Crime - Policier, Drame, Thriller

NIGHTMARE ALLEY (2021) ★★★✮☆


Nightmare Alley (2021)

 

 

Un forain ambitieux, qui a le talent de manipuler les gens avec peu de mots, rencontre une psychiatre qui s’avère bien plus dangereuse qu’elle ne le laisse paraitre.

 

 

« Nightmare Alley » est un thriller psychologique neo-noir américain datant de 2021, réalisé par Guillermo del Toro, à qui l’on doit également « The Shape of Water » (2017). Les acteurs principaux sont Bradley Cooper, qu’on a pu voir dans « The Mule » (2018), Cate Blanchett, qu’on a pu voir dans « Ocean’s 8 » (2018), Toni Collette, qu’on a pu voir dans « Stowaway » (2021), Willem Dafoe, qu’on a pu voir dans « The Hunter » (2011), Richard Jenkins, qu’on a pu voir dans « Bone Tomahawk » (2015), Rooney Mara, qu’on a pu voir dans « Side Effects » (2013), Ron Perlman, qu’on a pu voir dans « Fantastic Beasts and Where to Find Them » (2016), Mary Steenburgen, qu’on a pu voir dans « The Dead Girl » (2006), et David Strathairn, qu’on a pu voir dans « November Criminals » (2017). La première du film a eu lieu le 1er décembre 2021 au Alice Tully Hall à New York et fut diffusé en salles à partir du 17 décembre 2021 aux Etats-Unis.

L’histoire proposée par « Nightmare Alley » nous invite à suivre Stan Carlisle (Bradley Cooper), un homme en quête d’un chez lui, qui obtient un emploi dans un groupe de forains itinérants et qui observe les différents spectacles proposés. Il se focalise sur le show de clairvoyance de « Madame Zeena » (Toni Collette) et trouve un mentor avec Pete (David Strathairn), le mari de cette dernière. Ils utilisent un langage codé et des astuces de lecture à froid. Pete commence à enseigner ses tours à Stan, l’avertissant de ne pas les utiliser pour faire semblant de parler aux morts. Dans le même temps, Stan est de plus en plus attiré par Molly (Rooney Mara), une jeune artiste. Après le décès de Pete, les deux tourtereaux décident de quitter l’univers de la fête foraine pour tenter l’aventure ailleurs. On les retrouve deux années plus tard dans un cabaret fréquenté par la riche élite de Buffalo dans un numéro de mentaliste. Un juge (Peter MacNeill) les approche alors pour leur demander de les aider, lui et sa femme, à communiquer avec leur fils décédé durant la Première Guerre mondiale. Malgré les objections de Molly, Stan accepte. Mais la psychologue, le Docteur Lilith Ritter (Cate Blanchett) rôde autour de Stan et un jeu dangereux de manipulations débute entre eux…

Le scénario concocté par Kim Morgan et Guillermo del Toro, ce dernier endossant également la casquette de réalisateur et de producteur, s’inspire du roman du même nom signé William Lindsay Gresham paru en 1946. Pour faire un résumé ramené à sa plus simple expression, on pourrait dire « l’arroseur arrosé ». Les cinéastes, malgré le suspense et quelques scènes d’action, positionnent le récit dans la psychologie. D’un côté, un mentaliste, de l’autre une psychiatre. A ce petit jeu du plus fin, de la manipulation, d’intoxication de l’esprit, c’est la femme qui sera la plus forte. On peut se demander si cette version de 2021 est plus un remake du film de 1947 ou une relecture du roman originel. Le réalisateur explique que c’est Ron Perlman qui lui avait passé le livre en 1992, bien avant qu’il ne visionne le film. L’arc narratif est intéressant, mais l’histoire s’essouffle progressivement. Le récit est scindé en deux segments, le premier étant probablement le plus séduisant. La seconde partie est dédiée aux gesticulations typiques d’escrocs ce qui est divertissant, mais facilement anticipable.

De l’ensemble des personnages, on retiendra plus volontiers le profil de Stanton « Stan » Carlisle incarné avec une certaine force par Bradley Cooper, mais également celui du Docteur Lilith Ritter interprété par l’excellente Cate Blanchett. En ce qui concerne le premier, les cinéastes nous cachent volontairement un aspect de sa personnalité, qu’ils dévoilent progressivement tout au long du métrage à travers des flashbacks. On découvre ainsi sa relation avec son père. Un aspect qui est décelé très tôt par la psychiatre, qui va construire son plan machiavélique autour de cette fragilité. Stan se fait finalement avoir à son propre jeu, pensant qu’il est bien plus fort qu’il ne l’est en réalité. Lilith exploite donc les faiblesses de Stan pour le manipuler. Elle nourrit une vengeance et Stan sera le bras armé de celle-ci. Au jeu du plus manipulateur, elle remporte la partie, plongeant son sujet dans la panade, obligeant ce dernier a retourner à son point de départ, et bien pire encore…

Les valeurs de production de ce « Nightmare Alley » sont d’un niveau supérieur. Doté d’un budget de 38 millions de dollars, un gros travail a été effectué au niveau des décors, des costumes et des différents véhicules afin de plonger le spectateur dans l’ambiance du début des années 1940. Le tournage a été perturbé par la crise du COVID-19, entrainant une interruption de plus de six mois. La photographie proposée par Dan Laustsen met la lumière sur les difficultés, et même la pauvreté des gens du spectacle ambulant tels que les forains. Un contraste puissant avec l’univers feutré de la haute société où le principal protagoniste va se produire par la suite. Ce directeur de la photographie a déjà travaillé précédemment avec Guillermo del Toro, notamment sur « Mimic » (1997), « Crimson Peak » (2015) ainsi que sur l’incontournable « The Shape of Water » (2017). La bande musicale a été confiée à Nathan Johnson en remplacement de Desplat, parti pour des raisons de conflits d’emploi du temps. Le montage confié a Cam McLauchlin débouche sur un film d’une durée de 150 minutes.

En conclusion, « Nightmare Alley » est un bon thriller psychologique disposant d’une histoire originale, d’une intrigue captivante et d’un développement soigné. Le rythme est modéré, le récit est fluide et la narration fait appel à quelques flashbacks. La photographie est très réussie avec une belle palette de couleurs permettant de s’immerger dans l’époque du récit. La bande originale est agréable et le montage laisse énormément de temps à la mise en place des rebondissements. La distribution offre de bonnes prestations et le duo sulfureux composé de Cate Blanchett et Bradley Cooper est assez envoûtant. Un film que l’on peut aisément recommander malgré l’absence de ce petit plus indéfinissable qui en ferait un métrage remarquable.

 

 

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À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

Discussion

2 réflexions sur “NIGHTMARE ALLEY (2021) ★★★✮☆

  1. Une magnifique adaptation qui n’a pas à rougir de la précédente (en Noir & Blanc). Cooper y est excellent et Del Toro maître de ses effets.

    Aimé par 1 personne

    Publié par princecranoir | 06/04/2022, 12 12 31 04314
  2. Incontestablement, mon coup de cœur de ce début d’année ❤️

    Aimé par 1 personne

    Publié par Vampilou fait son Cinéma | 10/04/2022, 10 10 24 04244

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