Horreur, Mystère, Thriller

THE EMPTY MAN (2020) ★★★✮☆


The Empty Man (2020)

 

 

Un détective essaye de résoudre le cas de la disparition d’une jeune fille. Ce faisant il vient à croiser le chemin d’un groupe secret qui essaie d’invoquer une entité surnaturelle terrifiante.

 

 

« The Empty Man » est un thriller américain d’horreur surnaturelle datant de 2020, écrit et réalisé par David Prior, qui signe avec ce film son premier long-métrage. Les acteurs principaux sont James Badge Dale, qu’on a pu voir dans « Spectral » (2016), Marin Ireland, qu’on a pu voir dans « The Dark and the Wicked » (2020), Stephen Root, qu’on a pu voir dans « Get Out » (2017), Ron Canada, qu’on a pu voir dans « The Haunting of Molly Hartley » (2008), Robert Aramayo, qu’on a pu voir dans « Nocturnal Animals » (2016), et Joel Courtney, qu’on a pu voir dans « Mercy » (2014). Ce métrage est paru le 23 octobre 2020 aux Etats-Unis, mais fit malheureusement un flop au box-office.

L’histoire proposée par « The Empty Man » nous invite à suivre James Lasombra (James Badge Dale), un ancien policier qui souffre de la perte de son épouse et de son enfant, tous deux décédés dans un accident de voiture. Il vit plus ou moins isolé, mais semble avoir des liens étroits avec sa voisine Nora (Marin Ireland), qui vient à lui lorsque sa fille Amanda (Sasha Frolova) disparaît. L’enquête de police ne semble pas vraiment démarrer, car cette dernière est majeure et peut faire ce qu’elle veut, mais James semble penser qu’il y a quelque chose de plus, et pas uniquement parce qu’il y a un message, écrit avec du sang, sur le miroir de la salle de bain, qui dit : « Le Empty Man m’a dit de le faire« … James décide alors d’enquêter lui-même et à travers les amis d’Amanda, il remonte jusqu’à une secte qui adule une sorte de boogeyman…

Le scénario concocté par David Prior, qui endosse sur ce projet la double casquette de scénariste et de réalisateur, est vraiment très riche, très dense, à se demander s’il n’aurait pas été préférable de produire une mini-série afin d’explorer les différentes orientations proposées. Pour un film dont le titre peut se traduire par « L’Homme Vide », le moins que l’on puisse dire, c’est que le script est chargé en points d’intrigue et de rebondissement. Le cinéaste slalome entre différents sous-genres, personnages, chronologie et fils de l’histoire. Mais sous ses couches distinctes, « The Empty Man » traite de la façon dont on décide de faire face au chagrin, à la perte et au traumatisme engendré. Finalement, l’homme vide, l’entité maléfique, est la personnification symbolique de l’obscurité interne et psychologique à laquelle de nombreuses personnes sont confrontées dans la vie quotidienne. Paul (Aaron Poole), le premier porteur de l’homme vide, a des cicatrices aux poignets à la suite de problèmes d’équilibre mental passé. James (James Badge Dale), quant à lui, après la perte de son épouse et de son fils, quitte son métier de policier, vit seul et fait régulièrement des cauchemars sur son passé. L’entité vient à ceux qui sont vulnérables, ceux qui n’ont apparemment plus de raison de vivre. Dans un certain sens, ses victimes sont des personnes qui errent dans ce monde sans sens à leur vie.

De l’ensemble des personnages, le focus est essentiellement porté sur James Lasombra, un homme brisé par la perte de sa famille, qui bien qu’expérimenté dans l’investigation, semble avoir perdu ses repères en ce qui le concerne, au point de s’installer, sans qu’il s’en rende réellement compte, dans une forme de vulnérabilité. C’est d’ailleurs souvent ainsi que certains éléments de la narration deviennent pertinents. Les sectes utilisent presque toujours la vulnérabilité des gens pour susciter un sentiment de communauté et instaurer une forme de croyance. Le récit nous indique que James Lasombra est apparemment satisfait de vivre seul. Bien qu’il renoue avec Nora lorsque la fille de cette dernière disparaît, il la repousse systématiquement. Lorsqu’il coopère avec la police, il ne le fait que partiellement, préférant enquêter seul dans son coin. Mais progressivement, lorsque le récit avance, on comprend qu’il s’était précédemment rapproché de la secte et qu’il a, lui aussi, invoqué l’Homme Vide. Mais étrangement, l’explication du pourquoi il semble avoir tout oublié ne vient jamais, à moins que je ne sois passé à côté.

Les valeurs de production qui s’articulent autour de « The Empty Man » sont d’une très bonne qualité. La photographie délivrée par Anastas Michos offre de nombreuses prises de vue différentes avec une multiplication de lieux de tournage. Et justement, la majorité du tournage a eu lieu en Afrique du Sud en 2016. Ken Barthelmey a conçu le squelette présenté dans la grotte, mais quelques autres éléments pour le film. David Prior, le réalisateur, lui a demandé de créer quelque chose qui dégageait un aspect ancien, de l’autorité, de la menace et de non-humain et a mentionné le travail qui avait été présenté dans Alien, comme référence. La bande musicale orchestrée par Christopher Young et Brian Williams vient grandement participer à l’ambiance des scènes les plus intenses en matière de suspense en installant une tension assez forte. Enfin, le montage proposé par Andrew Buckland, assisté par David Prior lui-même, débouche sur un film d’une durée de 137 minutes.

En conclusion, « The Empty Man » est un bon film d’horreur disposant d’une histoire familière, d’une intrigue prenante et d’un développement qui prend son temps. Le rythme est médian, le récit est fluide et la narration est linéaire. La photographie est agréable avec des séquences qui s’inspirent de différents sous-genres de l’horreur, la bande originale est très bien orchestrée et le montage est cohérent malgré certaines longueurs. La distribution offre de bonnes prestations dans l’ensemble bien que le focus soit fixé sur James Badge Dale qui livre une très bonne performance avec un bel équilibre entre curiosité, désir d’avancer dans son enquête, son passé difficile et sa propre remise en question. L’ensemble est captivant et, dans une certaine mesure, fait preuve d’une certaine originalité. À découvrir…

 

 

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À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

Discussion

Une réflexion sur “THE EMPTY MAN (2020) ★★★✮☆

  1. J’avais eu la chance de le découvrir avant sa sortie en France, fin 2020, et j’en avais fais un de mes films de l’année. Cela faisait tellement du bien de voir un film de genre, US qui plus est, qui essaye de faire les choses différemment, qui sait prendre son temps plutôt que de nous mettre jumpscares sur jumpscares, ce qui ne fonctionne pas sur moi et maintenant m’irrite au plus haut point ! Une sérieuse envie de le revoir maintenant…

    Aimé par 1 personne

    Publié par Rick | 15/07/2022, 22 10 32 07327

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