Crime - Policier, Drame, Thriller

8 MM (1999) ★★★✮☆


 

8mm (1999)

 

 

Un détective privé doit découvrir si un « snuff movie » est authentique ou non.

 

 

« 8mm » est un thriller policier américain datant de 1999, réalisé par Joel Schumacher, à qui l’on doit « Trespass » (2011). Les acteurs principaux sont Nicolas Cage, qu’on a pu voir dans « Mom and Dad » (2017), Joaquin Phoenix, qu’on a pu voir dans « You Were Never Really Here » (2017), James Gandolfini, qu’on a pu voir dans « The Drop » (2014), Peter Stormare, qu’on a pu voir dans « Day Shift » (2022), Anthony Heald, qu’on a pu voir dans « X-Men: The Last Stand » (2006), Catherine Keener, qu’on a pu voir dans « The Adam Project » (2022), Norman Reedus, qu’on a pu voir dans « Triple 9 » (2016), et Chris Bauer, qu’on a pu voir dans « Money Monster » (2016). Ce métrage est paru le 26 février 1999 aux Etats-Unis et le10 mars 1999 en France. Le film a reçu des critiques négatives, mais a été un succès au box-office. Il a été suivi d’une suite, « 8mm 2 » , en 2005, bien que les intrigues des deux films ne soient pas liées.

L’histoire présentée par « 8 mm » nous invite à suivre Tom Welles (Nicolas Cage), un détective privé, plutôt habitué à enquêter sur les adultères, qui est engagé par une vieille dame, Madame Christian (Myra Carter), pour enquêter sur l’authenticité du film en 8 mm qu’elle a trouvé dans le coffre-fort de son mari décédé. Sur celui-ci, on peut voir une jeune femme qui se fait massacrer par un gros pervers portant une cagoule en cuir. Étant honnête et droit, mais surtout profondément écœuré par le film, le détective privé jure de trouver la vérité sur la jeune femme et sur la véracité du contenu du petit métrage. A ce stade, il n’a pas conscience qu’il va falloir qu’il entre dans un monde souterrain, particulièrement glauque et dangereux.

Le scénario concocté par Andrew Kevin Walker, ce dernier étant principalement connu pour avoir signé le script de « Seven » (1995), est particulièrement glauque. Là où « Seven » précédemment cité était singulièrement sombre, « 8 mm » est franchement glauque, pour ne pas dire crasseux. Apparemment, le but du film, est de prendre un personnage assez ordinaire et l’emmener dans une confrontation avec le mal. Cette descente en enfer va profondément le troubler jusqu’au point de tuer quelqu’un. Reste qu’il est bon dans son domaine, et qu’en partant de presque rien, il va remonter progressivement jusqu’aux auteurs du crime. Manifestement, il y a une volonté de soulever des questions morales auxquelles le spectateur doit faire face, de manière ou d’une autre. Reste qu’à la fin des années 1990, on proposait de véritables films et non pas un exercice d’exploitation astucieux avec tous les pièges de la dépravation mais aucune des conséquences. « 8 mm » n’est pas un film où les questions morales sont oubliées dans l’excitation d’un point culminant d’action.

En dehors de Nicolas Cage, qui incarne donc ici Tom Welles, le détective privé intègre, du moins au début du récit, on retrouve une multitude de personnages tout aussi glauques que l’histoire. Joaquin Phoenix interprète Max California, un jeune homme qui autrefois avait des ambitions élevées et se contente désormais de travailler dans un sex-shop. On peut comprendre en cela, que Los Angeles prend de jeunes demandeurs d’emploi plein d’espoir pour les canaliser vers les métiers du sexe. Plus tard, on va rencontrer Eddie Poole incarné par le regretté James Gandolfini, un personnage qui prétend vous fournir tout ce que vous cherchez… Arrive alors Dino Velvet, joué par un Peter Stormare possédé. L’acteur campe un réalisateur porno vicieux qui se lance volontiers dans des joutes verbales insolites. Finalement, on fait connaissance avec « Machine » (Chris Bauer), qui n’apparaît quasiment jamais sans son masque, un tueur sadique.

Les valeurs de production sont plus que correctes autour de ce « 8 mm« , le film ayant été doté d’un budget de 40 millions de dollars. Le tournage principal a débuté en février 1998 à Miami, en Floride. Toutefois, le tournage a également eu lieu à New York et aux studios Sony Pictures, à Culver City en Californie. Russell Crowe devait initialement incarner le personnage principal, jusqu’à ce que l’agent de Nicolas Cage contacte Joel Schumacher, le réalisateur-producteur, ce qui a permis à ce dernier de disposer d’un budget nettement plus conséquent. David Fincher [« Seven » (1995) – « Zodiac » (2007) – « Gone Girl » (2014)] était le premier choix pour réaliser ce film.

La photographie proposée par Robert Elswit [« Duplicity » (2009) – « The Town » (2010) – « Nightcrawler » (2014) – « Skyscraper » (2018)] est assez sombre, avec une multitude de décors crades offrant ainsi une plongée dans l’univers underground des grandes métropoles. La bande musicale orchestrée par Mychael Danna vient amplifier l’impression de sordidité de l’ensemble. Enfin, le montage présenté par Mark Stevens débouche sur un film d’une durée de 123 minutes. La sortie du film était initialement prévue pour Noël 1998. Cependant, afin d’éviter la censure américaine qui équivaut à une interdiction au moins de 18 ans, de nombreuses coupes ont été faites avec la nécessité de réorganiser le montage. C’est ainsi que le film a obtenu la qualification R, soit uniquement interdit au moins de 17 ans non accompagnés.

En conclusion, « 8 mm » est un très bon thriller policier disposant d’une histoire originale et sombre, d’une intrigue efficace et d’un développement sordide. Le rythme est modéré, le récit est fluide et la narration est linéaire. La photographie nous immerge dans un univers souvent crasseux, la bande originale accentue l’ambiance morne à souhait et le montage est convenable. La distribution offre de bonnes prestations, mais bien qu’à cette époque Nicolas Cage était un brillant acteur, sa prestation est moyenne. On lui préférera un James Gandolfini ou un Peter Stormare, bien que tous deux sous-employés. L’ensemble est toujours aussi captivant, même si certains aspects, décors, voitures, vêtements, portent le poids de deux décennies qui nous séparent de la parution de ce métrage. Reste un film à découvrir pour ceux qui ne le connaîtraient pas et que nous avons reçu avec satisfaction…

 

 

 

 

À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

Discussion

Une réflexion sur “8 MM (1999) ★★★✮☆

  1. Un film que je revois de temps en temps, j’aime beaucoup, Schumacher retrouve un peu son style froid et violent qu’il avait quelques années plus tôt lorsqu’il avait signé CHUTE LIBRE, et Cage est excellent je trouve (mais oui, Stomare et Phoenix sont excellents aussi). Oui, c’est glauque, comme tous les films parlant de snuff, de près ou de loin, mais cette plongée glauque dans les bas fonds du monde interdit du X, même si renié par son scénariste (apparemment, le scénario original était bien plus glauque, mais a été un poil réécrit) a un petit quelque chose de fascinant.

    Aimé par 1 personne

    Publié par Rick | 14/09/2022, 22 10 50 09509

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