Horreur, Mystère, Thriller

THE LODGE (2019) ★★☆☆☆


 

The Lodge (2019)

 

 

Une future belle-mère est bloquée par la neige avec les deux enfants de son fiancé dans une maison de vacances isolée. Alors que les relations restent plutôt froides parmi le trio, des événements étranges et inquiétants ont lieu

 

 

« The Lodge » est un thriller psychologique d’horreur canadien datant de 2019, réalisé par Veronika Franz et Severin Fiala, à qui l’on doit également « The Field Guide to Evil » (2018). Les acteurs principaux sont Riley Keough, qu’on a pu voir dans « It Comes at Night » (2017), Jaeden Martell, qu’on a pu voir dans « Midnight Special » (2016), Lia McHugh, qu’on a pu voir dans « A House on the Bayou » (2021), Richard Armitage, qu’on a pu voir dans « Space Sweepers » (2021), et Alicia Silverstone, qu’on a pu voir dans « Last Survivors » (2021). La première du film s’est déroulée le 25 janvier 2019 lors du Sundance Film Festival et devait initialement sortir aux États-Unis en novembre 2019. Cependant, la sortie a été repoussée à l’année suivante. Le film a fait l’objet d’une sortie limitée aux États-Unis le 7 février 2020, qui s’est ensuite étendue à partir du 21 février de la même année.

L’histoire proposée par « The Lodge » nous emmène dans les méandres de la famille recomposée. Laura se suicide après que son ex-mari, Richard (Richard Armitage), l’ait informée qu’il allait épouser Grace (Riley Keough), une femme qu’il a rencontrée alors qu’il faisait des recherches pour un livre sur une secte chrétienne extrémiste. Élevée dans cette secte dirigée par son père, Grace fut la seule survivante de leur suicide collectif. Le décès de Laura dévaste les enfants de Richard, l’adolescente Aiden (Jaeden Martell), et sa petite sœur Mia (Lia McHugh). Six mois plus tard, Richard organise les vacances de fin d’année avec Grace, dans le pavillon familial isolé au fin fond du Massachusetts afin que tout le monde puisse faire connaissance. Toutefois, Aidan et Mia ne l’entendent pas de cette oreille, surtout après avoir découvert le passé de Grace sur Internet. Les enfants agissent de manière hostile envers Grace et refusent de créer des liens avec la jeune femme. Lorsque Richard doit s’absenter pour son travail, des événements mystérieux se font jour et la situation se tend dramatiquement…

Le scénario concocté par Sergio Casci, Severin Fiala et Veronika Franz, ces deux derniers endossant également la casquette de réalisateurs, est le véritable mystère de ce métrage. Présenté comme un film d’horreur, la prémisse du film laissait entrevoir une histoire teintée de violence. On se doute également que les choses vont se mettre en place dès lors que les protagonistes seront installés dans cette maison isolée au bord d’un lac gelé, où toute la nature avoisinante est immaculée du blanc de la neige. La scénographie du film nous invite à attendre des scènes d’horreur, des séquences de frayeur. Elle nous place dans l’attente de jumpscares qui n’arrivent jamais. La caméra se focalise à plusieurs reprises sur des zones sombres d’une chambre, d’une pièce mal éclairée de la maison. On imagine qu’une ombre va se mouvoir soudainement, qu’un esprit maléfique va apparaître, qu’une entité va se manifester. Que nenni. Il ne se passe rien. Et il ne se produit rien, car finalement, « The Lodge » n’est pas un film d’horreur. Nous avons été dupés. On nous a menti. Au mieux, c’est un thriller psychologique. Les enfants manipulent les adultes et leur font prendre des vessies pour des lanternes, comme le dit l’expression dédiée.

Du côté des personnages, c’est plus intéressant. Richard, le père de famille, incarné par Richard Armitage (au moins il ne risquait pas de se prendre les pieds dans le tapis en se trompant de prénom, si un jour, je suis amené à jouer dans un long-métrage, je veux que mon personnage s’appelle Olivier, non mais), fait n’importe quoi. Il pense que des liens vont se créer en laissant sa nouvelle compagne seule avec ses enfants, qui reproche à cette dernière d’être responsable du décès de leur mère. Drôle d’idée. Aiden, interprèté par Jaeden Martell, qu’on a trouvé excellent dans « Mr. Harrigan’s Phone » (2022) et sa jeune sœur, Mia, jouée par Lia McHugh, qu’il nous tarde de découvrir dans « A House on the Bayou » (2021), ont décidé de se liguer pour en faire voir de toutes les couleurs à leur « belle-mère » à venir. Le souci, c’est qu’ils vont beaucoup trop loin et que la situation leur échappe et que les événements tournent à la catastrophe. Riley Keough incarne Grace, un personnage au passé lourdement chargé, qui carbure aux antidépresseurs. La disparition de ses précieuses pilules l’envoie directement dans les limbes d’un délire de persécution à connotation religieuse qui va faire basculer l’ensemble dans le drame absolu.

Les valeurs de production sont assez basiques pour ce film. Le tournage de « The Lodge » a eu lieu dans les environs de Montréal durant l’hiver 2018. Le métrage a été tourné dans l’ordre chronologique. La photographie délivrée par Thimios Bakatakis, un collaborateur fréquent de Yorgos Lanthimos, joue principalement sur deux tableaux. La maison avec un schéma qui s’approche énormément du hui clos, et l’extérieur proche de cette demeure isolée, plongé dans une neige abondante. Le directeur de la photographie a délibérément choisi de ne pas cadrer les plans au niveau des yeux lorsque les personnages évoluent à l’extérieur. Il a opté pour des angles positionnés au-dessus ou en dessous des acteurs. La bande musicale orchestrée par Danny Bensi et Saunder Jurriaans vient renforcer ce sentiment de film d’horreur classique. Enfin, le montage effectué par Michael Palm débouche sur un film d’une durée de 108 minutes.

En conclusion, « The Lodge » est un film inclassable disposant d’une histoire basique, d’une intrigue originale et d’un développement terriblement léthargique. Le rythme est poussif à souhait, le récit manque de fluidité par endroit et la narration fait appel à des flashbacks, présentés sous forme de rêve. La photographie est monotone, la bande originale est sobre et le montage est cohérent. La distribution offre de bonnes prestations, dominées par la performance de Riley Keough. Un film à l’atmosphère sombre avec une forme de manipulation qu’on pourrait presque considérer comme une escroquerie, avec lequel il est préférable de ne pas se poser de questions et d’éviter de disséquer la crédibilité de l’intrigue.

 

 

 

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À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

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