Horreur, Slasher

FRIDAY THE 13th (1980) ★★✮☆☆


Friday the 13th (1980)

 

 

En 1957, un jeune garçon, prénommé Jason, meurt noyé au camp de Crystal Lake. L’année suivante, les deux responsables du camp sont tués. Crystal Lake ferme. Mais en 1980, Steve Christy décide de le rouvrir un vendredi 13, jour anniversaire des décès survenus vingt-trois ans auparavant. Lors de la préparation du camp pour son ouverture, les moniteurs du centre disparaissent les uns après les autres pendant la nuit…

 

 

« Friday the 13th » est un slasher américain datant de 1980, produit et réalisé par Sean S. Cunningham, à qui l’on doit également « Trapped Ashes » (2006). Les acteurs principaux sont Betsy Palmer, qu’on a pu voir dans « The Last Angry Man » (1959), Adrienne King, qu’on a pu voir dans « All American Bully » (2015), Harry Crosby, qui est ensuite devenu un homme d’affaires dans le business d’investissement, Laurie Bartram, malheureusement décédée en 2007 à l’âge de 49 ans, après avoir élevé ses cinq enfants, Mark Nelson, qu’on a pu voir dans « The Rewrite » (2014), Jeannine Taylor, qui s’est orientée vers une carrière au théâtre, et Kevin Bacon, qu’on a pu voir dans « The Darkness » (2016).

Ce film est paru le 9 mai 1980, il a été un grand succès au box-office rapportant près de 60 millions de dollars dans le monde. En plus d’être le premier film indépendant du genre à être distribué aux États-Unis par un grand studio, son succès au box-office a conduit à une longue série de suites, un croisement avec la série de films « A Nightmare on Elm Street » et un redémarrage de la série en 2009. Une suite directe, « Friday the 13th Part 2 », est sortie un an plus tard, soit en 1981 et fera l’objet d’un visionnage vendredi prochain (11/032022) et d’une critique dans la foulée.

L’histoire proposée par « Friday the 13th » nous invite à suivre un groupe de moniteurs de colonie de vacances, qui préparent l’ouverture prochaine du camp de Crystal Lake. L’équipe, composée de Ned (Mark Nelson), Jack (Kevin Bacon), Bill (Harry Crosby), Marcie (Jeannine Taylor), Brenda (Laurie Bartram), et Alice (Adrienne King), aux côtés du nouveau propriétaire des lieux, Steve Christy (Peter Brouwer), s’attèle à différents travaux de remise en état, peinture, réparation, aménagement en journée, et profite des installations en soirée, batifolant, flirtant, etc. La quiétude de ce lieu isolé va cependant être perturbée par l’arrivé d’un tueur inconnu, qui va assassiner un à un ces résidants saisonniers.

Le scénario concocté par Victor Miller apparaît aujourd’hui, plus de quarante années après la sortie du film, comme singulièrement basique. Le script original était provisoirement intitulé A Long Night at Camp Blood. Alors qu’il travaillait sur une refonte du scénario, Sean S. Cunningham a proposé le titre de Friday the 13th, après quoi Victor Miller a réécrit son script. Très rapidement, le réalisateur-producteur a engagé une agence de publicité new-yorkaise pour développer le logo de ce qui allait devenir une franchise. Le concept consiste en un tueur en série qui s’avère être la mère, Madame Voorhees (Betsy Palmer) d’une victime. Une meurtrière dont la seule motivation est de venger la perte de son enfant. À ce stade, Jason Voorhees est une victime, et n’apparaît que sous la forme d’un cauchemar, car dans les faits, il est mort noyé, en 1957.

De l’ensemble des personnages, qui se limitent à être des victimes se laissant trucider, on s’arrêtera sur Madame Voorhees (Betsy Palmer), qui d’apparence semble normale, mais s’avère complètement aliénée. Elle apparaît dans la dernière partie du film, amenant avec elle les révélations sur ses motivations. Son fils s’est accidentellement noyé en raison de l’inconséquence des moniteurs du camp, préférant forniquer au lieu de surveiller les enfants. On pourra cependant s’interroger sur les difficultés qu’elle rencontre pour tuer la dernière jeune femme, alors qu’elle vient de zigouiller six à sept autres personnes, dont des hommes avec des gabarits nettement plus puissants que le sien. Justement, Alice (Adrienne King), parvient à rester vivante et à tenir tête à cette mère inconsolable qui a basculé dans une folie meurtrière. On retiendra que les meurtres sont tous orchestrés avec des armes blanches, couteau, hache, harpon, etc.

Les valeurs de production sont plutôt faibles, même pour l’époque. La photographie signée Barry Abrams s’amuse à présenter les faits à travers des plans de point de vue du méchant du récit, souvent caméra à l’épaule, pour donner une sensation de mouvement. Le tournage a eu lieu dans la région de Hardwick dans le New Jersey. Les scènes du camp ont été tournées au Camp No-Be-Bo-Sco, créé en 1927 et toujours en activité aujourd’hui. Tom Savini a été embauché pour concevoir les effets spéciaux du film, suite à son travail dans « Dawn of the Dead » de George A. Romero, paru en 1978. Les contributions de Tom Savini comprenaient la création des effets de la hache lorsque Marcie est frappée au visage, de la flèche pénétrant dans la gorge de Jack et de la décapitation de Mme Voorhees par la machette. La bande musicale proposée par Harry Manfredini est volontairement absente dans de nombreuses scènes.

La musique se manifeste uniquement à partir du moment où le tueur est réellement présent. Étant donné que celui-ci n’apparaît que dans la dernière partie du film, Harry Manfredini a eu pour tâche de créer une partition qui représenterait le tueur en son absence. Le compositeur s’est alors inspiré du film « Jaws » (1975) de Steven Spielberg, où le requin est également peu présent pendant la majorité du film, mais signalé au public comme la menace invisible du requin. C’est ainsi qu’il a trouvé le « ki ki ki ma ma ma » que l’on va retrouver dans le thème musical de toutes les suites de cette franchise. Il s’est inspiré de la phrase récurrente que la mère de Jason répète à souhait alors qu’elle est en plein délire : « Kill her, mommy » (Tue-la, Maman). Le « ki » vient de « kill » et le « ma » de « mommy ». Le tout fut bidouillé avec une machine à réverbération. Enfin, le montage assuré par Bill Freda débouche sur un film d’une durée de 85 minutes dont de nombreux aspects apparaissent comme complètement kitch, mais qui marquent les premières pièces de ce qui va devenir un sous-genre du film d’horreur, le slasher.

En conclusion, « Friday the 13th » est un bon slasher disposant d’une histoire aujourd’hui familière, d’une intrigue basique et d’un développement minimaliste. Le rythme est modéré, le récit est fluide et la narration est linéaire. Ce métrage est clairement pittoresque selon les normes d’aujourd’hui, mais livre encore sa part de surprises sanglantes dans une esthétique vieille école des années 1970. La photographie joue avec les points de vue, la musique est absente sauf dans la dernière partie et le montage est basique. La distribution offre de bonnes prestations qu’on peut cependant aujourd’hui qualifier de caricaturales et Betsy Palmer vole la vedette à tout le monde dans les dernières 20 minutes du film avec son incarnation d’une mère meurtrière. L’ensemble est terriblement kitch mais s’avère être une pierre angulaire dans le domaine du film de type slasher…

 

 

À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

Discussion

Une réflexion sur “FRIDAY THE 13th (1980) ★★✮☆☆

  1. J’ai comme l’impression que les vendredis vont devenir sanglants !
    J’ai vu cet épisode inaugural il y a bien longtemps désormais. Il est devenu depuis une référence, même une question du quizz mortel dans le premier « Scream » !
    Cet article m’a donné envie de retourner camper à Crystal Lake.

    Aimé par 1 personne

    Publié par princecranoir | 05/03/2022, 23 11 23 03233

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