Crime - Policier, Mystère, Serial Killers, Thriller

CHILD 44 (2015) ★★★★☆


Child 44 (2015)

 

 

Un membre disgracié de la police militaire russe enquête sur une série de meurtres d’enfants commis pendant la période stalinienne de l’Union soviétique.

 

 

« Child 44 » est un thriller policier américain datant de 2015, réalisé par Daniel Espinosa, à qui l’on doit également « Safe House » (2012). Les acteurs principaux sont Tom Hardy, qu’on a pu voir dans « Dunkirk » (2017), Gary Oldman, qu’on a pu voir dans « The Woman in the Window » (2021), Noomi Rapace, qu’on a pu voir dans « Black Crab » (2022), Joel Kinnaman, qu’on a pu voir dans « Edge of Winter » (2016), Paddy Considine, qu’on a pu voir dans « The Girl with All the Gifts » (2016), Jason Clarke, qu’on a pu voir dans « Pet Sematary » (2019), et Vincent Cassel, qu’on a pu voir dans « Underwater » (2020). Ce métrage est paru le 17 avril 2015. Il est considéré comme un flop (box office bomb), rapportant 13 millions de dollars pour un budget de 50 millions de dollars.

L’histoire proposée par « Child 44 » nous invite à suivre le Capitaine Leo Demidov (Tom Hardy) qui œuvre au ministère de la Sécurité d’Etat (MGB), et vit à Moscou avec sa femme Raisa (Noomi Rapace), institutrice. Il commande une unité chargée de traquer et d’arrêter les dissidents. Pendant ce temps, le fils de huit ans d’Alexei Andreyev (Fares Fares), le bras droit de Leo, est retrouvé mort près d’une gare. Bien que le rapport d’autopsie montre des blessures compatibles avec la torture, le prélèvement d’organes et la noyade, les autorités déclarent qu’il a été heurté par un train, Staline ayant décrété que le meurtre est une maladie capitaliste et qu’il ne peut pas y avoir de meurtre au paradis, sous-entendu en URSS.

Le Major Kuzmin (Vincent Cassel) explique à Leo que son épouse apparaît sur une liste de dissidents supposés, plusieurs de ses collègues ayant été récemment arrêtés. Kuzmin ordonne à Leo d’enquêter sur sa propre femme. Bien que Leo affirme que sa femme est innocente, ils sont exilés dans la ville provinciale de Volsk. Leo est rétrogradé et se retrouve sous le commandement du Général Nesterov (Gary Oldman). Le corps d’un autre enfant est retrouvé près de la voie ferrée à Volsk, avec des blessures similaires à celles de Jora. Leo commence à réaliser qu’un tueur en série est en liberté. Il va donc entreprendre d’enquêter, en association avec le Général Nesterov au risque d’être arrêté et jeté en prison…

Le scénario concocté par Richard Price tente, à la fois, de jongler avec un mystère concernant une série de meurtres, d’ailleurs basé sur le dossier Andrei Chikatilo, alias le « Boucher de Rostov » et l’histoire d’un homme loyal pris dans le bourbier de la dictature écrasante de Staline, où le seul moyen de progresser est de dénoncer ses collègues, voisins, amis… C’est le dilemme auquel l’agent de sécurité de l’Etat, Leo Demidov (Tom Hardy) se trouve confronté, malgré le fait qu’il soit passé du statut de modeste orphelin ukrainien à celui de héros de la Seconde Guerre mondiale ayant hissé le drapeau soviétique sur le toit du Reichstag. L’aspect thriller policier pourrait coller avec n’importe quelle époque, dans n’importe quelle partie du monde.

Des corps mutilés de jeunes garçons surgissent près des voies ferrées de Moscou, mais les autorités refusent de les reconnaître comme victimes d’un crime, répétant aveuglément l’adage du Parti communiste selon lequel « il n’y a pas de meurtre au paradis ». Entre les malheurs professionnels de Leo, les tribulations conjugales et l’obsession croissante pour les meurtres, il se passe certainement beaucoup de choses en même temps, et les cinéastes ont du mal à se positionner sur un thème précis. Toutefois, certaines séquences sortent du lot, notamment une poignée de clashs conjugaux qui permettent à Tom Hardy et à la toujours excellente, Noomi Rapace, de faire valoir leur compétence.

Dans bien des cas, les personnages les plus intéressants sont les traîtres, les méchants, les vilains de l’histoire. À trop y regarder, les héros sont lisses, trop propres, trop prévisibles. Pour ce « Child 44« , le personnage le plus piquant est celui incarné par Joel Kinnaman, le Lieutenant Vasili Nikitin. Il évolue aux côtés, mais surtout dans l’ombre, de son supérieur le Capitaine Leo Demidov. Le point de bascule est probablement l’humiliation que ce dernier lui fait subir alors qu’il exécute de sang-froid les complices d’un dissident, pour dit-il, faire un exemple. De ce moment, Vasili Nikitin n’aura de cesse que de nourrir une profonde rancœur envers son capitaine, et cherchera à lui nuire et ainsi de prendre sa place, dans son bureau, mais également dans son lit. On le retrouvera sur le chemin du couple Hardy / Rapace, à chacun de leur déboire. Ce conflit se terminera dans une forêt au fond d’un fossé boueux.

Ce métrage ayant bénéficié d’un budget de 50 millions de dollars, les valeurs de production sont d’un très bon niveau. Le tournage s’est déroulé entièrement en République Tchèque, notamment à Prague et à Ostrava. La photographie délivrée par Oliver Wood, qui par ailleurs a travaillé sur des films comme « The Other Guys » (2010), « Safe House » (2012), « 2 Guns » (2013), « Ben-Hur » (2016) ou encore « Jack Reacher: Never Go Back » (2016), nous immerge pleinement dans l’atmosphère austère et hostile de l’Union soviétique d’après-guerre du temps de Staline. D’ailleurs, « Child 44 » a été interdit en Russie, mais également dans les autres pays « amis » tels que la Biélorussie, l’Ukraine, le Kazakhstan et le Kirghizistan. L’ambiance générale est profondément terne avec des couleurs foncées pour les costumes, les véhicules et une bonne partie des décors. La bande musicale orchestrée par Jon Ekstrand vient renforcer cette atmosphère sombre avec des airs mélodieux et symphoniques. Enfin, le montage effectué par Pietro Scalia et Dylan Tichenor débouche sur un film d’une durée de 137 minutes.

En conclusion, « Child 44 » est un très bon thriller policier disposant d’une histoire rude, d’une intrigue qui s’égare par endroits et d’un développement lugubre. Le rythme est modéré, le récit est fluide et la narration est linéaire. La photographie permet de plonger dans l’ambiance spécifique de cette période dans ce pays, la bande originale vient renforcer le climat austère et sinistre du récit, et le montage permet un développement sérieux des principaux personnages. La distribution offre de très bonnes performances, Tom Hardy et Noomi Rapace livrent d’excellentes prestations, toutefois dominées par l’habileté du jeu de Joel Kinnaman qui offre un personnage détestable à souhait. L’ensemble se laisse regarder malgré sa longueur et s’avère être bien plus intéressant que les critiques ne le laissaient entrevoir…

 

 

À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

Discussion

2 réflexions sur “CHILD 44 (2015) ★★★★☆

  1. Une immense claque ce film, je l’ai adoré !

    Aimé par 1 personne

    Publié par Vampilou fait son Cinéma | 26/06/2022, 20 08 47 06476
    • J’ai eu du mal à comprendre pourquoi ce métrage fut un échec commercial et critique. Le fait que les acteurs parlent en imitant l’accent russe à fortement nui à l’appréciation globale du film, ce que je peux comprendre. Un soucis qu’on ne rencontre pas dans la version française. Comme quoi, de temps en temps, le doublage peut avoir du bon…

      J’aime

      Publié par Olivier Demangeon | 28/06/2022, 11 11 24 06246

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