Action, Corée du Sud, Crime - Policier, Netflix, Thriller

CARTER (2022) ★★★★☆


Carter (2022)

 

 

Un homme se réveille amnésique. Guidé par une mystérieuse voix provenant d’un dispositif placé dans son oreille, il entreprend une mission risquée de sauvetage d’otages.

 

 

« Kateo » (카터) ou « Carter » pour la distribution internationale, est un thriller d’action sud-coréen datant de 2022, réalisé par Jung Byung-gil (정병길), à qui l’on doit également « The Villainess » (2017). Les acteurs principaux sont Joo Won, qu’on a pu voir dans « Fatal Intuition » (2015), Lee Sung-jae, qu’on a pu voir dans « Human, Space, Time and Human » (2018), Jung So-ri, qu’on a pu voir dans « The Spy Gone North » (2018), Kim Bo-min, qu’on a pu voir dans « Miss Baek » (2018), et Jung Jae-young, qu’on a pu voir dans « The Fatal Encounter » (2014). Ce métrage est disponible sur Netflix depuis le 5 août 2022.

L’histoire proposée par « Carter » nous plonge au milieu d’une pandémie mortelle qui a déjà dévasté les États-Unis et la Corée du Nord. Ce virus rend les personnes infectées violentes dans une forme de type zombie et semble trouver son origine dans la DMZ. Un homme (Joo Won) se réveille dans le lit d’une chambre d’hôtel à Séoul, recouvert de sang, avec une cicatrice en forme de croix à l’arrière de la tête. Des agents armés de la CIA débarquent et le menacent en demandant où se trouve le Docteur Jung Byung-ho (Jung Jae-young). Sans aucun souvenir de son passé, il ne sait pas qui il est ni pourquoi il est là, et encore moins qui est le Docteur Jung. Une voix féminine à l’intérieur de son oreille, que lui seul peut entendre, lui dit qu’il s’appelle Carter et qu’il doit suivre ses instructions s’il veut vivre. Suivant la voix, il s’échappe de la pièce et entre dans un bain public où il affronte un nombre important de personnes qui tentent de le tuer, mais survit grâce à ses talents de combattant aguerri.

À l’intérieur d’une camionnette d’agents du NIS, la voix féminine entendue par Carter révèle qu’elle est Han Jung-hee (Jeong So-ri). Cette dernière travaille pour le Parti travailliste nord-coréen, qui collabore actuellement avec la Corée du Sud pour créer un traitement contre le virus. Le Docteur Jung Byung-ho, qui a réussi à guérir Ha-na (Jeong So-ri), sa propre fille infectée, dirige le projet basé sur un anticorps de l’enfant. Sur le chemin d’un laboratoire en Corée du Nord, Ha-na a disparu et aurait été kidnappée par la CIA. Carter (Joo Won) est chargé de sauver Ha-na et de la ramener dans une installation nord-coréenne où la production d’un vaccin est en cours. Après de nombreuses péripéties, Carter parvient à rejoindre la Corée du Nord avec Ha-na, où ils rencontrent Han Jung-hee et son supérieur le général nord-coréen Kim Jong-hyeok (Lee Sung-jae). Alors que Carter est sur le point de terminer sa mission et de retrouver ses souvenirs, le général Kim se dévoile comme l’instigateur d’un coup d’état. Carter se retrouve isolé mais décidé à sauver sa famille…

Depuis quelque temps, en ce qui concerne le cinéma d’action, l’influence de l’esthétique de John Wick est incontestable, définie par son approche du meurtre tout en étant imprégnée d’une énergie cinétique et d’une perception de rapidité, qui sont devenues le contre-pied des films de héros chargés d’effets spéciaux. Mais s’il est devenu la norme que de citer l’influence de John Wick, il y a une personne qui peut se targuer du contraire. Cette personne n’est autre que Jung Byung-gil. Pour exemple, son précédent long-métrage, « The Villainess » (2017) présentait une séquence de combat à motos lancées à grande vitesse. Une scène dont le réalisateur Chad Stahelski s’est largement inspiré pour son « John Wick: Chapitre 3 – Parabellum » paru en 2019. « The Villainess » devait servir de rampe de lancement à Jung Byung-gil pour entrer à Hollywood. Un film intitulé « Afterburn » avec Gerard Butler devait suivre, mais n’a malheureusement jamais vu le jour. Ainsi, il aura fallu cinq années au réalisateur coréen pour se relever et présenter « Carter » avec l’aide de Netflix.

Comme c’est souvent le cas en Corée du Sud, Jung Byung-gil endosse la double casquette de réalisateur et de scénariste. En outre, celui-ci est également co-producteur du métrage. Ainsi, les 130 minutes du film se déroulent en temps réel à travers un plan continu, augmentant les possibilités d’aller jusqu’où le genre peut être poussé, et cela, grâce au mélange post-numérique. Nous voilà plongés dans un métrage où dès le premier quart d’heure, Jon Won, incarnant le personnage principal, a déjà traversé une fenêtre pour se retrouver dans le bâtiment d’en face, rapidement suivi par la nécessité de se frayer un passage dans un bain public à travers plusieurs dizaines de gangsters bien décidés à en découdre, et cela uniquement armé d’une faucille, tout en étant vêtu d’un simple string. Jung Byung-gil déploie tout son art et semble s’amuser à le faire. À l’inverse de ce que j’ai pu lire sur le film, le présentant comme un empilement de scènes d’action, l’intrigue se révèle peu à peu. L’action devenant de plus en plus explosive et divertissante. Au milieu du chaos frénétique des coups-de-poing et de pieds, des coups de couteaux, des coups de feu, des poursuites en voiture, en camion, en hélicoptère ou en train, et des corps éparpillés à gauche et à droite, et même au centre, il y a tout de même une histoire. Il y a une volonté de sauver l’humanité et le sentiment de défendre les valeurs de la famille, tout en évitant les attaques de zombies.

Les valeurs de production sont d’un très bon niveau. La photographie est impressionnante malgré la simplicité des décors. Toute l’action est capturée grâce à un travail de caméra vraiment remarquable, souvent réalisé à l’aide de drones, capturant des angles singuliers et se déplaçant d’une manière que la plupart des réalisateurs de films d’action n’ont probablement jamais pensé. Le point de vue change constamment, passant d’un suivi classique autour des personnages vers une vue à la première personne de différents personnages, dont un zombie. L’équipe de cascadeurs dirigée par Kwon Gui-duck offre de nombreuses nouvelles séquences d’action et c’est avec un plaisir coupable que je dois avouer que je serais curieux de voir comment Jung Byung-gil pourrait surpasser tout ce qui est présenté dans ce film. La bande musicale est plaisante dans l’ensemble avec des titres à dominance modernes venant accompagner les scènes d’action et renforcer la tension. Enfin, le montage débouche sur un métrage d’une durée de 132 minutes.

En conclusion, « Carter » est un très bon film d’action disposant d’une histoire simple, d’une intrigue classique et d’un développement hallucinant d’énergie. Le rythme est intense, le récit est fluide et la narration est linéaire. La photographie est sobre, mais les scènes d’action sont à couper le souffle avec une multitude d’innovation dans les prises de vue et les cascades. La bande originale est sommaire mais efficace et le montage est nerveux. La distribution offre de bonnes prestations, mais le focus est clairement orienté sur Joo Won qui n’a pas hésité à prendre sept kilos de muscles et a suivi un entraînement intensif pour assurer certaines cascades et perfectionner sa conduite de moto. L’ensemble est grandement divertissant et impressionnant malgré la fragilité du script.

 

 

 

 

À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

Discussion

3 réflexions sur “CARTER (2022) ★★★★☆

  1. Si Carter n’a rien à apprendre de John Wick, on peut visiblement citer une grosse influence de Jason Bourne sur le script on dirait.
    En tout cas, ça semble efficace.

    Aimé par 1 personne

    Publié par princecranoir | 21/08/2022, 6 06 56 08568
  2. Ce film restera mon plus grand traumatisme de l’année, car mon avis est à l’opposé du tien. J’ai littéralement détesté la proposition du réalisateur, son côté tape à l’œil avec ce faux plan séquence au montage haché qui m’aura donné la migraine au bout de 15 minutes, pour un film qui finalement ne raconte rien. En fait je crois que le film compile tout ce que je n’aime pas au cinéma, en 2h (ou 2h10).

    Aimé par 1 personne

    Publié par Rick | 29/09/2022, 15 03 10 09109

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Nombres de Visites

  • 418 791 visiteurs ont fréquenté ce blog. Merci à tous !

Entrez votre adresse mail pour suivre ce blog et être notifié par email des nouvelles publications.

Archives

%d blogueurs aiment cette page :