Action, Biopic, Chine, Crime - Policier, Hong-Kong

CHASING THE DRAGON (2017) ★★★✮☆


 

Chasing the Dragon (2017)

 

 

En 1963, un immigré clandestin venu de Chine continentale arrive à Hong Kong sous mandat britannique et devient un nouveau baron de la drogue impitoyable.

 

« Chasing the Dragon » (追龍) est un film d’action policier sino-hongkongais datant de 2017, réalisé par Wong Jing and Jason Kwan. Les acteurs principaux sont Donnie Yen, qu’on a pu voir dans « Raging Fire » (2021), Andy Lau, qu’on a pu voir dans « Shock Wave: Hong Kong Destruction » (2020), Bryan Larkin, qu’on a pu voir dans « Let Us Prey » (2014), Kent Cheng, qu’on a pu voir dans « The White Storm 2: Drug Lords » (2019), Philip Keung, qu’on a pu voir dans « Warrior of Future » (2022), Wilfred Lau, qu’on a pu voir dans « Motorway » (2012), Michelle Hu, qu’on a pu voir dans « Once Upon a Time in Shanghai » (2013), Felix Wong, qu’on a pu voir dans « 7 Assassins » (2013), et Philip Ng, qu’on a pu voir dans « Invisible Target » (2007). Ce métrage est paru en septembre 2017 en Chine et à Hong Kong. Une suite intitulée « Chasing the Dragon II: Wild Wild Bunch » avec de nouveaux personnages et une nouvelle histoire a été produite en juin 2019.

L’histoire proposée par « Chasing the Dragon » nous plonge dans le Hong Kong des années 1960 et nous invite à suivre Crippled Ho (Donnie Yen) et trois de ses amis de toujours, qui débarquent dans cette ville sous domination britannique, afin d’avoir une meilleure vie. Bagarreur dans l’âme, il est rapidement enrôlé par le gangster Chubby (Ben Ng) pour participer à des combats de masse entre gangs rivaux. Repéré par un policier corrompu, Lee Rock (Andy Lau), ce dernier le prend sous son aile. Mais dans le même temps, Ho se fait un ennemi de Hunt (Bryan Larkin), chef d’escouade de la police britannique. Malgré les recommandations de Rock pour ne pas s’impliquer dans les affaires des triades, Ho doit accepter de travailler pour Chubby, car c’est le seul moyen de sauver l’un de ses amis qui se retrouve dans une situation difficile. À partir de ce jour, Ho vend de la drogue et monte en grade. Rock finit par soutenir Ho et ensemble, ils font fortune. Toutefois, certains gangsters décident d’éliminer Rock. Ho sauve le policier, mais l’un de ses genoux est brisé, le rendant infirme pour toujours. Lorsque sa femme et son fils sont tués, Ho n’a plus qu’un seul objectif, prendre le contrôle de la criminalité à Hong Kong, ville qui ne cesse de s’accroître. Mais sa rivalité avec d’autres gangs et la police britannique, dirigée par Hunt, lui donne beaucoup de fil à retordre…

Le scénario concocté par Howard Yip, Philip Lui et Wong Jing, ce dernier endossant également la casquette de réalisateur, s’inspire assez librement d’un personnage réel, Ng Sik-ho (1930-1991), connu sous le pseudonyme de « Crippled Ho » et de « Limpy Ho« , qui fut un éminent seigneur de la drogue et chef d’une triade à Hong Kong. En outre, ce métrage est un remake du film « To Be Number One » de Poon Man-kit datant de 1991. Contrairement à ce que l’on aurait pu s’attendre avec Donnie Yen présent dans la distribution, « Chasing the Dragon » n’est pas un film d’arts martiaux. Ce métrage se présente plutôt comme un biopic et peut, dans une certaine mesure, faire penser à « Scarface » de Brian De Palma avec Al Pacino dans le rôle principal. On peut y suivre l’avènement d’un gangster au statut de parrain, puis sa chute.

Une approche est toutefois critiquable, c’est que les personnages tels que Lee Rock et Ho sont décrits comme plutôt sympathiques. Ce type de personnage devrait forcément se présenter avec des aspects assez sombres dans leur personnalité. Mais si ces aspects sont parfois suggérés, ils sont globalement repoussés en arrière-plan du récit. Finalement, les personnages centraux manquent de profondeur et surtout de tridimensionnalité. D’un autre côté, l’ensemble présente essentiellement les Britanniques comme étant les véritables « méchants » de l’histoire. Ainsi, il apparaît clairement qu’il y a eu, dans l’écriture du script, une volonté d’aller dans le sens des idées politiques du bureau politique du parti au pouvoir en Chine en désignant de manière négative cette présence étrangère.

Bien que le récit se concentre essentiellement sur les personnages incarnés par Donnie Yen et Andy Lau, de nombreux personnages secondaires sont présent dans l’histoire qui couvre une période assez large allant du début des années 1960 jusqu’au milieu des années 1980. Donnie Yen offre une superbe prestation afin de représenter ce baron de la drogue boiteux. Bien qu’il soit au cœur d’une bonne partie des scènes d’action, dont une se déroulant dans le Triangle d’Or, en Thaïlande, il apparaît également dans certaines scènes à fortes charges émotionnelles. Malheureusement, force est de constater que la disparition inévitable de certains personnages ne parvient pas à émouvoir le spectateur autant que le scénario ne l’aurait souhaité. Wong Jing, le réalisateur, met surtout l’accent sur les scènes d’action, sans pour autant basculer, comme je le soulignais précédemment, dans le film d’arts martiaux.

Doté d’un budget de 30 millions de dollars, « Chasing the Dragon » offre de très bonnes valeurs de production. Le tournage s’est principalement déroulé à Chaozhou, à quelques 300 kilometres à l’Est de Hong Kong. Cependant, quelques scènes ont été tournées en Thaïlande. La photographie proposée par Jason Kwan, co-réalisateur du film, nous offre une balade dans les rues et autres dédales de Kowloon, quartier situé dans la partie Nord de Hong Kong, à travers des décors qui permettent aux spectateurs de s’immerger pleinement dans l’ambiance particulière des lieux et de l’époque. Il en va de même avec la bande musicale orchestrée par Chan Kwong-wing et Patrick Lui qui permet de parfaitement se plonger dans l’atmosphère du récit. Les décors, les costumes, et même les coupes de cheveux vont également dans ce sens du réalisme. Enfin, le montage effectué par Li Ka-wing débouche sur un film d’une durée de 128 minutes.

En conclusion, « Chasing the Dragon » est un bon film de gangster disposant d’une histoire classique, d’une intrigue basique et d’un développement un peu trop simpliste. Le rythme oscille entre modéré et dynamique, le récit est fluide et la narration est linéaire. La photographie est sympathique avec de superbes décors, la bande originale est plutôt groovy permettant d’offrir à l’ensemble une coloration singulière et le montage est cohérent. La distribution offre de bonnes prestations, dominées par la performance de Donnie Yen qui prouve qu’il est tout à fait en mesure d’offrir des séquences fortes en émotions. On regrettera que cette adaptation moderne d’une histoire réelle ne s’articule qu’à travers des personnages au développement superficiel.

 

 

 

 

À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

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