Corée du Sud, Drame, Historique

LOVE, LIES (2016) ★★★★★


Pendant les années 40, la Corée est toujours sous domination japonaise. So-Yool et Yeon-Hee ont toutes les deux grandi au sein d’une école de Gisaeng afin de devenir des artistes et des dames de compagnie accomplies. Les deux femmes font la rencontre de Yoon-Woo, un producteur de musique pop qui promet gloire, fortune et triangle amoureux.

« Hae-eohwa » (해어화), ou « Love, Lies » pour la distribution internationale, est un drame historique sud-coréen datant de 2016, réalisé par Park Heung-sik, à qui l’on doit également « Memories of the Sword » (2015). Les acteurs principaux sont Han Hyo-joo, qu’on a pu voir dans « Illang: The Wolf Brigade » (2018), Chun Woo-hee, qu’on a pu voir dans « The Wailing » (2016), Yoo Yeon-seok, qu’on a pu voir dans « Mood of the Day » (2016), Park Sung-woong, qu’on a pu voir dans « The Tooth and the Nail » (2017), Jang Young-nam, qu’on a pu voir dans « Innocent Witness » (2021), Lee Han-wi, qu’on a pu voir dans « War of the Arrows » (2011), et Kim Su-an, qu’on a pu voir dans « The Battleship Island » (2017). Ce métrage est paru en salles coréennes le 13 avril 2016.

L’histoire proposée par « Love, Lies » nous plonge dans la période d’occupation de la Corée par le Japon, allant de 1910 à 1945. Nous allons suivre Jung So-yul (Han Hyo-joo), une gisaeng (courtisane offrant des divertissements artistiques et des conversations aux hommes de classe supérieure) en formation dans l’un des derniers gwonbeon (institutions mises en place pour la formation des gisaeng) restants, apprenant à chanter le jeongga, les chansons classiques de la classe supérieure coréenne. So-yul est la fille d’une gisaeng célèbre, devenue la directrice de l’institution. Enfant, So-yul rencontre Seo Yeon-hee (Chun Woo-hee)arrivée à l’école, vendue par son père qui ne peut pas s’occuper d’elle. Les deux jeunes filles deviennent les meilleures amies et sont deux des meilleures élèves de l’école. Elles apprécient cependant toutes deux les chansons populaires de l’époque, mais se promettent mutuellement de garder leur dignité de gisaeng en ne chantant que le jeongga. Le talent naturel et la beauté de So-yul font d’elle le centre d’attention et elle reçoit des invitations de personnes importantes, dont le chef de la police japonaise (Park Sung-woong).

En 1943, So-yul rencontre le meilleur auteur-compositeur pop du moment, Kim Yoon-woo (Yoo Yeon-seok), et tous deux tombent amoureux. Yoon-woo demande à So-yul de chanter une chanson qu’il écrit pour encourager le peuple coréen qui souffre de la domination impériale nippone. Cependant, les choses commencent à s’effondrer lorsque Yoon-woo entend Yeon-hee chanter et devient hypnotisé par sa voix. Finalement, le compositeur écrit la chanson pour Yeon-hee et l’encourage à quitter le gwonbeon afin qu’elle embrasse une carrière de chanteuse populaire arguant que les chansons populaires touchent beaucoup plus de personnes. Yeon-hee suit ses conseils et So-yul se sent trahie. En passant beaucoup de temps ensemble pour la production de l’album de Yeon-heeYoon-woo tombe amoureux de cette dernière. Alimentée par la jalousie, So-yul tente de récupérer ce qu’elle croit que son amie lui a volé, détruisant la vie de ceux qui l’entourent et, finalement, elle-même.

Le scénario concocté par Ha Young-joonJeon Yun-su, et Song Hye-jin positionne donc l’histoire dans les années 1940, faisant de ce « Love, Lies » un film historique. Néanmoins, ce qu’il faut retenir de ce métrage, c’est que quand il y a un triangle amoureux, il y a une personne de trop. À bien y regarder, cette histoire aurait pu être racontée dans n’importe quel contexte, à n’importe quelle époque. Au-delà du positionnement culturel, c’est l’aspect dramatique qui domine. La jalousie est au cœur de la vengeance So-yul. Celle-ci estime avoir été trahie. Reste à définir quel est l’aspect qui domine dans sa frustration. Le fait que Yoon-woo soit tombé amoureux de Yeon-hee, son amie d’enfance, où qu’il lui ait préféré cette même Yeon-hee pour chanter ses chansons. Est-elle amère parce que son amoureux lui préfère une autre femme, ou frustrée de ne pas pouvoir débuter une carrière de chanteuse populaire ?

Les cinéastes ont réussi à mettre en lumière le conflit entre tradition et modernité, illustré par le jeongga classique et la musique coréenne populaire de cette époque. Le métrage brille par la très grande qualité des décors, des costumes et des différents véhicules allant des automobiles au tramway. Comme je le soulignais précédemment l’aspect culturel peut probablement être considéré comme secondaire, mais le choix de la période est judicieuse, permettant de montrer le conflit entre deux gisaeng qui voulaient devenir des chanteuses de premier plan. Toutefois, de mon point de vue, Park Heung-sik, le réalisateur, s’est concentré sur la façon dont So-yul se perd progressivement par jalousie, pour regretter ses choix, mais nettement plus tard dans sa vie. Un autre thème secondaire apparaît également dans « Love, Lies« , soit le positionnement social des gisaeng, qui, certes, étaient bien éduquées dans les arts n’existaient finalement que pour le plaisir des hommes.

Dans l’ensemble, le film est un festin pour les yeux et les oreilles et dans ce sens, on peut louer le talent musical des acteurs. Cependant, de l’ensemble de la distribution, et même si Chun Woo-hee et Yoo Yeon-seok offrent de très bonnes prestations, c’est, toujours de mon point de vue, la performance de Han Hyo-joo qui se hisse sur la plus haute marche du podium. Outre les prouesses artistiques, sa représentation d’une femme jalouse, d’une femme lésée est particulièrement convaincante. La manière dont elle utilise sa position de favorite du chef de la police, incarné avec classe par Park Sung-woong, est particulièrement vicieuse, et illustre très bien l’ingéniosité des femmes lorsqu’elles désirent se venger. Bien qu’il y ait quelques faiblesses dans le scénario, il faut clairement avouer que « Love, Lies » est un pur moment de divertissement doublé d’une agréable surprise.

En conclusion, « Love, Lies » est un excellent film historique disposant d’une histoire originale, d’une intrigue classique et d’un développement remarquable. Le rythme est homogène, le récit est fluide et la narration est linéaire. La photographie proposée par Jo Eun-soo est sublime, le travail de Cho Sang-kyung aux costumes est remarquable, les coiffures présentées par Kim Seo-hee sont admirables. La bande musicale offerte par Lee Byung-hoon (The Battle: Roar to Victory / Hit-and-Run Squad / Fengshui) est impressionnante et le montage orchestré par Lee Sang-beom et Lee Jae-beom débouche sur un film d’une durée de 120 minutes pleinement captivantes. La distribution offre de très bonnes prestations, mais c’est Han Hyo-joo qui livre la meilleure performance. L’ensemble est d’une très grande qualité et mérite amplement une recommandation…

 

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À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

Discussion

Une réflexion sur “LOVE, LIES (2016) ★★★★★

  1. Whaouh ! Je suis contente que t’es adoré autant que moi ce film. Je l’ai adoré, il est à ce jour mon film préféré ! Je l’ai vu 2 fois et c’est aussi dur la seconde fois à visionner. Le point de vue est intéressant, car, pour une fois, on ne suit pas l’héroïne entre guillemets. J’étais très compréhensive vis-à-vis de ses sentiments. Et comme tu l’as dit, l’époque, le visuel, les costumes, les chansons, tout ça est superbe. Han Hyo Ju m’a époustouflé. Elle est devenu mon actrice préféré. Je trouve qu’elle a un talent inné. Elle est grandiose. Bref, un gros coup de coeur aussi !

    Aimé par 1 personne

    Publié par Sandra | 01/07/2021, 9 09 33 07337

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