Amazon Prime Video, Espionnage, Thriller

ALL THE OLD KNIVES (2022) ★★★★☆


All the Old Knives (2022)

 

 

Deux agents de la CIA et anciens amants se retrouvent 10 ans plus tard pour réexaminer une mission à Vienne lors de laquelle un autre agent aurait pu être compromis.

 

 

« All the Old Knives » ou « Le Couteau par la lame » (!!) pour la distribution française, est un thriller d’espionnage américain datant de 2022, dirigé par Janus Metz Pedersen, à qui l’on doit également « Borg vs McEnroe » (2017). Les acteurs principaux sont Chris Pine, qu’on a pu voir dans « The Finest Hours » (2016), Thandiwe Newton, qu’on a pu voir dans « Solo: A Star Wars Story » (2018), Laurence Fishburne, qu’on a pu voir dans « The Colony » (2013), Jonathan Pryce, qu’on a pu voir dans « The Salvation » (2014), et David Dawson, qu’on a pu voir dans « London Boulevard » (2010). Ce film est disponible sur Amazon Prime Video depuis le 8 avril 2022.

L’histoire proposée par « All the Old Knives » nous invite à suivre Henry Pelham (Chris Pine), un agent de la CIA, qui se voit informé par son supérieur, Vick Wallinger (Laurence Fishburne), que l’agence a décidé de rouvrir le dossier Turkish Alliance 127. L’affaire concerne un détournement d’avion par des terroristes en 2012 qui s’est terminé en tragédie. L’agence soupçonne qu’il y a eu une fuite dans la section de Vienne, où travaillaient Vick et Henry. Ce dernier est envoyé aux Etats-Unis pour interroger Celia Harrison (Thandiwe Newton), qui travaillait également dans l’antenne de Vienne au moment du détournement. Henry et Celia étaient alors amants, mais elle l’a quitté peu de temps après les événements. Celia, aujourd’hui retirée de l’agence, vit paisiblement à Carmel-by-the-Sea en Californie, avec sa famille. Henry la rencontre dans un restaurant haut de gamme, presque vide de clients et de personnel. Une longue conversation s’engage. Les deux anciens amants se remémorent l’affaire ainsi que les moments de passion qu’ils ont partagé. Mais la vérité sortira t’elle de cette rencontre, dix années après les faits…

Le scénario concocté par Olen Steinhauer est basé sur son propre roman du même nom paru en 2015. Le roman-scénariste inscrit son histoire dans un genre que nous affectons particulièrement, l’espionnage. Un métrage que l’on peut venir positionner aux côtés des récents « The Rhythm Section » (2020) de Reed Morano, « The 355 » (2022) de Simon Kinberg ou encore « Tenet » (2020) de l’incontournable Christopher Nolan. Bien que le fond de l’affaire soit articulé sur une histoire de détournement d’avion avec prise d’otages, le récit ne s’attarde pas trop sur ce point. Le film aborde également l’idéologie islamiste avec des ramifications iraniennes et tchétchènes. Mais revenons un instant vers le champ notionnel de l’espionnage. Dans le cas présent, il s’agit d’une surveillance des mouvances terroristes, avec de multiples contacts dans la communauté musulmane, des informateurs, des trahisons et des conflits d’intérêts. Toutefois, à l’arrivée, c’est une puissante et belle histoire d’amour.

Bien qu’il y ait de très bons acteurs pour les rôles secondaires, comme Jonathan Pryce, Corey Johnson ou encore Laurence Fishburne, c’est vers les deux personnages principaux qu’on se focalise. Chris Pine incarne donc Henry Pelham et Thandiwe Newton interprète Celia Harrison, deux agents de la CIA de la cellule de Vienne en Autriche. En plus d’être « collègues » de travail, ils entretiennent une relation sentimentale très passionnelle. Chacun ayant développé son propre réseau de contacts, ils œuvrent chacun dans leur domaine de compétence pour trouver une solution viable afin de solutionner la prise d’otages. L’ensemble des faits datant de 2012 sont présentés sous forme de flashbacks, composant finalement l’essentiel du métrage, lors d’un repas en tête-à-tête dans un restaurant offrant une vue somptueuse. Ainsi donc la représentation du temps « présent » est nettement plus faible que l’ensemble des flashbacks. Cependant, l’épilogue a lieu à la fin de ce dîner imbibé de souvenirs. On sent bien évidemment une tension s’installer entre les deux protagonistes, laissant ainsi planer le mystère sur les responsabilités des uns et des autres sur l’échec de leurs actions antérieures ayant conduit au désastre.

Les valeurs de productions sont d’une très bonne qualité. La photographie signée Charlotte Bruus Christensen est très bien orchestrée proposant des ambiances distinctes pour que l’on puisse bien différencier les deux époques du récit séparées d’une dizaine d’années. C’est notamment par les deux approches physiques des deux personnages principaux que la différence est construite, couleurs et longueurs des cheveux et style vestimentaire. La directrice de la photographie joue également sur les couleurs. Une teinte généralement plus terne pour dépeindre les scènes autrichiennes et une couleur plus chaude, plus colorée pour accompagner le repas qui sert de fil conducteur au récit. Cette cheffe opérateur de prise de vues a déjà œuvré sur des métrages tels que « The Girl on the Train » (2016), « Fences » (2016), ou encore « A Quiet Place » (2018). La bande musicale proposée par Jon Ekstrand et Rebekka Karijord est très agréable marquant parfaitement les différentes ambiances et accentuant les scènes de tension. Enfin, le montage effectué par Mark Eckersley et Per Sandholt très original qui débouche sur un film d’une durée de 101 minutes.

En conclusion, « All the Old Knives » est un thriller d’espionnage disposant d’une histoire originale, d’une intrigue forte et d’un développement singulier. Le rythme alterne entre lent et modéré, le récit est fluide et la narration fait d’innombrables allers et retours entre deux époques. La photographie est agréable et suffisamment marquée pour bien différencier les périodes du récit. La bande originale est sympathique avec des thèmes modernes, plus classiques et des sons métalliques par endroits, lors des scènes sous pression. Le montage vient parfaitement traduire la volonté des cinéastes de marquer les différentes périodes. La distribution offre de bonnes prestations et le duo formé par Thandiwe Newton et Chris Pine fonctionne bien avec une belle alchimie à l’écran. L’ensemble est agréablement surprenant et mérite que l’on recommande ce métrage.

 

 

À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

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