Drame, Horreur, Mystère

RELIC (2020) ★★☆☆☆


 

Relic (2020)

 

 

Une fille, une mère et une grand-mère sont hantées par une manifestation de démence qui dévore la maison de leur famille.

 

 

« Relic » est un thriller psychologique australien datant de 2020, réalisé par Natalie Erika James qui offre ici son premier long-métrage. Les acteurs principaux sont Emily Mortimer, qu’on a pu voir dans « Spectral » (2016), Robyn Nevin, qu’on a pu voir dans « Gods of Egypt » (2016), Bella Heathcote, qu’on a pu voir dans « Pride and Prejudice and Zombies » (2016). La première du film s’est déroulée lors du Sundance Film Festival le 25 janvier 2020 et est sorti le 3 juillet 2020 aux États-Unis, le 10 juillet 2020 en Australie et le 7 octobre 2020 en France avec une interdiction aux moins de 12 ans.

L’histoire proposée par « Relic » nous invite à suivre l’évolution de la relation entre trois femmes, représentant trois générations, soit Edna (Robyn Nevin), la grand-mère, Kay (Emily Mortimer) sa fille, et Sam (Bella Heathcote), sa petite-fille, également fille de Kay. Lorsque la matriarche disparaît, Kay et Sam, se rendent dans la maison familiale éloignée et isolée, pour la retrouver. Elles découvrent une maison en désordre, et une étrange substance noire ressemblant à de la moisissure sur un mur au premier étage de la maison. Une grande partie du mobilier a été ornée de post-it de rappels pour Edna, ce qui laisse supposer qu’elle souffre d’un début d’Alzheimer. Dès la première nuit sur place, Sam et Kay sont de plus en plus dérangées par des bruits suspects à l’intérieur des murs, alors que la moisissure semble s’étendre dans toute la maison. Le lendemain matin, Edna est revenue, pieds nus et boueuse, et inconsciente de sa propre disparition. Kay et Sam se disputent sur la possibilité de placer la grand-mère dans une maison de retraite. La situation se dégrade. D’une part, Edna passe d’une humeur à une autre. D’autre part, une présence se fait de plus en plus pesante dans la maison…

Le scénario concocté par Christian White et Natalie Erika James, cette dernière endossant également la casquette de réalisateur, pour présenter ici son premier long-métrage, est ambigu. C’est typiquement le genre de film qui me pose problème, car il ne se positionne jamais clairement. J’admets aisément qu’on puisse installer une histoire à cheval sur plusieurs thèmes, toutefois à un moment, il faut, selon moi, situer clairement les choses. Est-ce que ce métrage est un film de maison hantée ? Un drame psychologique ? Une métaphore babadookienne pour explorer les relations mère-fille ? La réponse est probablement toutes ces choses et aucune d’entre elles. Le temps qui passe est un thème clé du film, que la réalisatrice dépeint visuellement. Nous voyons des preuves du temps qui passe, une baignoire qui déborde, un fruit moisi dans un bol, un court de tennis envahi par l’herbe. Aussi, et surtout, nous voyons une vie qui touche à sa fin, comme en témoigne le déclin irréversible du corps et de l’esprit d’Edna. Reste l’emplacement du récit, la maison, ses grincements, ses bruits sourds dans les murs, ses silhouettes sombres en contre-champ, cette moisissure envahissante.

L’ensemble est cohérent, jusqu’à ce qu’on pénètre dans la dernière partie du métrage. Sam, la petite-fille, trouve un passage dans une pièce secondaire de l’étage. Pièce qui sert de débarras, avec des meubles entassés, des chaises empilées, des cartons, des documents de toute sorte. Se frayant un chemin dans ce désordre, Sam accède à un couloir qui mène à d’autres pièces qui lui sont inconnues. De pièce en pièce, de couloir en couloir, elle se perd, panique, ne parvient pas à revenir sur ses pas. Pire encore, les murs et le plafond commence à se resserrer. Dans le même temps, Kay poursuit sa mère dans un autre dédale de pièce. Finalement, les deux femmes parviennent à revenir dans la partie connue de la maison en se frayant un chemin par la démolition d’un mur. La grand-mère est de plus en plus agressive et finit par être neutralisée par sa propre fille. L’ayant frappé avec une barre de fer, Kay découvre que l’enveloppe charnelle de sa mère se détache. Elle décide de la peler comme une orange, pour finalement laisser apparaître un être carbonisé, frêle et souriant. Au secours ! Au lieu de fuir les lieux, les deux femmes décident de rester et d’envelopper cette chose de leur amour. What the Fuck ? Je n’ai pas compris la métaphore, si métaphore il y a… Désolé !

« Relic » s’articule autour de trois personnages. Sam, incarnée par Bella Heathcote, est une jeune femme qui semble aimer sa grand-mère. Elle reproche à sa mère de ne pas être assez présente, ni pour elle, ni pour sa grand-mère. Elle est prête à venir s’installer chez sa grand-mère afin de pouvoir s’occuper d’elle. Kay, interprétée par Emily Mortimer, est une femme entre deux âges. Elle apparaît comme clairement plus investie dans son travail que dans sa famille. Progressivement, elle se met à culpabiliser sur son attitude. Elle souhaite néanmoins placer sa mère dans une maison de retraite. Enfin, Edna, incarnée par Robyn Nevin, est une dame âgée qui souffre de démence sénile et/ou de la maladie d’Alzheimer. Elle passe d’une attitude à une autre, douce et gentille, puis agressive et limite violente.

Les valeurs de production sont bien plus qu’acceptables pour ce métrage. La photographie délivrée par Charlie Sarroff offre une atmosphère cauchemardesque. D’une part, il y a cette étrange maison, sombre, glauque et mal éclairée par endroit. De l’autre part, il y a la dégradation cognitive de la grand-mère. Edna est à la fois la source d’émotion et d’empathie du film, ainsi que son lusus naturae, une personne se déformant, nourrissant l’idée que la marche en avant imparable du temps nous réclame tous à long terme. La bande musicale orchestrée par Brian Reitzell vient amplifier l’ambiance sombre du film. Enfin, le montage effectué par Denise Haratzis et Sean Lahiff débouche sur un métrage d’une durée de 89 minutes.

En conclusion, « Relic » est un film étrange qui ne positionne pas clairement dans son histoire à l’intrigue classique et au développement incompréhensible. Le rythme est modéré, le récit manque cruellement de fluidité dans sa dernière partie, et la narration est linéaire. La photographie est sombre et lugubre, la bande musicale renforce l’ambiance sépulcrale et le montage est rationnel contrairement à la mise en scène de Natalie Erika James. La distribution offre de bonnes prestations, cependant la performance délivrée par Robyn Nevin est au-dessus du lot. On pardonnera les incohérences de la conclusion à la scénariste-réalisatrice en espérant qu’elle rehausse le niveau pour son second métrage.

 

 

 

 

À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

Discussion

2 réflexions sur “RELIC (2020) ★★☆☆☆

  1. Ah, nous ne serons pas d’accord sur ce film, je l’ai tout particulièrement aimé pour ma part !

    Aimé par 1 personne

    Publié par Vampilou fait son Cinéma | 25/09/2022, 20 08 32 09329
    • Je comprends ta position. J’ai bien relevé que le constat général était plutôt positif. Toutefois, je n’ai adhéré à l’orientation finale qu’à choisi par Natalie Erika James. C’est évident qu’il y a un message sous forme de métaphore, mais j’avoue ne pas avoir saisi l’allégorie. Probable que mon cerveau commence à faiblir !
      😉

      J’aime

      Publié par Olivier Demangeon | 26/09/2022, 10 10 24 09249

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Nombres de Visites

  • 416 432 visiteurs ont fréquenté ce blog. Merci à tous !

Entrez votre adresse mail pour suivre ce blog et être notifié par email des nouvelles publications.

Archives

%d blogueurs aiment cette page :