Comédie, Corée du Sud, Drame, Romance

HOT YOUNG BLOODS (2014) ★★★★☆


Hot Young Bloods (2014)

 

Dans les années 1980, un lycée de Heongseong est en proie à ses gangs et leurs histoires.

 

 

« Pikkeulneun Cheongchun » (피끓는 청춘), ou « Hot Young Bloods » pour la distribution internationale, est une comédie dramatique sud-coréenne datant de 2014, co-écrite et réalisée par Lee Yeon-woo, à qui l’on doit également « Running Turtle » (2009). Les acteurs principaux sont Park Bo-young, qu’on a pu voir dans « On Your Wedding Day » (2018), Lee Jong-suk, qu’on a pu voir dans « V.I.P. » (2017), Lee Se-young, qu’on a pu voir dans « Hotel Lake » (2020), Kim Young-kwang, qu’on a pu voir dans « Mission: Possible » (2021), Ra Mi-ran, qu’on a pu voir dans « The Last Princess » (2016), Kim Hee-won, qu’on a pu voir dans « The Merciless » (2017), Park Jeong-min, qu’on a pu voir dans « Deliver Us from Evil » (2020), et Kwon Hae-hyo, qu’on a pu voir dans « Don’t Forget Me » (2016). Ce métrage est inspiré par le court-métrage That’s What I Told Her (2013) de Daniels Calvin. Le film est paru en salles coréennes le 23 janvier 2014.

Abordons rapidement le contexte historique du film. L’histoire se déroule dans une zone agricole du sud du comté de Hongseong, à l’ouest du pays au début des années 1980. En 1982, le ministère coréen de l’éducation a supprimé les uniformes pour les collégiens et les lycéens. Cela a créé un sentiment de liberté et d’individualisme pour les jeunes de l’époque. Toutefois, les uniformes ont été rétablis en 1986. Rappelons qu’une dictature a été mise en place par le président Chun Doo-hwan, après l’assassinat de son prédécesseur, Park Chung-hee en 1979. Le meurtre de ce dernier est évoqué dans le film « The Man Standing Next » (2020). Pour mémoire, le soulèvement de Gwangju, évoqué dans les films « May 18 » (2007) et « A Taxi Driver » (2017), a eu lieu le 18 mai 1980. Soulèvement réprimé dans le sang par le gouvernement de l’époque.

L’histoire proposée par « Hot Young Bloods » m’a directement fait penser à une chanson des Rita Mitsouko, intitulée « Les histoires d’A », ce qui donne un truc du genre :

Valérie s’ennuyait
Dans les bras de Nicolas
Mais Nicolas, celui-là
Ne le savait pas
Isabelle a attendu, attendu
Mais Patrick n’est jamais reparu
Michel aimait Gérard
Et Gérard le lui rendait si bien
Qu’à la fin ça ne rendait rien
.

Joong-gil (Lee Jong-suk) s’est donné pour objectif de « sortir » avec toutes les filles de sa classe, et qui a développé toutes sortes de formules de paroles bien douces pour parvenir à ses fins de pseudos Casanova. L’arrivée d’une nouvelle élève va devenir un nouvel objectif, sauf que cette dernière, So-hee (Lee Se-young) ne veut rien savoir. Young-sook (Park Bo-young), la petite caïd du lycée est amoureuse de Joong-gil et voit l’arrivée de So-hee d’un mauvais œil. Joong-gil ne veut rien avoir à faire avec So-hee, car c’est la chasse gardée de Gwang-sik (Kim Young-kwang), le caïd du lycée voisin. Tout ceci est fortement explosif et va conduire à de nombreuses confrontations.

Le scénario concocté par Lee Yeon-woo navigue entre différents genres. Il y a quelques éléments de comédie à travers des situations et des punch-lines qui nous amènent à sourire. Le drame est également présent, car lorsqu’il y a de la violence, on ne peut que, tôt ou tard, basculer dans le drame. On retrouve également de la romance, avec des personnages qui se cherchent sans réellement se trouver, mais avec les deux principaux protagonistes qui vont, dans la toute dernière partie du métrage, se trouver, dans une scène très plaisante à regarder. Au-delà des différents genres autour desquels le script s’articule, on peut voir avec « Hot Young Bloods » une critique de la société coréenne, et plus particulièrement des us et coutumes de la jeunesse du début des années 1980.

L’époque était violente pour les étudiants adolescents, comme je l’ai souligné précédemment, qui estimaient que la violence était un bon moyen de libérer l’énergie de la jeunesse. C’est probablement l’état d’esprit de Young-sook (Park Bo-young), une jeune femme qui apparaît comme étant perpétuellement en colère, méchante et animée par une rage débordante. Elle est systématiquement à la recherche de bagarres dans lesquelles s’engager physiquement. Cependant, elle a jeté son dévolu sur Joong-gil (Lee Jong-suk) qui n’en veut pas. Bien que ce dernier pense être un play-boy, ses techniques de drague ne fonctionnent que parce qu’il cible des adolescentes naïves et pleinement ignorantes pour tout ce qui touche à l’amour.

D’une durée de 121 minutes, « Hot Young Bloods » est ponctué par plusieurs scènes de bagarres mettant en scène les principaux protagonistes de l’histoire, soit dans le cadre de confrontation entre bandes rivales, soit entre eux. Ces scènes sont éparpillées tout au long du récit. Les jeux de séduction prennent également une place importante, mais c’est essentiellement la relation houleuse entre les personnages incarnés par Park Bo-young et Lee Jong-suk qui occupent le plus de temps. Le nœud de l’histoire réside d’ailleurs dans cette romance, qui longtemps se présente comme étant à sens unique. La fin est heureuse bien qu’à un moment le récit semblait s’inscrit dans un drame absolu à travers la confrontation entre Joong-gil et le personnage incarné par Kim Young-kwang dans un wagon de marchandises.

En conclusion, « Hot Young Bloods » est une comédie dramatique sympathique disposant d’une histoire intéressante, d’une intrigue familière et d’un développement sobre. Le rythme est bien équilibré, le récit est fluide et la narration est linéaire. La photographie proposée par Kim Dong-cheon nous permet de nous immerger pleinement dans l’époque. Les costumes, les décors, les véhicules participent pleinement à cette immersion. La bande musicale délivrée par Shim Hyeon-jeong vient agréablement souligner les différentes atmosphères de l’histoire. Le montage présenté par Steve M. Choe est structuré de manière à permettre au film de rester captivant. La distribution offre de bonnes prestations, mais Lee Jong-suk n’aura pas su nous convaincre pleinement a l’inverse de Park Bo-young, qui offre une très bonne performance. L’ensemble mérite qu’on prenne deux heures de son temps pour regarder ce métrage.

 

 

 

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À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

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