Action, Chine, Ciné-Asia, Crime - Policier, Hong-Kong

THE BRINK (2017) ★★★☆☆


 

The Brink (2017)

 

 

Un vigoureux inspecteur de police tente de neutraliser un trafic de contrebande d’or, mais ne parvient pas à l’arrêter. Il va devoir utiliser des méthodes non conventionnelles…

 

 

« The Brink » est un film d’action policier hongkongais datant de 2017, dirigé par Jonathan Li qui réalise ici son premier long-métrage après avoir fait ses armes comme réalisateur de deuxième équipe sur des métrages tels que « Overheard 2 » (2011), « Blind Detective » (2013), ou encore « Full Strike » (2015). Les acteurs principaux sont Zhang Jin, qu’on a pu voir dans « Rise of the Legend » (2014), Shawn Yue, qu’on a pu voir dans « Wild City » (2015), Janice Man, qu’on a pu voir dans « Cold War 2 » (2016), Wu Yue, qu’on a pu voir dans « Paradox » (2017), et Gordon Lam, qu’on a pu voir dans « Motorway » (2012). Ce métrage est paru le 10 novembre 2019 en Chine.

L’histoire proposée par « The Brink » nous invite à suivre Sai Gau (Zhang Jin), un inspecteur de police qui revient aux affaires après une suspension de six mois pour avoir causé la mort d’un suspect alors qu’il résistait à son arrestation car précipité d’une fenêtre d’un logement au cinquième étage. Pour son retour, il se lance à la poursuite d’un gang de contrebandiers d’or se faisant passer pour des pêcheurs. Jiang Gui Cheng (Shawn Yue), le leader de ce gang de pêcheurs, se retrouve en conflit avec son patron qui cherche à positionner son propre fils. Une guerre à l’intérieur du clan s’installe pour le contrôle du business. Sai Gau se rapproche de Jiang avec l’aide de son partenaire A-de (Wu Yue). Ce dernier aspire à quitter la Chine et vient tout juste de donner sa démission, mais lorsqu’il est kidnappé par Jiang et son gang, Sai Gau et son superviseur réticent, Chan (Gordon Lam) doivent contourner la procédure régulière pour sauver leur collègue…

Le scénario concocté par Lee Chun-fai, nous plonge dans le registre du film policier musclé, pour ne pas dire violent. Toutefois, on nous laisse clairement entendre que si on veut réellement neutraliser les trafiquants et autres malfaiteurs, on ne peut pas utiliser les méthodes légales. Pour parvenir à arrêter les criminels, il faut se mettre à leur niveau et contourner les lois que ce soit pour obtenir des informations solides et pour parvenir à les appréhender. Dans ce sens, l’inspecteur Sai Gau, incarné par l’efficace Zhang Jin, qu’on a pu voir dans des productions américaines, soit « Pacific Rim: Uprising » (2018) ainsi que dans « Escape Plan: The Extractors » (2019), est en phase avec l’idée de ne pas rester dans la légalité. Afin de pleinement prendre conscience de son état d’esprit, la scène d’ouverture, qui démarre sur les chapeaux de roues, nous dévoile ses méthodes musclées, qui l’envoient faire un petit séjour en prison. Libéré faute de preuves, il revient en blond décoloré du plus mauvais goût, mais cela permettra de bien l’identifier durant le reste du récit. Une sous-intrigue le montre dans une relation avec la fille de la victime pour laquelle il s’est retrouvé à l’ombre au début de l’histoire. Pour aider la famille, il a pris la tutelle de la jeune femme (Cecilia So) qu’il tente d’aider financièrement.

Malheureusement, il y a quelques trous dans le script du métrage. A plusieurs reprises, lorsque dans la bagarre, les vêtements du haut sont déchirés, on peut voir des gros plans sur le tatouage que Sai Gau (Zhang Jin), le personnage principal arbore sur son omoplate. Bien qu’il soit fort possible que celui-ci ait une signification particulière, l’occidental que je suis, n’en connaît pas la portée exacte. Comme je le soulignais précédemment, la relation étriquée qu’il entretient avec le personnage sans nom incarné par Cecilia So, n’est pas très développée. De plus, il y a des ambiguïtés concernant A-de, personnage de policier incarné par Wu Yue. Il est nécessaire de raccorder soi-même les pointillés de l’intrigue à partir des quelques éléments qui nous sont offerts. Quoi qu’il en soit, celui-ci retourne sa veste et se retrouve du mauvais côté de la frontière entre le bien et le mal. Signalons encore le personnage interprété par Gordon Lam, dans le rôle d’un commissaire de police, un bureaucrate attaché à son bureau, soucieux de son avancement, qui sursaute et crie à chacune des sorties de son inspecteur indiscipliné. Ce sont des petits détails qui font ou défont l’efficacité d’un thriller policier, et hélas, les cinéastes passent parfois dessus sans en prendre soin.

Les valeurs de production autour de « The Brick » sont largement acceptables. La photographie présentée par Kenny Tse fait un très bon usage du côté délabré et décrépi de Hong Kong et que l’office du tourisme préférerait que personne ne voit. En outre, les conditions climatiques jouent également un rôle important dans le récit, notamment dans la dernière partie. La confrontation finale se déroule sur le pont d’un bateau en pleine tempête. Dans ce sens, l’acteur Zhang Jin est un artiste tout à fait capable de voler la vedette s’il en a l’occasion, comme il en a eu l’occasion dans « SPL 2 : A Time for Consequences » (2015) et « The Grandmaster » (2013). Du coup, le plus grand crime de ce métrage réside dans le fait de ne pas utiliser l’acteur à la hauteur de ce qu’il peut faire. On retrouve tout de même un certain nombre de combats, dont un dans l’eau. La bande musicale orchestrée par Chung Chi-wing et Ben Cheung vient accompagner l’ensemble du métrage de manière plutôt standard. Enfin, le montage effectué par Pang Ching-hei débouche sur un film d’une durée de 100 minutes.

En conclusion, « The Brink » est un bon thriller d’action disposant d’une histoire rudimentaire, d’une intrigue simple et d’un développement nerveux. Le rythme est assez soutenu, le récit est fluide et la narration est linéaire. La photographie montre une partie de la face cachée de Hong Kong, les scènes d’action sont bien chorégraphiées, la bande originale est sympathique et le montage est cohérent. La distribution offre de bonnes prestations dans l’ensemble. La confrontation entre Zhang Jin et Shawn Yue est efficace et Gordon Lam amène une petite pointe d’humour qui reste agréable. L’ensemble est agréable à regarder, mais on peut être déçu par certains points, comme par exemple le fait que les rares personnages féminins n’ont même pas de nom…

 

 

 

 

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À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

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