement. Ils vont régulièrement se croiser, mais sans jamais se reconnaître. Leurs retrouvailles se feront dans la dernière partie du récit, mais dans le chaos.

Du côté des personnages, en dehors de Man-soo, le père et de Kkot-nim-i, la fille, on peut s’arrêter sur deux autres protagonistes. D’un côté, nous avons l’inspecteur Jang, incarné par Kim Jung-kyoon. Celui-ci veille sur son quartier et vu la façon dont les commerçants semblent le craindre, on peut en déduire qu’il ne doit guère utiliser des méthodes conventionnelles pour incarner l’ordre et la loi. Rappelons que l’histoire se déroule durant les années 1980/1990 et qu’on était sous dictature. Gardons toujours les événements de Gwangju en mai 1980 comme point de référence. De nombreux films dépeignent cette période, et notamment « May 18 » (2007), « A Taxi Driver » (2017), « The Attorney » (2013), « 1987: When the Day Comes » (2017), et par extension « 26 Years » (2012). 

Le policier sera blessé lors de l’arrestation de Man-soo, poignardé par le criminel. Il va en partie perdre l’usage d’une jambe et son travail par la même occasion. Pour se venger il va kidnapper Kkot-nim-i, et, comme je l’ai précisé précédemment, va la confier dans un réseau de prostitution. Il va sombrer dans la déchéance et dans l’alcoolisme. D’un autre côté, nous avons Dong-wook (Kim Min-ki), un jeune homme qui fait office d’homme à tout faire pour le réseau criminel et qui a le béguin pour Kkot-nim-i. Il va l’aider à fuir l’île et l’accompagner dans sa lente descente aux enfers, profitant au passage de l’argent gagné par la jeune femme qui persiste à vendre son corps malgré la maladie. Dans une certaine mesure, on peut même considérer qu’il fait office de souteneur pour celle-ci, n’hésitant pas à rabattre des clients pour elle.

D’une durée de 98 minutes, le rythme proposé par « July 32nd » est relativement inégal, les quelques scènes d’action sont basiques et le manque de budget de ce film indépendant ce fait clairement ressentir. L’ambiance est singulièrement sombre et l’atmosphère peut même être considérée comme crasseuse. Le film met l’accent sur la pauvreté d’une certaine tranche de la société à une époque où la vie était déjà compliquée au pays du matin calme. L’histoire n’est pas très intéressante puisque la prémisse d’une vengeance de la fille envers son père n’est pas tenue. 

En conclusion, « July 32nd » est un film dramatique modeste disposant d’une histoire sombre, d’une intrigue légère et d’un développement fade. Le rythme est irrégulier, le récit est fluide et la narration est linéaire. La photographie est simple, la bande musicale est très discrète et le montage débouche sur un film de 98 minutes fastidieuses. La distribution offre des prestations moyennes où seule Sung Hye-rim tire son épingle du jeu en composant un personnage en pleine déliquescence. L’ensemble est à la limite de l’ennuyeux et ne peut donc pas faire l’objet d’une recommandation.

 

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À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

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