Aventure, Drame, Historique

AGAINST THE ICE (2022) ★★★☆☆


Against the Ice (2022)

 

 

En 1909, deux explorateurs luttent pour leur survie après avoir été abandonnés lors d’une expédition danoise dans un Groenland entièrement glacé.

 

 

« Against the Ice » ou « Perdus dans l’Arctique » pour la distribution française, est un film historique datant de 2022, dirigé par Peter Flinth, à qui l’on doit également « Nobel’s Last Will » (2012). Les acteurs principaux sont Nikolaj Coster-Waldau, qu’on a pu voir dans « Shot Caller » (2017), Joe Cole, qu’on a pu voir dans « Green Room » (2015), Charles Dance, qu’on a pu voir dans « Underworld: Blood Wars » (2016), et Heida Reed, qu’on a pu voir dans « One Day » (2011). La première a eu lieu le 15 février 2022 à l’occasion de la 72ème édition du festival international du film de Berlin. Il est disponible sur Netflix depuis le 2 mars 2022.

L’histoire proposée par « Against the Ice » nous ramène au début du 20ème siècle, en 1909 plus précisément, afin de suivre le capitaine Ejnar Mikkelsen (Nikolaj Coster-Waldau). Ce dernier organise une expédition sur l’île de Shannon, dans l’est du Groenland, afin de retrouver les dossiers de membres disparus d’une précédente expédition. Après un premier essai infructueux, le seul volontaire à l’accompagner lors de sa deuxième tentative est l’ingénieur Iver Iversen (Joe Cole) tandis que le reste de l’équipage reste sur place. Les deux aventuriers perdent progressivement leurs chiens de traîneau au cours de leur voyage. Plus tard, ils combattent et tuent un ours polaire. Finalement, le duo trouve les documents réfutant l’existence du canal de Peary, laissant les Etats-Unis sans possibilité de revendication sur l’Arctique. Après quelques mois, Mikkelsen et Iversen retournent sur l’île de Shannon et découvrent que le reste de l’équipage est rentré chez lui, les laissant bloqués sur l’île. Les deux hommes vont devoir survivre dans un petit chalet, gérant au mieux les réserves de nourriture, tout en évitant de sombrer dans la folie…

Le scénario concocté par Joe Derrick et Nikolaj Coster-Waldau, ce dernier tenant également le premier rôle de ce métrage, se base sur le roman d’Ejnar Mikkelsen, intitulé Two Against the Ice. Une histoire traitant d’une expédition datant de 1909 visant à obtenir la preuve que la partie nord-est du Groenland n’était nullement séparée par un canal et était donc invulnérable aux tentatives américaines de le revendiquer. Une précédente expédition datant de 1906, dirigée par Ludvig Mylius-Erichsen, s’était soldée par une tragédie. Mais un journal et une carte trouvés par Mikkelsen indiquaient que Mylius-Erichsen avait placé ses découvertes définitives dans un cairn (amas artificiel de pierres placé à dessein pour marquer un lieu particulier), construit dans un endroit éloigné du paysage inhospitalier afin de les préserver. Ces archives étant essentielles pour mettre fin à tout conflit de territorialité entre le Danemark et l’Amérique. En tant qu’amoureux des chiens, et plus précisément des Bergers Allemands, j’ai été particulièrement attristé du triste sort qui est réservé aux chiens dans cette aventure. Et la phrase « Monsieur Iversen, ce n’est qu’un chien« , lorsque l’animal fait une chute mortelle dans une crevasse, résonne encore dans mon esprit. Mais rappelez-vous, nous sommes en 1909 dans cette histoire et les chiens de traîneau n’étaient vu que comme des outils, ce qui semblait déjà ébranler le personnage incarné par Joe Cole.

Il y a peu de personnages dans « Against the Ice » et à travers le récit, ce sont les personnages incarnés par Nikolaj Coster-Waldau et Joe Cole, qui attisent notre curiosité. Le premier incarne le capitaine Ejnar Mikkelsen, un homme profondément animé par sa mission. Il incarne l’autorité, le savoir, l’expérience, et dans une certaine mesure, la vérité. Cette dernière sera cependant remise en question dans la dernière partie du film. L’extrême fatigue, les conditions de vie spartiate, le froid permanent, la profonde baisse de moral, vont affecter son esprit, et il va flirter avec une perte de raison. Hallucinations, début de paranoïa, mais une nouvelle attaque d’ours va lui remettre partiellement les idées en place. Le second est peut-être plus intéressant, le mécanicien Iver Iversen. Il suit le premier par goût de l’aventure, un certain amour des chiens, et surtout, parce qu’il n’a rien à bord du navire, celui-ci étant à l’arrêt. Il ne discute pas les directives de son capitaine, ce qui n’engendre jamais de conflit entre les deux hommes, durant les trois années qu’aura durée leur aventure. Ce point positionne le film dans l’univers pur de l’aventure puis de la survie. L’épilogue nous apprendra qu’il n’a plus jamais remis les pieds en Arctique.

Les valeurs de production sont d’une très bonne qualité à quelques exceptions prêtes. La photographie délivrée par Torben Forsberg tire le meilleur parti de l’environnement dans lequel les deux principaux protagonistes évoluent. Les quelques scènes d’action, mettant en péril l’expédition, sont plutôt rondement menées, sauf que… Les effets spéciaux mettant en scène les attaques d’ours sont quelque peu grossières. Les CGI se voient clairement et font donc perdre une partie du réalisme proposé jusque-là dans ce métrage. Heureusement, ces scènes sont courtes et ne viennent pas complètement ruiner le film. La bande musicale proposée par Volker Bertelmann alias Hauschka est plutôt agréable tout en étant discrète. À noter que ce compositeur a également travaillé sur « The Old Guard » (2020) ainsi que sur « Stowaway » (2021). Le montage effectué par Morten Højbjerg débouche sur un métrage d’une durée de 102 minutes relativement captivantes.

En conclusion, « Against the Ice » est un bon film d’aventures, disposant d’une histoire originale, d’une intrigue simple et d’un développement stressant. Le rythme est modéré, le récit est fluide et la narration est linéaire. Le scénario de Joe Derrick s’articule sur l’exploit physique par rapport aux conditions extrêmes et la mise en scène signée Peter Flinth offre aux personnages une belle forme d’abnégation. La photographie est somptueuse, mais certains effets spéciaux sont tout juste passables. La bande originale est sobre et le montage est pondéré. La distribution offre de bonnes prestations, le duo formé par Nikolaj Coster-Waldau et Joe Cole, fonctionne bien dans une forme de relation « maître-élève ». L’ensemble se laisse agréablement regarder, idéalement sous un plaid avec un bon thé, au risque d’avoir froid à travers les images du grand nord…

 

 

À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

Discussion

Une réflexion sur “AGAINST THE ICE (2022) ★★★☆☆

  1. Intéressante expédition. Jee n’ai pas saisi si elle était purement fiction elle ou inspirée de faits réels.
    Nikolaj Coster-Waldau était aussi l’inoubliable Jaime Lannister dans Game of Thrones, où il est aussi le fils de… Charles Dance.

    Aimé par 1 personne

    Publié par princecranoir | 14/03/2022, 10 10 46 03463

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