Corée du Sud, Drame

ROUGH PLAY (2013) ★★☆☆☆


Rough Play (2013)

 

Oh Young est un acteur qui perce dans le milieu et devient célèbre du jour au lendemain. Il découvre alors un nouvel univers, celui de la gloire, de la puissance, et du plaisir. Mais la vie de Young lui échappe peu à peu et le jeune homme se retrouve piégé dans une spirale infernale.

 

 

« Baeuneun Baeuda » (배우는 배우다), ou « Rough Play » pour la distribution internationale, est un film dramatique sud-coréen, datant de 2013, réalisé par Shin Yeon-shick, à qui l’on doit également « Dongju: The Portrait of a Poet » (2016). À noter que le scénario est signé de feu Kim Ki-duk. Les acteurs principaux sont Lee Joon, qu’on a pu voir dans « Luck Key » (2016), Seo Young-hee, qu’on a pu voir dans « The Wrath » (2018), Kang Shin-hyo, qu’on a pu voir dans « The Russian Novel » (2013), Kyung Sung-hwan, qu’on a pu voir dans « Familyhood » (2016) et Min Ji-oh, qu’on a pu voir dans « The Avian Kind » (2014). On observera la présence de nombreuses apparitions comme Gi Ju-bong, qu’on a pu voir dans « The Battleship Island » (2017), Oh Kwang-rok, qu’on a pu voir dans « The Con Artists » (2014), ou encore Ma Dong-seok, qu’on a pu voir dans « The Royal Tailor » (2014). Ce film a été projeté lors du 18e Festival International du film de Busan et est paru en salles le 24 octobre 2013.

L’histoire proposée par « Rough Play » nous invite à suivre Oh Young (Lee Joon), un comédien de théâtre qui s’investit pleinement dans ses rôles. Il va même tellement loin qu’il met ses partenaires de scène en difficulté. Le manager Kim Jang-ho (Seo Beom-seok) voit le potentiel du jeune acteur et veut l’accompagner vers le cinéma. Oh Young obtient un second rôle dans un long-métrage aux côtés de la star Kang Bin (Yang Dong-geun) et le met même dans l’ombre. Oh Young devient rapidement la nouvelle étoile du cinéma coréen. Cependant, son succès lui monte à la tête et les côtés sombres de sa personnalité se révèlent de plus en plus. Progressivement, il se rend compte que le monde du cinéma est gangrené par les gangsters et les mensonges. Malheureusement, le jeune acteur s’aliène de plus en plus et semble sombrer dans la folie.

D’une manière générale, je n’aime pas le travail de Kim Ki-duk, même si ici, il se limite à l’écriture du scénario, et c’est tant mieux. Le cinéaste nous livre une vision très sombre de l’industrie cinématographique où le monde du cinéma derrière la caméra ne serait pas différent du monde des gangsters. Ceci étant dit, on peut dire que « Rough Play » s’inscrit dans le même type de sujet que « Rough Cut« , même si l’histoire est différente. Mais je me risque à penser qu’avec Kim Ki-duk derrière la caméra, le film aurait été encore plus difficile à digérer. Le réalisateur Shin Yeon-shick parvient à donner au métrage l’impression d’être un film commercial en plus de ses bizarreries.

Shin Yeon-shick avait déjà acquis une bonne expérience avec « The Fair Love » (2010) et « The Russian Novel » (2013) où il assurait alors la réalisation et le scénario. Le ton qu’il donne à « Rough Play » est étonnamment sombre, mais en même temps, on ne se sent pas percuté, on ne se sent pas impacté par l’ambiance du métrage. Ceci est peut-être dû à l’humour subliminal qui est toujours présent dans les scripts de Kim Ki-duk. En effet, il est parfois difficile de prendre certaines scènes au sérieux. Toutefois, le film est un drame parfois très profond. Oh Young, le personnage incarné par Lee Joon, définit toute son existence à travers son jeu d’acteur et il s’immerge profondément dans ses rôles. Malheureusement, il emporte les autres acteurs dans la tornade de son style de jeu.

Nous accompagnons donc ce personnage dans son ascension et dans sa chute dans le monde du cinéma. L’un des gros problèmes est la présentation d’un certain nombre de scènes qui sont liées les unes ou autres par le jeu des acteurs, mais en alternant différents décors qui n’ont pas de rapport entre eux. Un effet qui peut s’avérer perturbant pour le spectateur. Les cinéastes s’aventurent également à nous présenter quelques intrigues secondaires articulées par de nouveaux visages, comme par exemple Ma Dong-seok, qui excelle toujours dans ses seconds rôles. On notera cependant qu’il incarne un personnage qui semble lui coller à la peau tant on aura pu le voir dans le même registre depuis. Mais avec lui aussi, on se demande où se situe son histoire et qu’est-ce qu’il vient faire là-dedans.

Bien que présenter comme un drame, ce qu’il est dans les faits, « Rough Play » se compose de plusieurs chapitres dans lesquels se mêlent drame, thriller, violence, romance et sexe. Le mélange est quelque peu étonnant, mais cet aspect chapitre offre des mouvements assez inégaux les uns par rapport aux autres. Les scènes de sexe sont assez crues et n’offrent ni une belle image du personnage central, ni une belle image de la femme, qui est rabaissée à un objet visant à apaiser la libido débordante du principal protagoniste du récit. Le montage apparaît comme assez chaotique et se veut certainement être le reflet du personnage principal. On ne retiendra peut-être finalement que l’idée de présenter l’univers cinématographique sud-coréen comme profondément négatif. Reste à savoir où placer le curseur entre vérité et fiction.

En conclusion, « Rough Play » est un film plus que moyen disposant d’une histoire décousue, d’une intrigue faible et d’un développement anarchique. Le rythme est modéré, le récit est parfois déroutant et la narration semble être linéaire. La photographie est sombre à l’image de l’ambiance, la bande musicale est tellement discrète qu’on s’interroge, après le film, sur sa présence et le montage est, comme je l’ai souligné précédemment, singulièrement perturbant. Les acteurs offrent de bonnes prestations et on s’arrêtera probablement sur la performance de Lee Joon qui livre un personnage fortement dérangé. L’ensemble manque de relief, manque de substance, ce qui donne un film dont on pourra largement se dispenser, sauf si vous être un fan inconditionnel du défunt Kim Ki-duk

 

 

 

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À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

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