Horreur

DEVIL’S WORKSHOP (2022) ★✮☆☆☆


 

Devil's Workshop (2022)

 

 

Un acteur en difficulté passe un week-end avec une femme démonologue pour se préparer à une audition.

 

 

« Devil’s Workshop » est un film d’horreur américain datant de 2022, écrit et réalisé par Chris von Hoffmann, à qui l’on doit également « Monster Party » (2018). Les acteurs principaux sont Radha Mitchell, qu’on a pu voir dans « Run Hide Fight » (2020), Timothy Granaderos, qui s’avère essentiellement connu pour sa participation à la série télévisée « 13 Reasons Why » (2017-2020), et Emile Hirsch, qu’on a pu voir dans « Midnight in the Switchgrass » (2021). Ce métrage est paru en VOD aux Etats-Unis le 30 septembre 2022.

L’histoire proposée par « Devil’s Workshop » nous invite à suivre Clayton (Timothy Granaderos), un jeune adulte, chômeur, qui suit des cours d’art dramatique en rêvant de devenir une célébrité dans le cinéma. Il fait quelques apparitions dans des séries télévisées, mais ses scènes sont généralement coupées au montage. Il est auditionné pour un petit film, mais se retrouve en concurrence avec Donald (Emile Hirsch), qui suit les mêmes cours de théâtre que lui. Celui-ci rencontre déjà un petit succès, mais s’avère plutôt odieux et prétentieux. Sélectionné pour une deuxième audition, Clayton prend rendez-vous avec Eliza, une démonologue, afin de s’immerger dans le rôle. Celle-ci l’invite à passer le week-end chez elle afin de l’initier, mais les choses vont prendre une orientation inattendue…

Parfois, lorsque j’entends un nouveau titre, une nouvelle chanson à la radio, je m’interroge sur le pourquoi, ou sur le comment un producteur a accepté d’investir de l’argent dans une bouse pareil. Concernant « Devil’s Workshop« , j’ai éprouvé la même impression, le même questionnement. Deux sociétés se sont partagées les frais de production. J’ignore le budget qui a été alloué à ce projet, mais honnêtement, c’est de l’argent balancé par la fenêtre. Le scénario concocté par Chris von Hoffmann, qui endosse la double casquette de scénariste et de réalisateur, s’apparente plus à un film psychologique qu’à un film d’horreur. Ce qui fait de ce film, une escroquerie intellectuelle, même l’affiche est un leurre, ne représentant absolument pas le métrage. Le scénariste-réalisateur débute son histoire en se focalisant sur les aspects showbiz. Lorsque Eliza entre dans l’équation, elle ressemble plus à une psychiatre qu’à autre chose.

L’occultisme est finalement introduit discrètement dans l’intrigue avec des discussions sur les perturbations psychiques créées par Internet et les réseaux sociaux. On arrive progressivement à l’idée d’organiser une sorte d’exorcisme pour nettoyer l’âme des tensions dues au passé. Nous nous retrouvons ainsi devant un film d’horreur sans horreur en attendant patiemment des jump-scares qui n’arrivent jamais. On s’attendait à ce que le récit fusionne avec le passé de Clayton, mais rien. On s’attendait également à ce que son histoire vienne percuter celle de Donald, mais rien. Et même dans l’épilogue, on s’attendait à revoir Clayton venir botter le cul de Donald en lui soufflant le fameux rôle, mais non, celui-ci a bel et bien été englouti corps et âme dans les flammes de l’enfer.

Emile Hirsch incarne donc Donald, un jeune acteur qui se prend pour ce qu’il n’est pas, une star. On se demande comment cet acteur, à l’excellent potentiel, se retrouve dans des productions de ce type. Il nous avait tellement enchanté avec sa superbe prestation dans « Into the Wild » (2007). Sa prestation dans le présent film est sans dimension, et son personnage n’apporte pas grand-chose en dehors de nous faire grimacer par rapport à la façon dont il traite les deux femmes avec qui il est, tourmentant l’une d’elles avec des détails sur des tragédies familiales au nom de sa préparation à un hypothétique prochain rôle. C’est du côté de Radha Mitchell qu’il faut chercher la meilleure prestation. Son personnage semble plus excentrique avec son bavardage New Age, ses « chéris » qu’elle balance régulièrement, et son fume-cigarette qui lui donne un air distingué. Mais ses expressions et le ton de sa voix suggèrent une menace cachée. Enfin, Timothy Granaderos incarne un personnage qui semble perdu dont la vie actuelle est fortement perturbée par son passé, et plus particulièrement sa relation avec sa mère.

Les valeurs de productions sont plutôt faibles pour ce film. La photographie présentée par William Babcock est sobre avec des scènes fades dans un ou deux lieux distincts. Le tournage s’est déroulé en mars 2022 et s’est principalement effectué à Gulfport et ses environs dans le Mississippi. Le pire intervient dans la dernière partie du métrage, lorsque les choses s’emballent quelque peu, avec des effets spéciaux très médiocres. La bande musicale orchestrée par Jacques Brautbar est plutôt sobre avec un accompagnement basique. Enfin, le montage effectué par Emmet Dotan débouche sur un film d’une durée de 86 minutes.

En conclusion, « Devil’s Workshop » est un film d’horreur médiocre disposant d’une histoire insipide, d’une intrigue ennuyeuse et d’un développement terne. Le rythme est lent, le récit est plus ou moins fluide et la narration est linéaire. La photographie est basique, la bande originale est sobre et le montage n’apporte rien de particulier. La mise en scène de Chris von Hoffmann est monotone. La distribution offre des prestations sans saveur où seule Radha Mitchell sort son épingle du jeu. L’ensemble est soporifique et motive notre conseil qui est d’éviter fortement de perdre votre temps avec ce métrage…

 

 

 

 

À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

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