Horreur, Mystère, Thriller

THE HOLE IN THE GROUND (2019) ★★✭☆☆


 

The Hole in the Ground (2019)

 

 

Une jeune mère vivant dans la campagne irlandaise avec son fils soupçonne que son comportement de plus en plus inquiétant soit lié à un gouffre mystérieux dans la forêt et craint qu’il ne soit pas vraiment son enfant.

 

 

« The Hole in the Ground » ou « The Only Child – L’Enfant unique » pour la distribution française (!!!), est un thriller d’horreur irlandais datant de 2019, co-écrit et réalisé par Lee Cronin, qu’on doit retrouver à la mise en scène de « Evil Dead Rise » à paraître en avril 2023. Les acteurs principaux sont Seána Kerslake, qu’on a pu voir dans « Marlowe » (2022), et James Quinn Markey, qui fait ici ses premiers pas dans un long-métrage. La première mondiale du métrage a eu lieu lors du Festival du Film de Sundance, le 25 janvier 2019. Il est sorti en Irlande le 1er mars 2019.

L’histoire proposée par « The Hole in the Ground » nous invite à suivre Sarah O’Neill (Seána Kerslake) et son fils Chris (James Quinn Markey) qui tentent de refouler une vie antérieure difficile pour repartir à zéro dans l’Irlande rurale. Ils vivent dans une maison parfaite pour un film d’horreur, avec un sous-sol bien angoissant où les lumières scintillent à souhait, peu de luminosité dans l’ensemble des pièces et une nature environnante inquiétante. Chris disparaît soudainement et Sarah le retrouve dans la forêt derrière la maison, à proximité d’un trou géant s’apparentant à un cratère, dont elle ignorait l’existence. De ce jour, l’attitude de Chris change au point que Sarah en vient à se demander s’il s’agit bien de son enfant. Toutefois, est-ce qu’elle est face à une situation paranormale ou est-ce son esprit qui lui joue des tours, en proie à différents troubles depuis sa séparation ?

Le scénario concocté par Stephen Shields et Lee Cronin, ce dernier endossant également la casquette de réalisateur, associe des éléments familiers du genre et des fractions du folklore irlandais. Le script utilise une idée déjà explorée du concept terrifiant de la personne que nous connaissons sur le bout des doigts et qui agit de manière étrange. Le réalisateur co-scénariste joue avec le spectateur en lui laissant supposer que Sarah délire, que sa médication pour lutter contre ses angoisses suite à sa séparation ne fonctionne plus et/ou qu’elle l’a arrêté. Et finalement, dans le dernier acte, elle se persuade que son fils a été échangé contre une sorte de clone. Après être parvenue à l’enfermer dans la cave, elle décide d’aller dans la forêt, de descendre dans le cratère, de s’y engouffrer pour partir à la recherche de son chérubin. Toutefois, de nombreuses questions restent sans réponse, et la fin est relativement énigmatique et expéditive. Déception.

Il y a peu de personnages dans cette histoire. C’est Seána Kerslake qui incarne Sarah O’Neill. L’actrice offre une performance émotionnelle plus que tangible, dépeignant une mère qui est progressivement perturbée par la présence de son propre enfant tout en ayant peur qu’il ne s’éloigne d’elle. Les cinéastes semblent nettement plus intéressés par la manière dont nos enfants changent sous nos yeux que par l’idée de nous faire réellement peur. Dans ce métrage, il n’y a rien d’effrayant. Les quelques effets allant dans ce sens sont basiques n’offrant ainsi rien d’innovant. Progressivement, le récit bascule dans la terreur d’être en présence d’une personne que vous ne connaissez pas, puis l’impuissance cauchemardesque des gens qui ne vous croient pas. De son côté James Quinn Markey, qui interprète Chris O’Neill, livre une bonne prestation, donnant un côté lisse à son personnage, suffisamment neutre pour intriguer le spectateur, quasiment inexpressif. Cependant, lorsque les éléments se déchaînent, il devient inquiétant par sa facilité.

Les valeurs de production sont bonnes dans l’ensemble. La photographie délivrée par Tom Comerfeld est basique par rapport au genre. Une maison à l’allure angoissante, des personnages périphériques inquiétants, des éléments préoccupants. La bande musicale orchestrée par Stephen McKeon vient amplifier les effets horrifiques, sans la bande son le métrage serait nettement plus plat. Pire encore, il apparaît bien plus terrifiant qu’il ne l’est vraiment. Dans plusieurs passages, on peut clairement anticiper ce qui va se passer juste par la présence de la musique. Le montage est également très discutable. La tension monte progressivement puis retombe soudainement en raison d’une coupe boiteuse amenant à la scène suivante. Toutefois, le travail effectué par Colin Campbell débouche sur un film d’une durée de 90 minutes.

En conclusion, « The Hole in the Ground » est un film d’horreur modeste disposant d’une histoire familière, d’une intrigue classique et d’un développement cafouillis. Le rythme est lent, le récit manque de fluidité par endroit et la narration est linéaire. La photographie est basique, les décors sont usuels pour le genre, les effets spéciaux sont propres, la bande originale accentue exagérément les tensions et le montage est imparfait et casse souvent les effets. La distribution offre de bonnes prestations, ce qui permet au métrage de ne pas sombrer dans la médiocrité. L’ensemble se laisse regarder, mais est bien loin d’être indispensable. Une bobine qui tombera rapidement dans l’oubli…

 

 

 

 

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À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

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