Catastrophe, Drame, Historique, Thriller

WORLD TRADE CENTER (2006) ★★★★★


 

World Trade Center (2006)

 

 

Deux policiers de l’Autorité portuaire sont pris au piège sous les décombres du World Trade Center.

 

 

« World Trade Center » est un film catastrophe américain datant de 2006, réalisé par Oliver Stone, à qui l’on doit également « Snowden » (2016). Les acteurs principaux sont Nicolas Cage, qu’on a pu voir dans « Seeking Justice » (2011), Maria Bello, qu’on a pu voir dans « Lights Out » (2016), Michael Peña, qu’on a pu voir dans « Moonfall » (2022), Maggie Gyllenhaal, qu’on a pu voir dans « White House Down » (2013), Stephen Dorff, qu’on a pu voir dans « The Iceman » (2012), Michael Shannon, qu’on a pu voir dans « The Shape of Water » (2017), et Frank Whaley, qu’on a pu voir dans « Vacancy » (2007). Ce film est sorti en salles le 9 août 2006 aux Etats-Unis et le 20 septembre 2006 en France.

L’histoire proposée par « World Trade Center » nous plonge dans les attentats du 11 septembre 2001, et plus précisément vers ceux impliquant les célèbres Twin Towers. Des membres de la police de l’autorité portuaire sont dépêchés sur place pour participer à l’évacuation de la tour nord. À leur tête, le sergent John McLoughlin (Nicolas Cage), vétéran de l’attentat de 1993 qui avait déjà visé cette même tour nord. Il est accompagné d’un groupe de volontaires, les officiers Antonio Rodrigues (Armando Riesco), Will Jimeno (Michael Peña) et Dominick Pezzulo (Jay Hernandez), et rejoint plus tard par l’officier Christopher Amoroso (Jon Bernthal). Alors qu’ils se préparent à entrer dans la tour nord depuis le hall, la tour sud commence à s’effondrer sur eux, mais parviennent à se réfugier dans la cage d’ascenseur. McLoughlin, Jimeno et Pezzulo sont les seuls survivants, mais ils sont piégés sous les décombres. Pezzulo est mortellement blessé lorsque la tour nord s’effondre. Jimeno et McLoughlin passent des heures douloureuses et terrifiantes sous les décombres à se raconter leur vie. Pendant ce temps, leurs familles essaient de savoir s’ils sont toujours en vie…

Le scénario concocté par Andrea Berloff est éminemment intelligent, car il n’aborde pas la tragédie de ces attentats sous le prisme de la politique, de l’idéologie ou du mélodrame effréné. Non, j’y ai vu une approche résolument positive, dans le sens où le récit se focalise sur deux personnes qui ont survécu alors qu’ils furent ensevelis sous les gravas avec l’effondrement des tours. John McLoughlin et Will Jimeno vont ainsi rester coincés durant de longues heures dans les décombres, jusqu’à ce qu’ils soient repérés par l’ancien sergent du Corps des Marines américain Jason Thomas (William Mapother) et le sergent d’état-major Dave Karnes (Michael Shannon). Durant ces heures difficiles, les deux policiers vont mutuellement se soutenir, notamment à travers des échanges sur leur famille respective, leur projet, leurs loisirs. Dans le même temps, on va suivre l’angoisse et l’impuissance des familles qui se sont regroupées en leur sein. Les uns et les autres passeront par toutes sortes d’émotions, allant de l’espoir à la résignation. Plusieurs flashbacks viennent ornementer les raisons qui auront permis à ces deux hommes de tenir jusqu’à l’arrivée des secours.

Le focus est donc positionné sur les deux policiers. Le sergent McLoughlin, incarné par Nicolas Cage, se présente comme une personne calme et vigilante. Vétéran de l’attentat à la bombe contre le World Trade Center en 1993, il se précipite sur la brèche le 11 septembre en sachant qu’aucun plan adéquat n’existe pour faire face à une catastrophe de cette ampleur. L’officier Jimeno, interprété par Michael Peña, est une recrue. Il est impatient et anxieux. Son visage dévoile son désir de faire ses preuves au travail, mais affiche également des nuances distinctes de peur. Immobilisés sous des tonnes de gravats et de métal tordu, ils ne cessent de se parler pour éloigner le désespoir et le sommeil. On a l’impression que c’est leur première vraie conversation. McLoughlin et sa femme, Donna (Maria Bello), ont quatre enfants ; Jimeno et sa femme, Allison (Maggie Gyllenhaal), attendent leur deuxième enfant, et tandis que les deux hommes se parlent, les banalités de la vie quotidienne prennent une tournure presque sacrée. Maria Bello révèle la ténacité de Donna sans l’exagérer, tandis que Maggie Gyllenhaal suggère une personnalité compliquée et épineuse sous la panique et le chagrin. Nicolas Cage tourne toute son intensité vers l’intérieur, tandis que Michael Peña est plus sympathique tout en étant plus nerveux. Le contraste entre les deux acteurs maintient le film dans sa longue et difficile partie médiane.

Le film ne parle pas seulement des victimes de l’attaque et de leurs familles, mais aussi de leurs sauveteurs, notamment David Karnes, incarné avec une dimension singulière par Michael Shannon, qui quitte son travail de bureau dans le Connecticut, enfile son uniforme du Corps des Marines et se glisse à ground zéro pour chercher des survivants. David Karnes est le seul personnage du film qui regarde au-delà de la fumée et de la souffrance et exprime un désir de vengeance. Mais le réalisateur, Oliver Stone, et la scénariste, Andrea Berloff, gardent leurs distances avec la politique. Les deux hommes enterrés sous les Twins Tower ne savent même pas ce qui les ont fait tomber, et tout le monde est bien trop occupé pour commencer à apprendre le vocabulaire exotique que nous finirions tous par acquérir après ces événements. Ce film n’a rien à dire sur Oussama ben Laden, Al-Qaïda ou le djihad. Cela viendra plus tard. Le but du film n’est pas tant de construire une réplique visuelle que de vous plonger, une fois de plus, dans le choc, la terreur, la rage, le chagrin, la solidarité, l’inquiétude et l’amour.

Le drame du World Trade Center revêt une émotion particulière pour Laurence. En février 2001, cinq mois avant les attentats, elle était en visite à New York et s’est rendue sur la terrasse panoramique pour profiter de la vue sur la ville et ses alentours.

En conclusion, « World Trade Center » est un excellent film dramatique et historique disposant d’une histoire « heureuse » dans cette catastrophe meurtrière, d’une intrigue efficace et d’un développement singulier. Le rythme est modéré, le récit est fluide et la narration fait appel à plusieurs flashbacks. La photographie délivrée par Seamus McGarvey fait appel à de nombreux effets spéciaux pour récréer l’atmosphère particulière de ce désastre. La bande musicale orchestrée par Craig Armstrong est subtile avec des notes très douces au piano dans les moments d’émotion. Les effets sonores sont très impressionnants, notamment à l’approche des tours, puis lorsque l’on évoque l’effondrement des différents bâtiments. Une sensation particulière qui nous projette de manière très réaliste dans l’action, chose que ne faisaient pas les images d’informations de l’époque. Le montage effectué par David Brenner et Julie Monroe débouche sur un film d’une durée de 129 minutes. Une séance qui peut s’envisager comme longue, mais durant laquelle on ne voit finalement pas le temps s’écouler. L’ensemble est assez émouvant, offre un dénouement heureux sans occulter les tragédies multiples de cette atrocité surdimensionnée…

 

 

 

 

À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

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