Action, Crime - Policier, Thriller

HEAT (1995) ★★★★★


Heat (1995)

 

 

Neil McCauley est un criminel orgueilleux et indépendant. Au cours d’un hold-up spectaculaire, Waingro, un complice de fraîche date, craque et abat les convoyeurs. Furieux, Neil décide de le liquider, mais l’homme s’enfuit. Pour coincer Neil, on lance à ses trousses le lieutenant Hanna, un pro aguerri qui ne vit que pour son métier…

 

 

Origine du film : États-Unis
Réalisateur : Michael Mann
Scénariste : Michael Mann
Acteurs : Al Pacino, Robert De Niro, Tom Sizemore, Diane Venora, Amy Brenneman, Ashley Judd, Mykelti Williamson, Wes Studi, Ted Levine, Jon Voight, Val Kilmer, Natalie Portman, Danny Trejo, Dennis Haysbert, William Fichtner
Musique : Elliot Goldenthal
Genre : Action, Policier, Thriller
Durée : 2 heures et 50 minutes
Date de sortie : 21 février 1996 (France)
Année de production : 1995
Sociétés de production : Regency Enterprises, Forward Pass
Distribué par : Warner Bros.
Titre original : Heat
Notre note : ★★★★★

 

Ce métrage est présenté en séance commune avec notre confrère Quentin, rédacteur et gestionnaire du site A la rencontre du Septième Art. Ensemble, nous vous proposons sur nos blogs respectifs un regard croisé sur quatre particularités de ce métrage : Acteurs, Musique, Photographie, Scénario.

 

 

« Heat » est un film policier américain datant de 1995, co-produit, écrit et réalisé par Michael Mann, à qui l’on doit également « Hacker » (2015). Les acteurs principaux sont Al Pacino, qu’on a pu voir dans « Manipulation(s) » (2016), Robert De Niro, qu’on a pu voir dans « Dirty Papy » (2016), Ashley Judd, qu’on a pu voir dans « Flypaper » (2011), Danny Trejo, qu’on a pu voir dans « Predators » (2010), Dennis Haysbert, qu’on a pu voir dans « Naked«  (2017), Diane Venora, qu’on a pu voir dans « Le 13ème Guerrier » (1999), Jon Voight, qu’on a pu voir dans « Les Animaux Fantastiques » (2016), Mykelti Williamson, qu’on a pu voir dans « Fences » (2016), Natalie Portman, qu’on a pu voir dans « Annihilation » (2018), Ted Levine, qu’on a pu voir dans « Bleed for this » (2016), Tom Sizemore, qu’on a pu voir dans « The Secret Man«  (2017), Val Kilmer, qu’on a pu voir dans « Déjà Vu » (2006), et William Fichtner, qu’on a pu voir dans « Independence Day: Resurgence » (2016). Ce métrage est un remake d’un téléfilm, « L.A. Takedown », écrit et réalisé par Michael Mann en 1989, qui devait servir de pilote pour une série télévisée, qui n’a malheureusement jamais vu le jour.

L’histoire proposée par « Heat » est on ne peut plus basique. Une histoire de police-voleur. Le flic et le gangster. Une équipe de braqueurs, dirigée par Neil McCauley (Robert De Niro) attaque un fourgon blindé pour dérober des bons au porteur. Ils laissent les convoyeurs sur le carreau. Un flic d’élite, le lieutenant Vincent Hanna (Al Pacino) est chargé de l’enquête. Une fois qu’il a identifié l’équipe de malfrats, il les fait étroitement surveiller afin de les neutraliser. Mais Neil McNeil est un gangster aussi rusé que percutant, il se défait de la surveillance de la police. C’est par une dénonciation que les flics retrouvent les braqueurs en pleine action, ce qui entraînera une fusillade monstrueuse dans les rues de Los Angeles.

Acteurs (A la rencontre du Septième Art) : Difficile de faire beaucoup mieux que l’impressionnant casting de Heat, notamment mené par la rencontre historique entre Al Pacino et Robert de Niro, deux mastodontes absolus du cinéma. L’opposition entre les deux protagonistes se construit autant sur leurs différences que sur leur complémentarité. Michael Mann offre à chacun un rôle dans la lignée de leur filmographie, avec d’un côté le flic à fleur de peau et fantasque rappelant le Serpico du film éponyme ou le Sonny Wortzik d’Un après-midi de chien, et de l’autre le gangster ténébreux et terre-à-terre, dans la lignée du jeune Vito Corleone du Parrain : 2ème Partie.

Acteurs (Critiks Moviz) : Bien qu’il y ait des acteurs de grands talents dans la distribution (Val Kilmer, Jon Voight, Tom Sizemore, Ashley Judd, Ted Levine, Natalie Portman, Danny Trejo), c’est bien évidemment la confrontation entre Al Pacino et Robert De Niro qu’on attendait, et, on peut aisément l’avouer, on est loin d’être déçu. Ces deux vétérans du cinéma américain ont tellement de fois joué dans des policiers, qu’à ce stade de leur carrière respective, il est tout à fait probable qu’ils se soient inspirés de leurs performances antérieures pour fonder leurs personnages. Il y a une précision absolue dans leur jeu, un sentiment que les rôles sont interprétés instinctivement. Le point culminant est probablement la scène où les deux personnages prennent un café en face-à-face, jouant cartes sur table.

Musique (A la rencontre du Septième Art) : La musique du film se fond parfaitement dans l’histoire, présente mais jamais étouffante, contribuant à sa manière à l’établissement de cette ambiance lointaine, nocturne et froide. Avec des mélodies qui raisonnent, alternant morceaux rythmés et mélancoliques, la BO est à l’image du film, une histoire pleine de dangers, d’espoir et de désespoir. On retient notamment le thème principal de Moby et, pour ma part, le « Last Nite » de Terje Rypdal & The Chasers, très sensuel et brutal.

Musique (Critiks Moviz) : La bande originale de « Heat » est, comme la photographie, mais j’y reviendrais par la suite, un élément important du métrage. Signée par Elliot Goldenthal, on retrouve quelques titres empruntés à U2, Terje Rypdal, Moby, et Lisa Gerrard. Le métrage se termine d’ailleurs avec « God Moving Over the Face of the Waters » de Moby. La musique qui accompagne les différentes scènes d’action permet de créer une atmosphère particulière, parfois troublante, mais toujours très stimulante.

Photographie (A la rencontre du Septième Art) : Dante Spinotti, chef op du film, n’en est pas ici à sa première collaboration avec Michael Mann, laquelle remonte à 1986 avec Manhunter. On y retrouve tout ce qui fait la caractéristique du cinéma de Mann, avec de remarquables scènes de nuit et, surtout, ce filtre bleu omniprésent donnant un côté très froid et un aspect « métallique » au film. Esthétiquement, et en bien d’autres points, Heat est dans la droite lignée de l’excellent Solitaire du même Michael Mann. Comme ses personnages, le réalisateur ne laisse rien au hasard, proposant d’ailleurs une scène centrale mémorable, celle de la fusillade, jouée avec des tirs à balles réelles, provoquant un son particulier et remarquable qui accentue encore plus la violence de la scène.

Photographie (Critiks Moviz) : Pour ma part, la photographie est juste excellente, et, dans une certaine mesure, peut être considérée comme les prémices de ce que l’on découvrira plus tard dans « Collateral » (2004) ainsi que dans « Miami Vice » (2006). En effet, Michael Mann, élève littéralement la ville dans laquelle se situe l’action, Los Angeles pour « Heat » et « Collateral » et Miami pour « Miami Vice« , au rang de personnage, offrant de magnifiques visuels de la ville, souvent de nuit, et en vue aérienne. En outre, les techniques utilisées pour projeter le spectateur au cœur de l’action sont réellement époustouflantes. Pour exemple, la séquence de la sortie de banque, où flics et voyous vont se livrer à une fusillade interminable, qui verra un certain nombre d’entre eux rester sur le carreau, est tout simplement magnifique et particulièrement réaliste.

Scénario (A la rencontre du Septième Art) : Avec Heat, comme il l’avait fait dans Le Solitaire notamment, Michael Mann revisite le film noir ainsi que le film de gangster, avec cette opposition manifeste entre le policier et le gangster, mais jamais dans une dynamique basique de gentil contre méchant. La construction de l’intrigue donne énormément de consistance à ces personnages composant un monde parallèle dans lequel ils semblent tous emprisonnés. C’est, sans aucun doute, l’un des projets les plus ambitieux du cinéaste, avec ce néo-noir saisissant qui parvient à se réapproprier tous les codes du genre en leur faisant honneur, mais en ne se reposant jamais dessus.

Scénario (Critiks Moviz) : Le scénario, également signé par Michael Mann est particulièrement soigné, bien loin de se limiter à une simple succession de scènes d’action. Les dialogues sont assez complexes afin de permettre aux différents personnages d’expliquer ce qu’ils pensent. Ils sont éloquents, perspicaces, fantaisistes, et même poétiques quand cela est nécessaire. Ils ne sont jamais prisonniers des clichés du genre, ce qui les rend singulièrement agréables, et on peut ainsi facilement éprouver de l’empathie pour les méchants, comme pour les gentils de cette histoire de braqueurs. On peut également relever la place que Michael Mann accorde aux femmes dans son métrage. Les épouses et les petites amies jouent un rôle important dans la vie de ces hommes d’action.

Le tournage de « Heat » s’est déroulé en 107 jours, principalement à Los Angeles. Ce film a rapporté un peu plus de 67 millions de dollars aux États-Unis et 120 millions de dollars dans les autres pays pour une recette mondiale de près de 188 millions de dollars. En outre, ce métrage a obtenu 12 nominations pour différents prix sans pour autant recevoir de récompense.

« Heat » a fait l’objet de plusieurs éditions en DVD ainsi qu’en Blu-ray, dont celle parue le 22 février 2017 chez Fox Pathé Europa. Pour de plus amples renseignements, n’hésitez pas à consulter la fiche du film sur le site DVD.Fr.

En conclusion, « Heat » est un excellent film d’action policier, disposant d’une histoire particulièrement captivante, ponctuée par de nombreuses scènes d’action nerveuses. L’intrigue est plus basique, mais le développement est plutôt complexe, laissant suffisamment de temps pour que le spectateur éprouve de l’empathie pour les différents personnages en proie, malgré leurs objectifs différents, à des problèmes du quotidien, à des problèmes sentimentaux. La photographie est tout simplement magnifique ponctuée de superbes visuels de Los Angeles. La distribution est somptueuse mais pleinement dominée par les performances d’Al Pacino et de Robert De Niro. Un film inoubliable, phénoménal, qui reste, en ce qui me concerne, plus de vingt ans après sa sortie, un classique et l’un de mes préférés, toutes périodes confondues. Incontournable !

 

 

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À propos de Olivier Demangeon

Rédacteur sur critiksmoviz.com, un blog dédié aux critiques de films.

Discussion

Une réflexion sur “HEAT (1995) ★★★★★

  1. La ré-édition du blu ray 2017 est magnifique une vrai re-découverte du film

    Aimé par 2 personnes

    Publié par Arnaud DEMARET | 08/05/2018, 14 02 49 05495

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